Pas de tunnel derrière la chute Montmorency

Le parc de la Chute-Montmorency constitue le second attrait touristique de la région de la Capitale-Nationale derrière l’arrondissement historique du Vieux-Québec.
Photo: iStock Le parc de la Chute-Montmorency constitue le second attrait touristique de la région de la Capitale-Nationale derrière l’arrondissement historique du Vieux-Québec.

Le projet de construction d’un passage derrière la chute Montmorency « inspiré de l’aménagement du parc des chutes du Niagara » tombe à l’eau.

La Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) a abandonné l’idée d’aménager un tunnel de 105 mètres à même la roche située derrière la plus haute chute du Québec, et ce, après avoir pris connaissance des études de faisabilité géologiques et géotechniques, a appris Le Devoir. « La structure rocheuse derrière la chute est inclinée de façon significative. Ainsi, l’eau tombe directement sur la paroi rocheuse et ne laisse aucun espace de dégagement pour créer un site d’observation. Cela étant, il est impossible d’offrir un point de vue intéressant et sécuritaire », a expliqué la porte-parole de la SEPAQ, Lucie Boulianne. Pour leur part, les chutes du Niagara ont « pu accueillir un tel passage en raison de la verticalité de la paroi derrière la chute [du Fer-à-cheval ou chute canadienne], ce qui crée un espace de dégagement entre les visiteurs et le mur d’eau qui déferle devant leurs yeux », a-t-elle ajouté.

Le ministre délégué à l’Implantation de la stratégie maritime, Jean D’Amour, qui avait fièrement annoncé le projet de 8 millions de dollars à l’été 2015, n’a pas cru bon de préciser qu’il ne se concrétisera finalement pas.

Pourtant, la SEPAQ a mis de côté le projet il y a quelques mois déjà, soit à l’automne 2016. Elle misait sur ce passage, qui devait être inauguré à l’été 2018, afin d’attirer quelque 100 000 visiteurs supplémentaires.

Le Parc de la Chute-Montmorency constitue le second attrait touristique de la région de la Capitale-Nationale derrière l’arrondissement historique du Vieux-Québec, mais devant l’Aquarium du Québec. Pas moins de 708 807 personnes ont accédé au site afin d’observer la plus haute chute du Québec (84 mètres de hauteur, soit 27 mètres de plus que les chutes du Niagara), en 2015-2016, et ce, comparativement à 633 393 en 2014-2015. Champlain a baptisé la masse d’eau tombant Sault-de-Montmorency en l’honneur d’Henri II, duc de Montmorency, le vice-roi de la Nouvelle-France entre 1620 et 1625. En 1759, lors du siège de Québec, la chute et la rivière formaient la ligne de démarcation entre les armées de Montcalm et de Wolfe.

La SEPAQ cherche toujours une solution de remplacement au projet de passerelle et de tunnel de 2015. « [Elle] travaille sur un projet qui permettra aux citoyens de s’approcher du pied de la chute pour en contempler toute la puissance et la splendeur », conclut Mme Boulianne.

Les chutes d’eau au Canada, par hauteur

1. 440 Chutes Della (Colombie-Britannique)

2. 253 m Chutes Hunlen (Colombie-Britannique)

3. 183 m Chutes Panther (Alberta)

4. 137 m Chutes Helmcken (Colombie-Britannique)

5. 122 m Chutes Bridal Veil (Colombie-Britannique)

6. 90 m Chutes Virginia (Territoires du Nord-Ouest)

7. 84 m Chute Montmorency (Québec)

8. 80 m Chutes Twin (Colombie-Britannique)

9. 79 m Chutes Ouiatchouan (Québec)

10. 75 m Chutes Churchill (Terre-Neuve)

11. 61 m Chutes Brandywine (Colombie-Britannique)

12. 57 m Chutes du Niagara (Ontario)