Leitão refuse de dévoiler sa cible de création d’emplois d’ici au scrutin

Le ministre des Finances, Carlos Leitão
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le ministre des Finances, Carlos Leitão

Le gouvernement libéral dépassera de loin son objectif de création d’emplois d’ici les prochaines élections générales, prédit le ministre des Finances, Carlos Leitão, après avoir pris connaissance des dernières statistiques sur l’emploi selon lesquelles le taux de chômage a baissé de 0,6 point de pourcentage pour atteindre un creux historique de 6 % au Québec. Mais, étrangement, M. Leitão refuse obstinément de dévoiler sa cible de création d’emplois d’ici le 1er octobre 2018.

« Notre objectif, notre cible […] notre promesse, notre engagement, c’était 250 000 emplois sur cinq ans. Là, nous sommes à trois ans. Nous sommes à 166 000 [emplois]. Je pense donc que nous sommes au-delà de notre cible, de notre engagement, de notre promesse. Donc, ça fonctionne bien », a déclaré le ministre des Finances lors d’un impromptu de presse à l’Assemblée nationale vendredi. « Si on continue à la même tendance qu’on voit jusqu’à maintenant, ça va continuer d’augmenter. […] À l’élection, en 2018, on va pouvoir dire aux Québécois qu’on a atteint notre objectif », a-t-il poursuivi.

Quel est votre objectif de création d’emplois durant la 41e législature, soit entre mai 2014 et octobre 2018 (près de 4 ans et demi) ? M. Leitão a esquivé la question.

Taux de chômage « jamais vu »

« Il y a 6 % de chômeurs au Québec, on n’a jamais vu ça, jamais vu ça ! La création d’emplois à temps plein est à un niveau historique. La création d’emplois dans le secteur privé est à un niveau historique. Ce sont de bonnes nouvelles qui, clairement, vont avoir un impact sur les familles, sur les enfants du Québec », s’est réjoui le premier ministre Philippe Couillard en Chambre.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, ne partageait pas son enthousiasme lors de la période des questions. Il a profité de cette occasion pour accuser le gouvernement libéral d’avoir causé la perte de 15 000 emplois « payants » dans le secteur manufacturier depuis trois ans. « Le Québec a perdu — je dis bien “perdu” — 15 000 emplois manufacturiers. Évidemment, le premier ministre n’en a pas parlé quand il parle des chiffres de l’emploi », a-t-il lancé en Chambre.

3 commentaires
  • François Beaulne - Abonné 9 juin 2017 13 h 44

    De la manipulation

    Comme chez nos voisins américains, le gouvernement Couillard a vite fait se passer en mode 'faits alternatifs'. Ne pas se fixer de cibles est en soi un signe de mauvaise gestion. Gageons qu'en bout de piste il nous annoncera des baisses d'impôt faussement impressionnantes par leur taille collective mais ô combien décevantes au plan individuel.
    De gouvernement libéral en gouvernement libéral du pareil au même: on instaure l'austérité en début de mandat pour accumuler des surplus aux dépens des programmes sociaux, de la culture et de l'environnement, que l'on redistribue la veille des élections sous forme de faux bonbons aux contribuables. Faux bonbons, parce-que ces cadeaux d'impôt représentent une ponction dans les finances publiques que le gouvernement, les élections terminées, s'empresse de revouvrer par l'augmentation des frais de service de toutes sortes. Un impôt indirect régressif puisqu'il touche tout le monde, notamment ceux qui n'ont pas bénéficié des 'généreuses' baisses d'impôt pre-électorales. Et ainsi tourne la roue! Et ainsi sont reportés au pouvoir les libéraux depuis 15 ans grâce à un mode de scrutin qui favorise les partis basés sur le clientélisme et à l'aveuglément partisan de certains chefs de partis d'opposition qui refusent la convergence.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 9 juin 2017 16 h 45

    Promesse brisée

    Il est vrai que le taux de chômage est bas. En réalité, depuis 25 ans, il est en régression dans _toutes_ les provinces canadiennes depuis un sommet en 1992 et en dépit d’un rebond passager à l’occasion de la Grande récession. Rien de méritoire pour le gouvernement Couillard.

    Quand Couillard a promis 250,000 emplois, on a dit qu’il n’y avait-là rien d’exceptionnel puisque le Québec crée en moyenne 50,000 emplois par année. Finalement depuis qu’il est au pouvoir, cette promesse est devenue un ‘objectif’ qui, finalement, ne sera pas atteint.

    Sous Couillard, le taux de création d’emplois a été sous la moyenne. Et les emplois créés ont surtout été des emplois précaires, à temps partiel.

    Pendant ce temps, dans toutes les provinces, les 'Baby Boomers' quittent le marché du travail, laissant leurs jobs à d'autres. Ce qui fait diminuer d'autant le taux de chômage dans le reste de la popoulation sans création véritable d'emplois.

  • Patrick Daganaud - Abonné 9 juin 2017 20 h 13

    Crois ou meurs, quoi!

    Meurs!

    Cela prenait en effet des libéraux pour faire en sorte que les générations actuelles sachent qu'elles seront plus pauvres, plus meurtries, plus anxieuses, plus désespérées que les générations qui les ont précédées.

    Bravo, gouvernement Couillard : pari réussi!