La ministre Weil défend le huis clos aux consultations sur la discrimination systémique

La ministre de l’Immigration, Kathleen Weil
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne La ministre de l’Immigration, Kathleen Weil

Les organismes choisis pour mener les consultations régionales sur la discrimination systémique pourront organiser des « assemblées publiques », mais seulement s’ils le souhaitent.

Ils devront toutefois, dans un premier temps, recueillir les témoignages des victimes alléguées de discrimination dans une audience à huis clos, a insisté la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, vendredi, après avoir semé la confusion sur le format de l’exercice.

Rien n’empêchera les participants des consultations publiques de participer aux assemblées publiques — qui pourraient s’inspirer des « town hall meetings » américains, selon Mme Weil — tenues par certains des 26 organismes choisis par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

Les victimes alléguées de discrimination pourront aussi livrer leur témoignage en tout ou en partie aux journalistes présents sur les lieux des consultations, a fait valoir l’élue libérale.

Confusion sur le rôle des médias

En matinée, la ministre avait laissé sous-entendre que le public pourrait assister aux témoignages, à l’exception des journalistes. « C’est public, dans le sens que les gens sont là, mais ce n’est pas médiatisé. Il faut faire la distinction », avait-elle déclaré dans le hall de l’hôtel Forestel de Val-d’Or où est réuni le caucus libéral à l’approche de la reprise des travaux à l’Assemblée nationale. « Ce qui est proposé […], c’est que la partie “témoignages” soit privée. Mais, ça ne veut pas dire que ce n’est pas public. […] Jamais on ne parle de huis clos », avait-elle ajouté. Elle est revenue sur ses paroles quelques minutes plus tard.

Le « huis clos » permettra aux victimes alléguées de discrimination de parler plus librement de leur expérience « douloureuse », est-elle persuadée. Le gouvernement québécois juge ainsi « plus important d’avoir la parole juste [des victimes que de permettre] que nécessairement ce soit médiatisé ». Les représentants des médias devront se rabattre sur les comptes-rendus des organismes communautaires pour résumer les consultations.

Mme Weil s’est affairée toute la semaine à minimiser les reproches faits à la consultation sur la discrimination systémique. « Dans toutes les communautés racisées, ils sont très à l’aise avec ça [le format de l’exercice] », a-t-elle soutenu vendredi.

Par ailleurs, la présidente de la CDPDJ, Tamara Thermitus, demeure en selle en dépit des plaintes de harcèlement rapportées par La Presse

D’autres détails suivront.

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9 commentaires
  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 15 septembre 2017 10 h 38

    La boîte de Pandore...

    ... est officiellement ouverte.

    • Raymond Labelle - Abonné 15 septembre 2017 13 h 25

      S'il est pour y avoir cette commission, le huis-clos limitera au moins quelque peu le cirque médiatique et le psychodrame qu'elle entraînera.

      Mais le meilleur moyen d'éviter le cirque médiatique et le psychodrame serait bien entendu de ne pas avoir de cette commission du tout.

    • Robert Beauchamp - Abonné 15 septembre 2017 18 h 32

      Et Mme Weil fait partie du problème. N'a-t-elle pas été conseillère juridique d'Alliance-Québec subventionnée par le fédéral? Elle va pouvoir se défouler en entendant les témoignages accusateurs à l'endroit des Franco-qubécois, comme si tout était au beau fixe entre les différentes ethnies à Montréal. Quand différentes communautés se getthoïsent ce n'est sûrement pas pour le désir de se mêler aux autres communautés et allons voir s'il n'y a pas discrimination à l'embauche sur la base de racisme. Nous voyons et nous pouvons en témoigner.

  • Michel Thériault - Inscrit 15 septembre 2017 10 h 57

    Autopeluredebananisation !

    Plus ils en parlent, plus ils s'obstinent, plus les ministres s'impliquent pour tenter de légitimer les fantasmes multiculturels de Couillard, plus les libéraux s'enlisent dans leurs propres aveuglement et, ce n'est pas moi qui vais en pleurer.

    Dans l'esprit étroit du PM, l'exercice serait socialement hygiénique. C'est être bien loin du vrai monde mais, dans l'esprit de la population, qi'il a tort de sousestimer, ce cirque n'est rien d'autre qu'un procès où le peuple québécois est menoté dans le box des accusés.

    Évidemment, Couillard consolide ainsi son positionnement électoral au près des anglo-allophones qui n'en demandent pourtant pas tant. Ce faisant, le plQ est de moins en moins un parti des québécois. Voila qui est fort salubre.

    Michel A. Thériault

  • Paul de Bellefeuille - Abonné 15 septembre 2017 11 h 02

    Censure?

    Si les médias seront absents de cette consulation, comment l'ensemble des citoyens et citoyennes seront-ils informés de la teneur des présentations des différents groupes admis au cénacle Libéral. C'est pire que de la censure, c'est un baillon total sur l'information. En tant que citoyen payeur d'impôt,je suis en droit de savoir comment le gouvernement gère mes contributions à la gouvernance du Québec. Cette commission est une insulte au principe même de la démocratie.

  • Michel Gélinas - Abonné 15 septembre 2017 11 h 54

    Elle ment

    ...en utilisant des demi-vérités, la langue de bois, la cassette, les phrases creuses (sa spécialité), l'idéologie accusatrice du peuple québécois coupable d'on ne sait de quoi??? et, avec cette ministre Weil, le toujours: "j'ai consulté looonguement et tout le monde est content!" Même si on n'a jamais entendu parler de ces supposées consultations, faites probablement, comme cette fois, en catimini, entre Libéraux et leur clientèle.

  • Gilles Bonin - Abonné 15 septembre 2017 12 h 11

    Jusqu'à...

    Jusqu'à ce qu'elle change encore d'idée ou qu'elle ait la bonne idée de mettre fin à ce foutoir annoncé. Mais avec Coui8llard et ses sous-fifres, sait-on jamais.