Priorité à la lutte contre la fraude financière

La ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau, a promis une enveloppe de 45,8 millions sur six ans pour lutter contre la maltraitance envers les personnes âgées.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau, a promis une enveloppe de 45,8 millions sur six ans pour lutter contre la maltraitance envers les personnes âgées.

Québec a présenté jeudi son deuxième plan d’action pour contrer la maltraitance envers les personnes âgées. La ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau, a insisté en conférence de presse sur l’importance notamment de la lutte contre la fraude financière, promettant une enveloppe de 45,8 millions sur six ans.

L’exploitation financière des personnes âgées, parfois enclenchée à partir d’appels frauduleux, est en effet la forme de maltraitance la plus souvent rapportée. La Ligne Aide Abus Aînés, un service reconduit par ce plan d’action gouvernemental, reçoit près du tiers de ses appels pour dénoncer une maltraitance financière ou matérielle.

Du total des investissements annoncés, 25,8 millions représentent en réalité de l’argent frais, s’ajoutant aux plans déjà prévus dans les divers ministères concernés. Répartie annuellement, la somme de 8 millions apparaît « bien peu en comparaison des besoins exprimés », affirme l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ).

Documenter davantage ?

L’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) indique que, en 2014, 2347 infractions contre une personne aînée ont été déclarées à la police. Un portrait qui demeure partiel, puisque nombre d’abus ne sont pas signifiés aux corps policiers et que les deux études d’envergure remontent à 1980 à 1990. Le gouvernement commande ainsi une recherche sur la prévalence de la maltraitance.

Harold LeBel, porte-parole de l’opposition officielle pour les aînés, a profité de cette annonce pour réclamer à nouveau la tenue d’états généraux sur les conditions de vie des personnes âgées.

L’ancienne ministre libérale responsable des Aînés Marguerite Blais invite quant à elle à mettre en place les recommandations des consultations précédentes. « Très peu de choses ont été faites pour les personnes hébergées en CHSLD par exemple, il faut qu’un dossier sorte dans les médias chaque fois », déplore-t-elle.

Mme Blais avait critiqué en avril dernier le manque de mordant du projet de loi 115. Il a finalement été amendé pour instaurer la dénonciation obligatoire dans les centres d’hébergement et de soins longue durée (CHSLD), avant d’être adopté le 30 mai dernier.

1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 16 juin 2017 16 h 05

    Voici une autre priorité :

    diminuer la maltraitance des personnes âgées en fin de vie ou à la fin de leur vie.

    Mourir et disparaître sont le lot d'abord et avant tout des personnes âgées et très âgées. Statistiques affirment.

    La maltraitance arrive lorsque les personnes âgées terminent leur vie non respectées dans leurs choix d'accepter ou de refuser, en partie ou en totalité, les soins de fin de vie.

    Comment ne pas penser aux Nicole Gladu et Jean Truchon «réduits à se lancer dans une bataille juridique afin de faire reconnaître leur droit à mettre un terme à leurs souffrances, eux pour qui chaque journée est déjà une bataille. »

    Comment ne pas voir de maltraitance lorsque nos Gouvernements provincial et fédéral ne permettent pas aux grands Souffrants, souvent des personnes âgées, de demander et de recevoir l'Aide médicale à mourir comme la Cour suprême leur permet.

    Heureusement que l'éditorialiste Pierre Asselin le souligne aujourd'hui, et de façon magistrale.

    Je profite de l'occasion pour souligner l'excellent travail de la ministre Charbonneau. Tant dans ce dossier que lors des travaux parlementaires sur la question du mourir dans la dignité. Elle fut exceptionnelle; maintenant aussi. Gratitude à elle.