Une commémoration modeste du «Vive le Québec libre»

<p>Une foule modeste s'est rassemblée devant l'hôtel de ville de Montréal, lundi soir.</p>
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir

Une foule modeste s'est rassemblée devant l'hôtel de ville de Montréal, lundi soir.

Plus d’une centaine de personnes se sont massées sous la pluie lundi soir devant l’hôtel de ville de Montréal pour y commémorer les 50 ans du passage remarqué de Charles de Gaulle.

Des personnalités publiques ont défilé au micro durant l’événement « Retour vers le futur » de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB). Le « Vive le Québec libre » doit être célébré, « pas pour faire de la muséologie, mais pour aider le Québec à se remettre en marche », a dit Guy Bouthillier, ancien président de la Société Saint-Jean-Baptiste.

La foule était moins dense que lors de la commémoration du 24 juillet 1997. Le 30e anniversaire de la visite du général français avait pu être commémoré depuis l’hôtel de ville. Cette année, la SSJB s’est vu refuser l’accès au balcon par le cabinet du maire Denis Coderre, ce qu’a déploré Bernard Landry.

Présent à l’événement, l’ex-premier ministre a insisté pour revenir sur la « presque victoire » du référendum de 1995 : « Si nos adversaires avaient été éthiques comme nous, la parole du général serait déjà réalité. » Saluant la « persévérance des idées » du leader français, il a réaffirmé son intime conviction que la cause ne « peut être abandonnée ».

Sous un ciel toujours maussade, d’autres textes ont été lus à la fois sur l’événement historique et sur l’indépendance souhaitée du Québec, avant une reconstitution du discours par des comédiens. Le chef du parti québécois Jean-François Lisée, la chef du Bloc québécois Martine Ouellet ainsi que le député bloquiste Mario Beaulieu se serraient sous des parapluies.

Un Québec moins « libre juridiquement », selon Lisée

Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, estime que le Québec est encore « moins libre juridiquement » aujourd’hui que le 24 juillet 1967, lorsque le général de Gaulle avait prononcé son fameux « Vive le Québec libre! » du haut du balcon de l’hôtel de ville de Montréal.

« Le Québec est plus fort. Mais il est juridiquement moins libre qu’il l’était en 1967 », a déclaré M. Lisée en entrevue avec La Presse canadienne, lundi soir, avant la commémoration. Le chef péquiste réagissait ainsi aux propos du premier ministre Philippe Couillard, qui a dit récemment en entrevue avec le quotidien Le Soleil que le Québec est désormais « libre » 50 ans après cette déclaration. M. Lisée croit que l’auteur de ces paroles aurait une tout autre interprétation.

« C’était un démocrate. Il serait sidéré de voir que la législation canadienne, la Loi sur la clarté, donne au Canada un droit de veto sur l’indépendance du Québec », a avancé le chef péquiste, ajoutant que la Loi constitutionnelle a été adoptée sans le consentement de la province en 1982. M. Lisée trouve que le premier ministre n’a pas bien compris les propos du général, qui souhaitait carrément l’indépendance du Québec, a-t-il insisté.
La Presse canadienne

31 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 25 juillet 2017 07 h 11

    Un voyage bien préparé


    Commémoration modeste? Depuis des jours, le média RDI passe en boucle le ''Vive le Québec libre'' et reçoit des personnes complaisantes quant au propos du général.

    Un petit ajout historique: si de Gaulle avait préparé son discours, le gouvernement québécois de l'époque avait lui aussi bien fait ses devoirs. Le grand organisateur québécois de cet événement, préparé durant plus d'un an, fut le conseiller spécial du premier ministre Daniel Johnson, M. André Patry. Ce dernier est malheureusement décédé il y a quelques années; mon ancien professeur de droit international à l'Université Laval aurait pu dire beaucoup de choses sur le voyage du général.


    M.L.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 25 juillet 2017 12 h 45

      Me revient en mémoire cette histoire du soldat britannique qui disait que
      pour faire cuire un canadien-francais il sera toujours facile de trouver
      deux canadien-francais pour tourner la broche.
      Et ca continue de plus belle.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 25 juillet 2017 13 h 00

      Aussi me revient en mémoire,Soljenitsyne qui démontrait dans "Une journée d'Yvan Denisovitch" que les pires geoliers,les plus durs sont
      nos propres compatriotes.
      Pourquoi est-ce ainsi?

    • Michel Lebel - Abonné 25 juillet 2017 15 h 09


      @ Jean-Pierre Grisé,


      Faut-il convenir, selon vos propos, que tous les Canadiens-français doivent penser pareil et que celui qui ne marche pas au pas ou dans l'Union sacrée souverainiste est un collabo? Je ne pas dans cette parade ou dans quelconque autre unanimisme.

      M.L.

  • Guy Lafond - Inscrit 25 juillet 2017 07 h 22

    Plan pour le XXIe siècle


    En se tournant vers le dernier siècle, le XXe,

    Nous remarquons que l'affirmation du fait francophone en Amérique du Nord récente a échoué à au moins quatre reprises:

    - Référendum de 1980 sur la souveraineté au Québec;
    - Échec de l'accord du Lac Meech au Canada en 1990;
    - Échec de l'accord de Charlottetown au Canada en 1992;
    - Référendum de 1995 sur la souveraineté au Québec.

    Avec le nouveau gouvernement fédéral libéral, nous remarquons qu' il y a maintenant un effort plus grand de réconciliation avec les premières nations du Canada. Objectif louable et en bonne voie de se réaliser!

    Je crois que nous, les francophones du Québec et d'ailleurs au Canada, continuons d'explorer ce nouveau siècle en suggérant aussi de nouvelles pistes qui plairont aux autres nations du Canada. Persistons à demander par exemple que toutes les lois en Alberta et en Saskatchewan soient traduites dans la seconde langue officielle de ce pays, le français.

    Après tout, nous ne sommes pas des Américains des États-Unis. Nous sommes encore et toujours des Canadiens!

    Qu'attendons-nous pour affirmer davantage le fait francophone dans toutes les Amériques?

    @GuyLafond
    (Un papa hétérosexuel québécois à vélo, en canot, à pied et à pied d'oeuvre près de chez vous. Ma façon à moi d'être Canadien et citoyen d'un pays de plus en plus francophone.)

    • Patrick Boulanger - Abonné 25 juillet 2017 09 h 07

      « citoyen d'un pays de plus en plus francophone » (M. Lafond)?

      M. Lafond, sur on s'appuie sur la langue maternelle, le français est en déclin au Canada : 1961 - 28.1%; 1971 - 26.1%; 1981 - 25.7%; 1991 - 24.7%; 2001 - 22.9%; 2006 - 22.1% (Maurice Séguin).

      Déclin du français comme langue d'usage à la maison au Canada : 1971 - 25.7%; 1981 - 24.6%; 1996 - 22.9%; 2001 - 22%; 2006- 21.7%

      « À l'extérieur du Québec, entre 1951 et 2006, la proportion de Canadiens de langue maternelle française est passé de 7.3% en 1951 pour atteindre le taux alarmant de seulement 4.1% en 2006 ». Qu'en est-il 2017?

      Pourquoi dites-vous, M. Lafond, que la canada est « de plus en plus francophone »?

    • Guy Lafond - Inscrit 25 juillet 2017 13 h 09

      À M. Bélanger,

      Je ne remets pas en question vos statistiques. Je fais ici un voeux pieux. S.v.p. prendre note que j'ai déjà organisé une tournée en Afrique pour le gouvernement fédéral afin de recruter des nouveaux immigrants et de nouveaux étudiants étrangers pour nos universités canadiennes. Prendre note aussi qu'à chaque jour qui passe je cultive le fait francophone en Amérique du Nord. Et ça fonctionne pour moi: je me sens entouré de francophones. ;-)

      Je crois que la francophonie est appelée à prendre plus de place dans le Canada. En effet et si on examine bien les économies au Canada, il semble que la majorité de nos amis anglophones et allophones du ROC (Rest of Canada) n'en ont que pour les énergies fossiles. Alors que les Québécois, eux, ont bien compris, et ce depuis longtemps, les nouveaux défis des temps modernes: la pollution excessive et le réchauffement de l'atmosphère. Pour combattre ces deux fléaux, nous, les Québécois, conjuguons depuis des décennies les énergies propres comme des petits pains chauds. Et ça, ça fait bien plaisir à sa majesté, à la marquise, et à bientôt la nouvelle gouverneure générale, qui sont supposées veiller au bien-être des enfants.

      J'invite poliment les francophones de France et d'autres pays francophones et francophiles à venir s'établir au Canada. Ils pourront, comme nous, discourir sur la propreté et la transparence de l'eau et des fleurs comme les Québécois le font déjà depuis fort longtemps déjà.

      Cordialement,

      @GuyLafond

    • André Joyal - Inscrit 25 juillet 2017 19 h 38

      @ M. Lafond, en quoi l'échec (de Mulroney) de Charlottetown nous concerne-t-il.Comme tout indépendantiste, j'ai voté NON. Votre jovialiste m'étonne.

    • Patrick Boulanger - Abonné 26 juillet 2017 07 h 31

      @ M. Lafond

      « Et ça, ça fait bien plaisir à sa majesté, à la marquise, et à bientôt la nouvelle gouverneure générale, qui sont supposées veiller au bien-être des enfants »?

      M. Lafond, la gouverneure générale et la reine d'Angleterre ont rôle passablement symbolique au Canada même si nous vivons officiellement dans une monarchie constitutionnelle.

      En outre, vous y allez fort avec la transparence des fleurs, M. Lafond!

      P.B.

  • Patrick Boulanger - Abonné 25 juillet 2017 07 h 53

    Pourquoi?

    « Cette année, la SSJB s’est vu refuser l’accès au balcon par le cabinet du maire Denis Coderre »?

    Quelqu'un est-il au courant pourquoi l'accès au balcon a-t-il été refusé? J'ai mon hypothèse, mais quelle est la raison officielle?

    • Bernard Dupuis - Abonné 25 juillet 2017 10 h 56

      La raison donnée par le maire Coderre en est une à la Tartuffe. Il faut, disait-il, que le balcon doit demeurer neutre et apolitique. Tel fut le décret par une maire ultra canadianiste dans une langue « franglaise » approximative. Le jupon dépassait d’au moins huit pouces et demi.

      On pourrait se demander à quoi sert exactement ce balcon mis à part son aspect purement décoratif. Il me semble que de Gaule fut le seul personnage célèbre qui a parlé du haut de ce balcon. Même la reine d’Angleterre n’y a jamais monté. Si cela avait été le cas, on peut présumer que le valeureux maire n’en aurait pas interdit la commémoration par ses compatriotes anglophones qu’il admire tant.

      Tant que l’Hôtel de Ville sera aux mains des canadianistes francophobes et sous l’emprise du gouvernement Trudeau, l’événement du discours de Charles de Gaule demeurera invisible et muet mis à part quelque photos triées sur le volet canadianiste. Toutefois, la grande histoire va toujours le ramener au-dessus du voile obscurantiste de l’oubli. Nos pauvres canadianistes anglophones et francophones n’ont pas fini de fulminer tous les 25 juillet du futur.

      Bernard Dupuis, 25/07/2017

    • Gaétan Fortin - Inscrit 25 juillet 2017 14 h 52

      La SSJB, dans mes jeunes années, représentait bien le peuple
      canadien-français.

      Mais qu'est-ce aujourd'hui ?

  • Jean Lapointe - Abonné 25 juillet 2017 08 h 07

    Bravo aux personnes présentes.

    «La foule était moins dense que lors de la commémoration du 24 juillet 1997.» (Sarah.R Champagne)

    Au lieu de déplorer le fait qu'il n'y avait pas grand monde, vous auriez pu dire que malgré le temps très maussade, il y avait quand même une centaine de personnes présentes pour commémorer l'évènement.

    Votre approche révèle votre état d'esprit.

    Il faut s'en féliciter au contraire parce que ce n'est pas facile d' attirer les gens pour un tel évènement quand on sait qu' il y a plein de choses qui se passent ces jours-ci à Montréal et que beaucoup de gens sont en vacances, des vacances bien méritées qui invitent plutôt à se distraire.

    Moi je dis Bravo à tous ceux qui y étaient et tant pis pour les pisse-vinaigres.

    Avis aux prophètes de malheurs: nous ne lâcherons pas.

    • Patrick Boulanger - Abonné 25 juillet 2017 11 h 03

      M. Lapointe, plus d'une centaine de personnes présentes, c'est peu! Il faut bien l'admettre, même si cela ne fait peut-être pas notre affaire!

    • Claude Richard - Abonné 25 juillet 2017 12 h 10

      C,est vrai que vers la fin de la cérémonie d'hier soir (soit vers 21h30) il n'y avait plus que 90 ou 100 personnes, mais vers 19h30, malgré le temps maussade, il y avait plus de 300 personnes de massées devant l'hôtel de ville. Ce n'était pas une foule considérable, mais entre 100 et 300, il y a une marge. Cela fait partie de la guerre des chiffres, mais on se demande qui a intérêt à propager des chiffres bas.

  • Louise Collette - Abonnée 25 juillet 2017 08 h 39

    Modeste

    Bien sûr modeste, avec le temps d'chien d'hier....une journée du mois de novembre.

    • Patrick Boulanger - Abonné 25 juillet 2017 09 h 42

      « bien sûr » (Mme Collette)?

      Pas sûr!

      En 2003, 150 000 personnes ont manifesté « dans le centre-ville de Montréal pour dire non à la guerre en Irak ». La température était de... -26 degré celcius. À cette époque « [c]'était la plus grosse manifestation de l'histoire du Québec ».

    • Hélène Paulette - Abonnée 25 juillet 2017 12 h 45

      Je pense, monsieur Boulanger, que de comparer la manifestation de 2003, qui tentait d'éviter une guerre inutile sous des prétextes mensongers, à la commémoration d'hier, à laquelle je n'ai pas assisté à cause de la pluie, est non seulement futile mais malhonnête...

    • Louise Collette - Abonnée 25 juillet 2017 13 h 25

      J'ai déjà manifesté à moins 20 Celsius mais la pluie battante non...et quand je l'ai fait j'avais 25 ans de moins... alors ne sous-estimez pas mes convictions et celles de certains de mes congénères, il est certain que la flotte y est pour qq chose, ne vous en déplaise et, cette manif dont vous parlez j'y étais aussi, le froid pas de problème mais trempée non.
      Pourquoi mon nom entre parenthèse avec un point d'interrogation?....

      J'ai probablement plus de manifs à mon crédit que la totalité des lecteurs de cet article, je suis un marcheuse, pour toutes les bonnes causes. ;-) J'ai une bonne voix aussi et malgré mon âge respectable, on m'entend....

    • Patrick Boulanger - Abonné 25 juillet 2017 14 h 10

      @ M. Paulette

      Mme Paulette, le contexte est évidemment pas le même. Toutefois, je trouve que Mme Colette a fait fausse route avec son « bien sûr » dans son commentaire. Quand on veut vraiment se mobiliser, on y va, peu importe la température.

    • Louise Collette - Abonnée 25 juillet 2017 17 h 00

      Merci Madame Paulette, je suis de votre avis, je lui ai même répondu mais je ne vois rien pour le moment............... :-)

    • André Joyal - Inscrit 25 juillet 2017 19 h 46

      @ Mme Collette et M. Boulanger.Mon épouse et moi,hier, étions sur place jusqu'à 17:00 et on a jugé avoir fait notre part dans les circonstances.Quant à 2003, par -28C,nous y étions également.Mais, évitons de comparer pommes et oranges svp M. Boulanger.

    • Patrick Boulanger - Abonné 26 juillet 2017 07 h 14

      @ M. Joyal

      D'accord, M. Joyal. Ma comparaison était peut-être boiteuse. Je voulais simplement souligner que je n'adhérais pas au « bien sûr » de Mme Collette. Quand on veut se mobiliser, on y va, peu importe la température.