Réforme du mode de scrutin: Rita de Santis refuse de participer à la consultation publique

La ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Rita de Santis
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Rita de Santis

La ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Rita de Santis, refuse de participer de près ou de loin à la « vaste consultation publique » sur la réforme du mode de scrutin, qui sera organisée sous l’égide du Mouvement démocratie nouvelle (MDN) l’automne prochain, y voyant un exercice « partisan ».

Le Parti québécois, la Coalition avenir Québec, Québec solidaire, Option nationale et le Parti vert du Québec ont pour leur part donné leur bénédiction à la mise sur pied d’une « commission itinérante » afin de sonder la population québécoise sur des solutions de rechange au mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour.

 

« C’est une consultation qui est partisane. Je ne peux pas participer [à] cela », a déclaré Mme de Santis dans un point de presse jeudi après-midi, avant de se livrer à un plaidoyer passionné pour défendre le mode de scrutin actuel. En plus de garantir l'« imputabilité » des députés, le bon vieux mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour offre « la clarté » et « la stabilité » à la population québécoise. « Si on a un scrutin mixte, proportionnel, c’est très, très, très rare ou presque impossible d’avoir un gouvernement majorit[aire]. Et quand les coalitions sont formées, “it’s give and take”. Alors, comment on tient le gouvernement responsable des engagements qu’[il] a pris lors des élections. Ça va être plus difficile », a-t-elle fait valoir.

L’élue libérale a égratigné durement le mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire régional, qui fait actuellement consensus au sein des partis d’opposition à l’Assemblée nationale. Selon elle, les tiers partis se trouveraient à jouer un rôle démesuré sur la scène politique, puisqu’ils hériteraient plus fréquemment de la balance du pouvoir. « Un parti minoritaire va avoir beaucoup plus d’importance dans une coalition que le nombre de voix qu’[il] aura obtenues. Et, en plus, il y a la question d’imputabilité. On aura deux types de députés : des députés qui représentent des circonscriptions et des députés qui sont choisis d’après une liste. À qui [reviennent] la loyauté et l’imputabilité de ceux qui sont choisis d’après une liste ? » a-t-elle demandé.

La ministre libérale se garde toutefois de rompre tout contact avec les partisans d’une réforme du mode de scrutin. Le « dialogue » revêt à ses yeux « une très, très grande importance ». « Il faut que tout ça continue. Il ne faut pas arrêter. […] Aujourd’hui, la plupart des Québécois sont [à l'aise] avec le système qu’ils ont parce qu’ils ont eu de 2001 à 2008 toute une discussion là-dessus. Mais les choses évoluent », a-t-elle conclu.

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