La Sécurité publique admet qu’il lui faut regagner la confiance des autochtones

Le ministère soutient qu'il faut davantage de sensibilisation auprès des intervenants sur le terrain, notamment auprès des policiers.
Photo: iStock Le ministère soutient qu'il faut davantage de sensibilisation auprès des intervenants sur le terrain, notamment auprès des policiers.

Accusé de « discrimination » et de « racisme systémique », le ministère de la Sécurité publique reconnaît avoir « encore des efforts à faire » pour améliorer les relations avec les communautés autochtones et établir un lien de confiance.

« En lien spécifiquement avec la situation survenue à Val-d’Or et ailleurs au Québec, nous sommes conscients que la confiance de la population autochtone a été ébranlée à l’égard des mécanismes existants de contrôle et d’encadrement de la fonction policière au Québec, notamment pour le traitement de certaines plaintes à l’égard de policiers », a reconnu Katia Petit, directrice générale au ministère de la Sécurité publique, qui témoignait mardi à la Commission d’enquête sur les relations entre les autochtones et certains services publics.

Des lacunes

Si la majeure partie de la présentation s’est résumée à dresser le portrait des services offerts à la population autochtone, la représentante du ministère de la Sécurité publique a tout de même évoqué des lacunes.

« L’un des grands défis identifiés [par le ministère de la Sécurité publique] est l’appropriation et l’intégration des réalités autochtones par l’ensemble des intervenants et ce, pour une offre de services améliorée et respectueuse. »

« Différents intervenants ont parlé de discrimination et de racisme à la prestation de certains services publics, a ajouté Katia Petit. Comme plusieurs, nous sommes d’avis que la solution passe par une éducation et une sensibilisation accrue de l’ensemble des intervenants donnant des services à la population autochtone. »

Le ministère constate également la nécessité « d’impliquer davantage le milieu autochtone dans la recherche de solutions », un problème évoqué par plusieurs communautés qui ont témoigné ces derniers jours. « Nous sommes conscients que nous avons encore des efforts à faire en ce sens. »

Enfin, le ministère en appelle à « une réflexion plus globale » sur le financement des corps de police autochtones. Des discussions sont en cours avec le gouvernement fédéral à ce sujet.

Absence de la SQ

La Sureté du Québec (SQ) est la grande absente de cette première partie des audiences, qui se déroule jusqu’au 20 juin à Val-d’Or. Rappelons que c’est à la suite d'allégations d’agressions sexuelles par des policiers de la SQ de Val-d’Or que le premier ministre Philippe Couillard a annoncé la création de cette commission d’enquête présidée par le juge Jacques Viens.

Le témoignage de la SQ était prévu pour mardi, tout de suite après celui de la Sécurité publique, mais a été retiré de l’horaire la veille. Le corps de police ne sera entendu qu’en septembre prochain. Le porte-parole de la commission, Benoît Bigré-Turcotte, n’était pas en mesure d’expliquer la raison de ce changement de dernière minute.

« On a donné la liberté aux services publics de venir faire leur présentation dans l’ordre qu’ils le souhaitaient, ils ont pris la décision d’y aller dans cet ordre-là, avec la Sécurité publique en premier et la SQ en septembre prochain. »

La SQ a refusé de commenter, référant Le Devoir à la commission.