La classe politique québécoise s’émeut après le crime commis contre un leader musulman

Le vice-président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Labidi
Photo: Alice Chiche Agence France-Presse Le vice-président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Labidi

Le Service de police de Québec s’est gardé, mercredi, de qualifier de « crime haineux » l’incendie criminel qui a ravagé la voiture du président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), mais cela n’en a pas empêché certains de montrer du doigt la visibilité croissante des groupes d’extrême droite et le discours de certains politiciens de l’opposition, auxquels ils reprochent d’encourager les tenants de ce courant idéologique.

« Un autre acte haineux. » Écrits en caractères gras, ces premiers mots du communiqué de presse du CCIQ dénoncent sans équivoque la haine et la violence derrière l’incendie ayant ciblé la voiture de son président, Mohamed Labidi, dans la nuit du 6 août. Le véhicule — déclaré perte totale — a flambé moins de deux jours après que la Ville de Québec eut consenti à la vente d’un terrain permettant à la communauté musulmane d’aménager un cimetière. « Je ne peux pas faire de lien [entre les deux] parce que l’enquête n’est pas terminée, mais ce serait un curieux hasard qu’il n’y en ait pas », a dit le maire de Québec, Régis Labeaume.

Quelques jours plus tard, des excréments ont été lancés à la porte du CCIQ, aussi connu sous le nom de grande mosquée de Québec. Rappelons que ce lieu de culte fut le triste théâtre d’un attentat qui a coûté la vie à six membres de la communauté musulmane dans une fusillade, en janvier dernier.

M. Labeaume s’est dit « sous le choc » depuis qu’il a appris la nouvelle, au lendemain du crime. Pendant trois semaines et demie, l’enquête s’est poursuivie dans le silence jusqu’à ce que le CCIQ prenne la décision de rendre l’incident public. « Il y a des gens qui s’en permettent et qui visiblement ne s’en permettaient pas avant », a-t-il lancé.

Le Service de police de la Ville de Québec n’a pas voulu conclure à un « crime haineux », précisant toutefois que cela faisait partie des hypothèses. « Actuellement, il n’y a aucun élément précis, un message, une note qui nous laisse croire ça. […] Ce serait trop facile d’en venir aux conclusions parce que ça s’est produit à la résidence [du président du CCIQ]. On veut le démontrer par enquête », a dit le porte-parole, Jean-François Vézina.

À qui la faute ?

Du côté du gouvernement Couillard, le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, François Blais, s’est dit « extrêmement inquiet », selon les propos récoltés par Radio-Canada. « On parle d’une montée, parfois, de l’extrême droite. Je fais toujours attention là-dessus, mais carrément, là, il y a des événements qui s’additionnent et il y a des raisons de s’inquiéter en ce moment dans la région de Québec, de tout ce qui s’est passé. »

Mohamed Golli, président de l’Association culturelle islamique de l’Estrie, s’est dit « très désolé » d’apprendre ce qui était arrivé à Mohamed Labidi à Québec. Il n’a pas nié qu’il existe une montée de l’extrême droite « alimentée surtout par les politiciens de l’opposition ». « Je ne veux pas nommer de noms, mais les discours qu’on a entendus [mardi] […] ça vient mettre de l’huile sur le feu », a-t-il dit. « Prenons juste l’exemple de Pauline Marois ou du Parti québécois[…] et ce qu’il a fait avec la charte de la laïcité. Ça a créé des tensions dont on n’a pas besoin, essentiellement pour aller chercher l’appui de l’extrême droite qui ne représente même pas 1 % de la société québécoise. »

Haroun Bouazzi, coprésident de l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité, dénonce aussi la joute politique. « Il y a malheureusement une surenchère entre le Parti québécois et la CAQ qui fait que, plutôt que de rassurer les concitoyens et de dire “on va trouver une solution”, ils jouent plutôt sur la peur de quelques citoyens pour nous élever les uns contre les autres. C’est irresponsable et ça nuit à la cohésion de notre société québécoise. »

Pour Denise Helly, chercheuse à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et spécialiste des questions de crimes haineux et de discrimination, les partis politiques sont « archiresponsables ». « Ils créent la crise pour gagner des voix. Ils ne sont peut-être pas racistes, mais dans leur tête, ça paye. C’est du pur opportunisme. Ils se mettent en place pour l’élection dans un an. »

Quant aux groupes d’extrême droite, s’ils ne se multiplient pas nécessairement, ils ont une visibilité accrue sur les réseaux sociaux, « et ça, c’est nouveau », constate-t-elle. Selon elle, ce sont des groupes dont le discours hostile s’est accentué au Québec depuis le jugement sur le kirpan, les accommodements raisonnables, la charte de la laïcité du Parti québécois (PQ). « Les principaux groupes d’extrême droite actifs et violents sont à Québec. Pourquoi ? C’est la question. »

Lisée persiste et signe

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, a qualifié de « geste de violence inacceptable » ce qui est arrivé au président du CCIQ. Mais il a refusé d’accepter la part de responsabilité que certains lui ont attribuée. « La récupération politique que certains vont faire de la violence, ça leur appartient. Il y a une volonté au Québec chez certains — à Québec solidaire, au Parti libéral, chez M. Bouazzi — de culpabiliser le discours public et de dire qu’il y a des sujets dont on ne peut pas parler », a-t-il répliqué.

Mais Jean-François Lisée a aussi essuyé des tirs amis ; de l’ex-ministre péquiste Louise Harel et du député péquiste François Gendron. Ils lui ont reproché d’avoir qualifié les demandeurs d’asile haïtiens qui affluent à la frontière d’« invités de Justin Trudeau ». « J’aurais préféré qu’on n’ait pas l’usage de ces mots-là », a affirmé François Gendron.

Qu’à cela ne tienne : le chef du PQ a martelé qu’il maintenait sa déclaration. « Je ne corrige absolument pas mes propos. Les réfugiés, les demandeurs d’asile sont des victimes, des victimes de l’invitation de Justin Trudeau », a-t-il cependant nuancé, ajoutant le mot « victime » à son vocabulaire.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a qualifié de « geste répugnant » l’incendie de la voiture de M. Labidi. Plus tôt cette semaine, il avait minimisé la montée de l’extrême droite au Québec, plaidant que la présence des tenants de ce courant idéologique « est exagérée par les médias ».

De son côté, Québec solidaire a dénoncé des actions « haineuses et dangereuses ». « Pour nous, il ne fait aucun doute que l’extrême droite existe au Québec. La multiplication d’actes de ce type, qui visent une communauté en particulier, [le] démontre », a réagi la députée Manon Massé.

52 commentaires
  • Eric Vallée - Inscrit 31 août 2017 00 h 48

    C'est cousu de fil blanc

    C'est arrivé il y a trois semaines et c'est maintenant qu'on en parle? Supposément pour ne pas nuire à l'enquête. Les politiciens feront leur spectacle, vont récupérer ça et pleurnicher, dénoncer, parler de racisme et de haine, que nous sommes d'horribles intolérants. Ils veulent nous culpabiliser encore et encore. Ils ne trouveront pas qui a mis le feu... cet incendie leur est que trop profitable.

    • Raymond Chalifoux - Abonné 31 août 2017 08 h 55

      "Ghost Buster": Ouais, on devrait en faire un "sicouêle" (sequel) intitulé "Complots Buster"..

      Sérieusement, come on...

    • Marc Lacroix - Abonné 31 août 2017 10 h 35

      Vous dites: "C'est arrivé il y a trois semaines et c'est maintenant qu'on en parle?"

      Ça, c'est normal, si les enquêteurs croient qu'ébruiter les événements pouvait nuire à l'enquête qui doit démontrer — hors de tout doute raisonnable — qu'une personne a perpétré un crime. Là, n'est pas le problème ! Je suis toutefois pleinement en accord avec vous lorsque vous dites que les politiciens vont faire leur spectacle. Les libéraux et QS vont expliquer que les gens qui ne pensent pas comme eux sont xénophobes...

      Un aspect devrait selon être mis en exergue, c'est que peut-être certains (aines) musulmans (anes) devraient également faire un examen de conscience, et là je ne parle pas du leader musulman qui a fait incendié son véhicule. En fait, je ne parle pas uniquement des musulmans (anes), mais de personnes qui se — disent religieuses — mais qui estiment avoir le droit de — vivre à part du reste — de la population québécoise et qui tiennent à s'identifier comme — séparées du reste des gens. Ce que je vise, ce n'est pas le tissu ou autre objet, ou signe "ostentatoire", mais l'attitude de ceux qui tiennent à être vus comme — séparés.

      La question que l'on peut se poser est: est-ce que c'est la population québécoise qui exclut les "autres" ou certains "autres" qui veulent se placer à part ?

      Ceci dit, les gestes haineux et les actes violents ne sont pas excusables, mais la — rectitude politique intéressée — de certains (nes) ne l'est pas davantage !

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 31 août 2017 03 h 36

    Faudrait d'abord...

    Il faudrait d'abord définir "l'extrême-droite", car cette tendance politique n'existe pas au Québec, tout comme le racisme systémique. Ces deux concepts d'ailleurs sont utilisés comme épouvantails contre quiconques s'opposent aux politiques mondialistes et aux politiques immigrationnistes (lire immigration massive).

    La récupération politique de ce crime est extrêmement troublant.

    • Jacques Patenaude - Abonné 31 août 2017 08 h 54

      ....Tout comme de tenter de le nier.
      Il nous faut bien admettre qu'il existe de ces groupes d'extrême-droite au Québec. L'aveuglement sur cette question ne peu que nous précipiter dans la pire des situations: La radicalisation en deux clans qui se voient comme des ennemis irréconciliables. Ils existe actuellement une tendance à la polarisation vers l'extrême droite et vers l'extrême gauche et c'est ce qui est le plus inquiétant. Tous les partis politique actuels y participent. l'inaction volontaire des libéraux autant que la volonté de la CAQ de nier cette réalité, Le double discours du PQ autant que le discours sans nuances de QS.
      Quand donc se lèvera un ou une "homme" d'État capable de s'élever au dessus de la mêlée. C'est ce qui manque au Québec actuellement.

    • Claude Paradis - Abonné 31 août 2017 09 h 26

      Comment peut-on prétendre que le racisme systémique n'existe pas au Québec? Il existe bel et bien, même si ce n'est pas tout le monde qui l'applique. Si la communauté musulmane est victime de gestes répétés, c'est qu'il existe du racisme systémique à leur égard. Et l'extrême-droite se perçoit de plus en plus sur les réseaux sociaux, où elle est très active, et même elle s'exprime ouvertement sur les ondes de certaines radio de Québec, notamment au micro du FM 93. Hier en avant-midi, dans la salle d'attente d'une clinique médicale, j'ai dû subir le discours d'Éric Duhaime, cet homme qui s'amuse à juger, à condamner ceux qui ne pensent pas comme lui. Je n'en revenais du traitement journalistique de cette station à propos d'un manifestant gauchiste. Aucune nuance dans le discours, aucune tentative d'explication de l'information: que du jugement, que de l'appel à la condamnation, que des insinuations.

    • Jacques Lamarche - Abonné 31 août 2017 10 h 32

      Tout est bon pour démolir l'identité québécoise et et le Parti québécois! La chartre sera de tous les débordements racistes et de tous les crimes à caractère religieux! Elle aurait semé les graines de la haine et de l'intolérance. Essentiellement elle reprenait les recommendations de Bouchard-Taylor! C'est fou comment la désinformation et la division ont pu lier PQ, haine et extrême droite!!

      Toutefois, il est insupportable que les attaques les plus virulentes viennent de QS. Cette guerre fratricide coûtera cher aux souverainistes. Tous y perdront! L'image du Québec français en sortira pour longtemps ternie! Pas faciles d'être solidaires!

    • Gilles Théberge - Abonné 31 août 2017 12 h 13

      C'est sans compter que l'on ne sait pas exactement, qui a commis ce geste absurde et imbécile!

      Le semaine dernière à Québec on a vu un manifestant d'abord raciste, peu antifasciste...

      Alors moi, je me méfie.

      Tant qu'on ne saura pas vraiment qui a fait ça et pour quel motif, je reste dubitatif hein...?

      C'est comme pour l'attentat de décembre. Comment ça se fait que Bissonnette n'est pas encore accusé de quoi que ce soit...???

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 31 août 2017 13 h 23

      Mme Lapierre,

      Dois-je vous rappeler qu’au lendemain de l’attentat terroriste de Québec, vous refusiez de parler dans ce cas de racisme, d’intolérance ou d’islamophobie :
      http://www.ledevoir.com/politique/ville-de-quebec/

      Puisque vous niez maintenant l’existence d’une extrême droite au Québec, pouvons-nous être d'accord pour dire que nous avons affaire ici à un attentat terroriste destiné à intimider les leadeurs musulmans, à l’instar des méfaits du KKK à l’égard des noirs trop revendicateurs ?

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 1 septembre 2017 00 h 37

      Oui, en effet M. Martel, j'étais de ceux et celles qui refusent qu'on stigmatise la société québécoise au complet et qu'on tire des conclusions trop rapide sur cette attaque. Cessez donc de me prendre pour bouc émissaire.

    • Michèle Lévesque - Abonnée 1 septembre 2017 09 h 17

      "J'ai mis un 'J'aime' sur le mot de Joscelyne Lapierre (3h36) qui dit que l'extrême-droite comme "tendance politique n'existe pas au Québec tout comme le racisme systémique" et ajoute que "La récupération politique de ce crime est extrêmement troublant." J'appuie tout particulièrement la dernière phrase. Troublant et dangereux.

      J'ai aussi mis un 'J'aime' sur sa réaction du 1er septembre 2017 00h37, en appui et solidarité avec (je la cite) son refus "qu'on stigmatise la société québécoise au complet et qu'on tire des conclusions trop rapide sur cette attaque."

      Remarques

      A) Si la tendance de l'Extrême droite existe au Québec, elle est embryonnaire. Dans tous les cas, y associer le PQ est diffamatoire et dangereusement provocateur.

      Il y a un monde entre les nationalistes qui veulent construire un pays dans le respect du droit international, et les abus meurtriers des partis fascistes du XXe s. tels le NPSDAP de Hitler (1920) ou le PNF de Mussolini (1921). En lui-même, le mot 'national' ne saurait être associé de facto à la droite pas plus qu'à l'ED, non plus qu'au communisme d'état d'ailleurs. Se maintenir dans cette voie anachronique abusive participerait d'un essentialisme typique de cette ED dénoncée par ailleurs.

      Il fut un temps où l'ED était associée au conservatisme pur et dur, à la religion nationale, à la race unique, à l'autoritarisme, voire à la dictature, ainsi qu’à la stagnation économique (protectionnisme et protection des riches) et socio-politique (censure, persécution du droit de parole ou de manifestation publique). Or, je défie quiconque de trouver dans les écrits et les discours contextualisés (je souligne : contextualisés) de JFLisée (et en lui laissant le droit de se tromper comme tout un chacun), la cible autorisée et l'ennemi à abattre du moment, ne serait-ce que des traces de ce genre de propositions et de propagande. Et de grâce, lâchez-nous avec la Charte de la laïcité dont Lisée s'était dissocié quant à son application.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 1 septembre 2017 13 h 48

      Jocelyne Lapierre écrit : "Cessez donc de me prendre pour bouc émissaire."

      À mon avis, vous n'êtes pas un bouc émissaire (puisque je ne suis pas en train de vous sacrifier), vous êtes un exemple.

      Aux États-Unis, lorsque le KKK pend un Noir ou incendie sa maison pour l'intimider, cela est du terrorisme. Lorsque le QQQ (je dis QQQ afin de ne nommer personne) tue six Québécois en prière et incendie la voiture d'un leadeur musulman, cela se ressemble beaucoup.

      Le long texte que j'ai publié hier sous le titre "Analyse de la haine antimusulmane au Québec" a été en gestation pendant plusieurs semaines. Au cours de cette gestation, j'ai pris connaissance de beaucoup de commentaires intéressants et représentatifs dont les vôtres sans lesquels mon analyse n'aurait pas été aussi complète.

      Je désire donc vous en remercier.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 1 septembre 2017 17 h 39

      M. Martel, Vous vous en prenez à ma personne publiquement et votre haine ne vous fait voir que ce vous voulez bien voir.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 1 septembre 2017 17 h 53

      Madame Lévesque, je vous remercie de me faire écho. La vérité est de plus en plus violemment attaquée, la signification des mots détournée afin de soutenir l'idéologie des oligarques et la réalité occultée par les fausses informations et images qu'on nous bombarde du matin au soir.

      Comment peut-on se taire devant le génocide "tranquille" de peuples fondateurs, comme les premières nations... et les Québécois, et en fait, la civilisation occidentale de souche chrétienne?

  • Yves Côté - Abonné 31 août 2017 04 h 51

    A matin

    Victimes ?
    Victimes de venir dans un pays qui leur donne à améliorer leurs conditions d'existences ?
    Après cette déclaration, essayez de convaincre qui que ce soit du sérieux que le Québec français est en réelle difficulté !
    Qui que ce soit que le PQ est en voie de relancer l'engouement chez nous pour le pays à venir...
    Encore un autre mot boîteux de Monsieur Lisée pour permettre aux Canadiens de tout genre de montrer que les indépendantistes du Québec ne sont que des extrémistes et des arrièrés...
    Maudite affaire !
    Y fait exprès, ou quoi ?

    Instruments, oui !!!
    Instruments involontaires d'une politique déterminée d'assimilation croissante de tous qui habitent au Québec. Dont les familles le font depuis des générations ou depuis quelques semaines. Oui.
    Instruments inconscients d'une propagande habile qui vise à en finir avec l'idée de la liberté politique d'un peuple méprisé chez lui par des autorités qui y commandent depuis 1759 : oui.
    Instruments innocents de l'idée de la justesse du mépris et du racisme systématisées à l'endroit des gens qui estiment que chez eux au Québec, l'histoire et l'enracinement d'un petit peuple métissé et débonnaire font et fondent que la langue normale de communication y soit le français, oui.
    Mais "victimes"...
    Le champion de tous les vendeurs de frigidaires aux ours polaires ne réussirait pas à convaincre un seul dauphin sudiste de la chose !

    Dans quel monde vit donc Monsieur Lisée, ancien journaliste et donc connaissant le sens et l'impact des mots, pour sortir cela comme une nuance salvatrice de son erreur ?

    Pour quelque chef et représentant du peuple que ce soit, de faire une erreur est humain. Souvent décevant, parfois condamnable, mais toujours humain.
    Mais de persister en faisant comme si de rien n'était, qu'est-ce que c'est ?
    Qu'est-ce sinon que de s'enfoncer lui-même et surtout, de nous enfoncer tous encore un peu plus avec lui...

    A matin, j'en reviens tout simplement pas de cette "nouvelle" déclaration

    • Chantale Desjardins - Abonnée 31 août 2017 07 h 56

      Votre interprétation des paroles de M. Lisée fait fausse route. Il faudrait réfléchir avant d'écrire et de blâmer M. Lisée.

    • André Nadon - Abonné 31 août 2017 08 h 52

      Monsieur Côté, vous êtes une autre " victime " de la confusion générée par l'accueil de ces Haïtiens au statut tellement incertain qu'on doit se référer aux avocats pour savoir si la Convention de Genève s'applique à ces personnes. De vraies victimes, ils seront, quand la majorité de ces migrants irréguliers ou illégaux se verront refuser le statut de véritables réfugiés selon les lois et conventions en vigueur.
      C'est çà, la réalité que nos gouvernements cachent pour se faire du capital politique. Et vous tombez dans le panneau, malheureusement.

  • Jean-Marc Simard - Abonné 31 août 2017 05 h 37

    Ça sent l'amalgame facile à plein nez...

    « Je ne veux pas nommer de noms, mais les discours qu’on a entendus [mardi] […] ça vient mettre de l’huile sur le feu », a-t-il dit. « Prenons juste l’exemple de Pauline Marois ou du Parti québécois… […] et ce qu’il a fait avec la charte de la laïcité. Ça a créé des tensions dont on n’a pas besoin, essentiellement pour aller chercher l’appui de l’extrême droite qui ne représente même pas 1 % de la société québécoise.» Mohamed Golli

    Il y a malheureusement une surenchère entre le Parti québécois et la CAQ qui fait que, plutôt que de rassurer les concitoyens et de dire “on va trouver une solution”, ils jouent plutôt sur la peur de quelques citoyens pour nous élever les uns contre les autres. C’est irresponsable et ça nuit à la cohésion de notre société québécoise. »
    Haroun Bouazzi

    « On parle d’une montée, parfois, de l’extrême droite. Je fais toujours attention là-dessus, mais carrément, là, il y a des événements qui s’additionnent et il y a des raisons de s’inquiéter en ce moment dans la région de Québec, de tout ce qui s’est passé. » François Blais

    OH! LA! LA! Ce matin...Qui font les amalgames ? Le PQ et la CAQ sont soudainement devenu les gros méchants loups, quasiment affiliés à la meute...Curieusement je crois lire ce matin les propos que tenait Gabriel Nadeau Dubois hier à l'émission 2460...Et on viendra me dire qu'il n'y a pas de complot mesquin fomenté contre le PQ et la CAQ...Je trouve que ça met curieusement la table pour la commission sur le racisme systémique...Qui nous dit que l'incendie de la voiture de ce Monsieur Labidi n'a pas été provoqué par les gens du PLQ ou de QS ou du BLack Block ou par des manifestants d'extrêmes gauche, ce pour accuser induement les partis d'opposition...On a déjà connu ça dans les années 70 des incendies procoqués par la GRC pour accuser les gens du FLQ...Certains Imams devraient se garder une petite gêne dans leurs propos...Que certains continuent leurs amalgames faciles et ça va être la guerre civile au Québec..

  • Pierre Schneider - Abonné 31 août 2017 06 h 24

    Toujours la Charte

    Bon, on en revient encore une fois au "projet" de Charte des valeurs et de la laïcité, qui n'a jamais été peaufinée, ni adoptée. Toujours la faute à quelqu'un d'autre...

    Va-t-on un jour apprendre à discuter de laïcité sereinement dans cette province qui m'aflige par ce que de Gaulle qualifiait avec raison de son infantilisme ?