Un amphithéâtre construit sans appel d’offres à Gatineau?

Vue de la ville de Gatineau depuis Ottawa
Photo: Wangkun Jia Getty Images Vue de la ville de Gatineau depuis Ottawa

Sept ans après Québec, c’est au tour de Gatineau ce mercredi d’aller défendre au Parlement un projet de loi privé pour sécuriser son projet d’amphithéâtre.

Le projet de loi 227 est requis pour concrétiser l’aréna de 104 millions qui accueillera les Olympiques de Gatineau, l’équipe junior-majeur locale.

Comme dans le cas de la Ville de Québec, Gatineau n’a pas lancé d’appel d’offres pour choisir son partenaire, Vision Multisports Outaouais (VMSO). Par contre, Québec était le maître d’oeuvre de la construction, alors que Gatineau a aussi confié ce volet à VMSO.

Cette irrégularité est dénoncée par cinq conseillers municipaux de Gatineau qui se feront entendre lors de l’étude du projet de loi en commission parlementaire. « On n’est pas certains qu’on a le meilleur coût pour nos concitoyens », fait valoir la conseillère Sylvie Goneau.

Quand on lui fait remarquer que, contrairement à Québecor, VSMO est un organisme à but non lucratif, elle rétorque que c’est une question de principe et de loi. « La revendication n’est aucunement liée à l’organisme, c’est un très bon organisme, je les connais très bien. S’ils ont le meilleur projet, ils vont sortir gagnants d’un appel d’offres. »

On n’est pas certains qu’on a le meilleur coût pour nos concitoyens

Le maire Maxime Pedneault-Jobin rétorque qu’il a essayé à deux reprises de lancer un appel d’offres pour se trouver un partenaire et que ça ne fonctionnait pas. « On a déjà fait deux appels d’offres traditionnels et ils sont arrivés 15 millions plus cher que prévu. »

L’entente avec VMSO, dit-il, est irréprochable et devrait même servir d’exemple à d’autres municipalités ayant une équipe de hockey junior.

« Le projet de loi privé ne porte pas sur les appels d’offres, mais à partir du moment où la Ville investit dans la construction d’un édifice, le ministère nous disait que ça pouvait être considéré comme une subvention indirecte à une entreprise privée, donc, pour éviter toute contestation possible, on passe par un projet de loi privé. »

Appel d’offres partiel

L’autre irritant pour les conseillers de l’opposition réside dans le fait que VMSO n’accordera pas tous les contrats de construction en appel d’offres. À cela, le maire rétorque que « chaque dollar de fonds publics qui va être dépensé va l’être à la suite d’un appel d’offres ».

Ce sera le cas notamment des 26,5 millions de subventions accordées au projet par le gouvernement du Québec.

Les contrats de gré à gré qui seront donnés (25 % du total) pendant la construction seraient ainsi réalisés à partir des 16 millions investis par VMSO. Selon le maire, ils seront aux professionnels chargés de gérer le projet. « Ils font ce qu’ils veulent avec leur argent », dit-il.

Le maire accuse en outre ses critiques de faire de la politique puisque deux d’entre eux — dont Mme Goneau — se présentent contre lui aux élections municipales de l’automne.

Outre le maire et ses opposants, des représentants du secteur de l’économie sociale ainsi que du hockey junior doivent se faire entendre à la commission parlementaire.

1 commentaire
  • Jean Breton - Abonné 7 juin 2017 10 h 27

    Fini le tataouinage

    Cela fait plus de 10 ans que ce dossier traîne. L'entreprise privée fut incapable de relever le défi à des coûts raisonnables. Alors, on fait quoi ? On chique la guenille ? Mais cela est improductif...

    A mon avis, le maire et une majorité de conseillers ont su trouver la meilleure solution dans les circonstances. Et, en avant, comme dirait Macron...

    Les puristes ont les mains pures, mais ils n'ont pas mains, pour reprendre les paroles de Charles Péguy. Il ne faut jamais oublier que la politique, c'est l'art du possible...

    Jean Breton, Gatineau