Loi 101: la tiédeur des libéraux déplorée

Les Partenaires pour un Québec français se montrent très critiques de la tiédeur du gouvernement Couillard en matière de défense du français.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les Partenaires pour un Québec français se montrent très critiques de la tiédeur du gouvernement Couillard en matière de défense du français.

À quelques jours du 40e anniversaire de la loi 101, les Partenaires pour un Québec français lancent une « campagne de fierté » pour marquer l’événement, mais ils se montrent très critiques de la tiédeur du gouvernement Couillard en matière de défense du français.

Plusieurs des organisations partenaires ont rencontré la presse mardi, à Montréal, pour présenter cette campagne et donner un avant-goût du court métrage qui a été réalisé sur le contexte de l’adoption de la Charte de la langue française en août 1977.

Mais le contexte politique ne pouvait être évité, des jeunes libéraux ayant encore récemment tenté de faire une brèche dans la loi 101 en proposant d’élargir l’accès à l’école anglaise au primaire et au secondaire. La proposition a été battue, mais cela prouve qu’il faut rester vigilant dans la bataille pour la protection de la langue française, ont tour à tour affirmé les Partenaires pour un Québec français.

Christian Daigle, président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui représente les fonctionnaires dans les différents ministères et organismes, relate le contexte linguistique dans lequel ses membres travaillent : « Malheureusement, le gouvernement ne fait rien pour que le français soit la langue de l’État. Sur papier, c’est beau, c’est écrit. Mais ce n’est pas ce qui se passe dans la réalité. Dans la réalité, une personne qui est allophone, qui arrive au Québec, ce qu’on va marquer sur ses formulaires, c’est “anglais” comme langue première. Il n’y a pas un intérêt à marquer le français comme langue pour pouvoir communiquer avec ces personnes-là par la suite. »

Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes, estime que la défense du français devrait relever de tous les partis et de tous. « On s’est doté de règlements, d’une façon de faire au Québec qui fonctionnait avec la loi 101. Après ça, il reste à l’appliquer. Peu importent les allégeances politiques, c’est la base de la société, ça devrait être le socle sur lequel on s’appuie. »

Éric Bouchard, directeur général du Mouvement Québec français, a précisé qu’une rencontre aura lieu le 5 septembre avec le ministre Luc Fortin, responsable du dossier linguistique. « Ça fait cinq ans qu’on fait des demandes auprès des élus pour que la Charte de la langue française soit revampée pour lui redonner sa vigueur d’antan. On l’attend de pied ferme », a-t-il prévenu.

En plus du court métrage, la campagne prévoit des interventions dans les médias sociaux, de même que des affiches sur lesquelles il sera écrit « La loi 101 toujours à la mode depuis 40 ans – 101 raisons d’être fiers ». Officiellement, c’est samedi prochain que la loi 101 aura 40 ans.

 

5 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 23 août 2017 01 h 39

    Cohérence


    Il y a 40 ans, le Parti Libéral du Québec s'est battu bec et ongles contre l'adoption de la Loi 101.

  • Robert Beauchamp - Abonné 23 août 2017 07 h 24

    Le mépris

    Le mépris est manifeste et total. Cocher la case ''anglais'' lorsqu'un allophone arrive au Québec. Si les fonctionnaires des différents ministères agissent ainsi c'est que les directives viennent d'en haut. On connaït la position de Couillard concernant les balayeurs. Aux prochaines élections on devrait lui présenter un balai marqué ''OUT''.

    • Gilles Théberge - Abonné 23 août 2017 10 h 51

      C'est un bonne idée ça, un balai sur lequel est inscrit OUI!

      ...Et à distribuer dans les quartiers anglophone de Montréal!

  • Pierre Desautels - Abonné 23 août 2017 08 h 27

    Les limites des libéraux.


    La loi 22 a été un facteur déterminant dans la défaite des libéraux en 1976. L'autre était "l'affaire" des Gens de l'air. C'était le plus loin qu'ils pouvaient aller, et depuis, ils ne veulent plus toucher à ça, si on peut dire. Après le recours à la clause nonobstant par Bourassa en 1988 sur l'affichage, plus question de recommencer. Ils préfèrent le statu quo.

  • Claude Smith - Abonné 23 août 2017 09 h 16

    Prisonnier

    Prisonnier de l'électorat anglophone pour se maintenir au pouvoir, il ne faut pas compter sur le parti libéral pour revamper la loi 101.

    Claude Smith