Le député Nadeau-Dubois fait ses premiers pas à l'Assemblée nationale

Le nouveau député de Québec solidaire dans Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, est salué par le leader parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, sous le regard de sa collègue Manon Massé.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le nouveau député de Québec solidaire dans Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, est salué par le leader parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, sous le regard de sa collègue Manon Massé.

Le député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, veut colmater les « fissures » dans « les murs de la solidarité » de la société québécoise, y voyant la « condition indispensable de l’égalité et de la liberté ».

M. Nadeau-Dubois a trouvé mardi la « grande maison du peuple » salie par des affaires de « corruption ». « Trop de scandales de corruption ont affecté cette honorable institution, qui est censée tracer la ligne entre le juste et l’injuste », a-t-il déclaré devant des dizaines de personnes rassemblées dans la salle du Conseil législatif afin d’assister à sa prestation de serment.

Voyez la première intervention de Gabriel Nadeau-Dubois en tant que député.

 

Le porte-parole masculin de Québec solidaire a reproché à ceux qui ont dirigé le Québec d’avoir gouverné en fonction des « humeurs capricieuses » de « maîtres que personne n’a élus » dont, au premier chef, les marchés financiers. « Nous connaissons aujourd’hui les conséquences de l’application de cet ordre : les murs de la solidarité se fissurent et les inégalités augmentent », a dit le porte-parole masculin de Québec solidaire, dénonçant du même souffle l’obsession des gouvernements successifs pour le « déficit zéro ».

Sous le regard du secrétaire général de l’Assemblée nationale, M. Nadeau-Dubois a prêté coup sur coup le serment d’allégeance à la reine du Canada, Élisabeth II, « en attendant l’émergence d’une république libre forgée en partenariat avec les autochtones », et le serment de loyauté envers le peuple québécois.

Ne faisant ni une ni deux, l’ex-figure de proue de la grève étudiante du printemps 2012 a déposé une première motion afin de « félicite[r] le gouvernement libéral ontarien », qui a promis de fixer le salaire minimum à 15 $ l’heure. M. Nadeau-Dubois presse le gouvernement Couillard de « s’inspirer de cette décision progressiste du gouvernement ontarien qui bénéficiera aux travailleuses et aux travailleurs, mais aussi à l’économie et aux entreprises locales et régionales ». « Il y a un “momentum” autour de cette question-là », a fait valoir l’élu de 27 ans, vêtu d’un costume sur lequel il a accroché l’épinglette officielle de l’Assemblée nationale — là où se trouvait un petit carré de feutre rouge il y a cinq ans. Le gouvernement libéral n’était pas du même avis. Il a balayé sa motion du revers de la main.

M. Nadeau-Dubois dit s’être vu confier un mandat « clair » et « fort » par les électeurs de Gouin, qui ont appuyé sa candidature à hauteur de 69,3 % dans la course à la succession de Françoise David. « Ils m’ont donc donné ce mandat, en connaissant la manière dont je veux faire de la politique, c’est-à-dire pas pour faire plaisir, pas pour faire l’unanimité, mais pour faire avancer les idées, pour susciter des débats, pour faire avancer un projet de société », a-t-il déclaré lors d’un point de presse dans le foyer de l’hôtel du Parlement.

« Ça fait du bien d’avoir du renfort », a lancé la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé, à dix jours de la relâche parlementaire.

Par ailleurs, l’ex-porte-parole de la CLASSE s’est fait rattraper au Parlement par son refus de condamner des actions violentes perpétrées en marge des manifestations du printemps 2012. « Dans une société démocratique, la violence n’est pas un moyen de faire avancer ses idées », a-t-il fait valoir aux côtés de Manon Massé et d’Amir Khadir. À ce sujet, Québec solidaire a « toujours été impeccable », a-t-il insisté. Le nouvel élu s’est cependant abstenu de condamner la désobéissance civile. Le recours à la désobéissance civile doit être « évalu[é] au cas par cas », selon lui. « Dans l’histoire des démocraties, il y a eu de nombreux moments où la désobéissance civile pacifique a été utilisée pour contrer des décisions qui étaient illégitimes, qui étaient injustes », a-t-il relaté.

Des réactions à l'Assemblée nationale

« Monsieur le Député de Gouin, votre présence en cette Chambre apportera sans aucun doute des idées et des valeurs diversifiées qui contribueront à la richesse de notre démocratie. Vous êtes à la fois un jeune homme entreprenant et déterminé et je suis convaincu que vous aurez à cœur d’être le représentant de toute la population de Gouin et que vous prendrez toutes vos responsabilités avec diligence. »

- Stéphane Billette, whip du gouvernement libéral

 

« Le crédit revient à celui qui est dans l’arène, qui vaillamment persiste, qui échoue et qui recommence encore et encore, celui qui persiste à la tâche, qui connaît l’exaltation des grands labeurs, qui se consacre à une cause juste, qui connaîtra tantôt l’ivresse des grands accomplissements, tantôt les défaites. Tels sont les codes de l’Assemblée nationale. Bienvenue, Monsieur le Député de Gouin. »

- Pascal Bérubé, leader parlementaire de l’opposition péquiste

 

« Il apporte la fougue de la jeunesse, et avec lui s’ajoute à notre enceinte un débatteur talentueux et peut-être même redoutable. C’est clair pour tout le monde, nos formations politiques sont en désaccord sur beaucoup d’enjeux, mais nous avons au moins un intérêt en commun lui et moi, nous partageons la conviction profonde que l’avenir de notre nation passe par l’éducation. »

- François Bonnardel, leader parlementaire de l’opposition caquiste

13 commentaires
  • Marc Therrien - Abonné 6 juin 2017 19 h 13

    Une entrée princière


    Avec ses allures de jeune prince et ses belles lettres, GND fait forte impression.

    Il cite Machiavel duquel il a sûrement lu « Le Prince ». Il a sûrement lu aussi « Le petit prince » de Antoine De Saint-Exupéry duquel il aurait pu aussi tirer cette citation pour achever son admonestation aux corrompus:

    « Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis ».

    Marc Therrien

  • André Joyal - Inscrit 6 juin 2017 21 h 08

    Qu'en pensent 50% des militants de SQ?

    Il serait intéressant de savoir comment a réagi la moitié des militants de QS en écoutant leur nouveau porte-parole évoquer le souhait d'une république indépendante?

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 juin 2017 07 h 13

      Québec Solidaire n'est pas le parti d'une seule idée fixe comme au PQ.

      Son électorat semble aussi apprécier beaucoup d'éléments de son programme social et écologique. Deux éléments qui disposent d'un grand manque de crédibilité au Parti québécois qui aurait eu 100 fois la possibilité de changer les choses durant les 22 ans où il a été au pouvoir et qui ne l'a pas fait.

      D'autant plus que dans une véritable république, c'est le peuple qui décide de sa Constitution et non un PQ qui lui avait imposé un traité commercial de libre échange avec son "Entente du 12 juin 1995" pour faire chanter le peuple face au 1% des plus riches en échange d'une indépendance tronquée de pacotille.


      Christian Montmarquette

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 7 juin 2017 09 h 52

      à M. Montmarquette,
      le PQ s'est rendu aussi loin que de se faire voler un référendum avec l'argent investit illégalement contre ce référendum et des immigrants reçus illégalement pour voter contre ce référendum.
      Verra-t-on QS se rendre aussi loin ?

    • Benoit Toupin - Abonné 7 juin 2017 11 h 44

      Monseur Montmarquette,

      Quel mépris à l'égard du militantisme dans les autres partis; mépris à l'égard des centaines de militants qui, studieusement, participent à la discussion et à l'élaboration du programme.

      Et voici ce que peut donner la gouvernance de ce que vous appelez le "parti d'une seule idée fixe":


      1976-85 : La charte de la langue française / Loi sur le financement des partis politiques / Loi anti-briseur de grève / Loi sur la protection du territoire agricole / Création de Société de l’assurance automobile / Loi sur l’aménagement et l’urbanisme / Création du ministère de l’environnement / Création du régime Épargnes-Actions / Création de la Commission de la santé et de la sécurité au travail / Création des normes du travail / Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves et d’étudiants / Création du Fonds de solidarité de la FTQ.
      1994-2003 : Loi sur l’équité salariale / Loi sur l’équilibre budgétaire / Création des Centres de la petite enfance / Création du régime publique d’assurance médicaments / Création de la société Investissements Québec / Création d’Héma-Québec / La Paix des braves / Politique de nationalisation de l’eau / La journée nationale des patriotes / La grande bibliothèque nationale.
      2012-14 : Fin du nucléaire et de l’amiante / Annulation de la loi 78 / Sommet sur l’enseignement supérieur et annulation de la hausse des droits de scolarité / Élections à date fixe et révision des règles de financement des partis politiques / Projet de loi 52 sur les soins de fin de vie / Maternelle à 4 ans dans des zones de pauvreté afin de lutter contre le décrochage scolaire / projet de loi 1 sur l'intégrité des contrats publics / Dépôt du projet de loi 14, la réforme de la Charte de la langue française / Dépôt du projet de loi 67 sur l'assurance autonomie / Dépôt de la Charte sur la laïcité.

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 juin 2017 15 h 30

      À Nicole Ste-Marie,

      "Le PQ s'est rendu aussi loin que de se faire voler un référendum avec l'argent investit illégalement contre ce référendum" - Nicole Ste-Marie

      Avec ses politiques de droite et l'absence totale d'un débat constitutionnel PRÉALABLE au référendum, le PQ n'a jamais été en mesure de construire une majorité "stable" d'appuis à l'indépendance. Et qui plus est, en traitant la question nationale avec un "référendum-marketing" sur 30 jours qui ne donnait pas plus de temps aux débats qu'à une simple élection générale.

      Faut pas s'étonner qu'il fût si aisé pour le camp adverse de lui "voler" comme vous dites. Et ceci, alors qu'il s'était aussi passé des magouilles dans le camp du Oui.

      Sauf l"exception Parizeau, toute son existence, le PQ a traité l'indépendance comme une patate chose et un obstacle à la prise du pourvoir. Comment alors s'étonner que la question nationale n'ait fait que stagner ou reculer durant 40 ans, et ce, autant avec le PQ que le Bloc à Ottawa.. Ce n'était pourtant pas les moyens qui leur manquaient.

      Une explication nous frappe.

      Le PQ n'en n'a jamais voulu tant que ça, de l'indépendance.

      Ça toujours été le parti avant le pays.


      Christian Montmarquette

    • Pierre Michaud - Abonné 8 juin 2017 01 h 03

      QS n'as rien a envier au programme du faux progressisme que l'on retrouve au PQ qui une fois au pouvoir appliquent les memes politiques austeres que les liberaux et ce sous de faux pretextes du defecit zero .

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 8 juin 2017 19 h 28

      C'est votre opinion de partisan, M. Montmarquette et elle vaut ce qu'elle vaut et comme démocrate je vous lis. Vous êtes intéressant et drôle.
      J'aurais aimé entendre, Mme David, M. GND et vous tous débattre contre Trudeau et ses colombes qui ont mis leur siège en jeu pour un "NON".

      Majorité stable vous dites !? 49.42 % pour le "OUI" et 50.58 % pour un "NON" volé et vous voulez parler de majorité "STABLE". C'est un résultat que nous n'atteindrons plus jamais parce que nous ne travaillons pas ensemble pour un projet de société. Nous travaillons surtout à la recherche d'un personne charismatique et orateur volubile comme le DR. Couillard inc. Français de racine qui possède un passeport canadien et qui ne travaille que pour une corporation fédérative.
      Je vous lis régulièrement et votre projet en est un de controverse négative régulée par un Politburo qui louvoie dans ses idées en raison de l'opinion de ses adversaires.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 8 juin 2017 19 h 31

      @ M. Michaud,
      nous verrons ce que QS fera lorsqu'il gouvernera.

  • Gilles Théberge - Abonné 7 juin 2017 13 h 23

    L'extrême gauche entre à l'Assemblée Nationale...

    Hé oui, l'extrême gauche...

    Nadeau Dubois, sous ses aires angéliques, avec le programme qu'il défend, c'est un programme d'extrême gauche...

    Donnez-vous la peine de le lire.

    Vous voteriez pour l'extrême gauche, vous?

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 juin 2017 19 h 40

      Gilles Théberge,

      "L'extrême gauche entre à l'Assemblée Nationale... " - Gilles Théberge

      Et un commentaire d'une extrême platitude entre au Devoir.

      - Allez-vous aussi nous ressortir le "politburo" avec lequel le PQ s'est "Ridicu-Lisée"?

      Ça fait 11 ans que les péquistes traitent les solidaires d'extrémistes pour essayer de faire peur au monde; et ça ne les jamais empêché de progresser.

      Ce n'est pas de la justice sociale et des l'écologistes dont il faut avoir peur.

      C'est du 1% de l'élite économique qui exploite le 99% du monde ordinaires et qui ne se gênent pas pour détruire l'environnement pour augmenter leurs profits.


      Christian Montmarquette

  • Pierre Michaud - Abonné 8 juin 2017 00 h 59

    J'espere juste qu'il vas leur en faire baver .! J'ai juste l'impression qu'il n'y aura pas grand monde qui vont l'intimider et dire ce qu'il pense a tout partis confondus .!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 8 juin 2017 04 h 34

    … Gabriel !

    « Ils m’ont donc donné ce mandat, en connaissant la manière dont je veux faire de la politique, c’est-à-dire pas pour faire plaisir, pas pour faire l’unanimité, mais pour faire avancer les idées, pour susciter des débats, pour faire avancer un projet de société » (Gabriel Nadeau-Dubois, QS)

    De cette « manière », certes ?!?, il est à souhaiter que son auteur convienne d’exercer, pendant le mandat de Gouin, ce dont il en est capable de !

    Félicitations et bon parcours « démocratique » …

    … Gabriel ! - 8 juin 2017 -