Khadir presse Québec d’intervenir au sujet des enfants sans papiers

Pour l’heure, les commissions scolaires peuvent accueillir les enfants sans papiers, mais doivent absorber les coûts à même leurs budgets, car elles ne reçoivent aucune aide du gouvernement.
Photo: David Afriat Le Devoir Pour l’heure, les commissions scolaires peuvent accueillir les enfants sans papiers, mais doivent absorber les coûts à même leurs budgets, car elles ne reçoivent aucune aide du gouvernement.

Un projet de loi qui garantirait l’accès gratuit à l’école publique aux enfants sans papiers du Québec se fait toujours attendre, et le député Amir Khadir presse le gouvernement Couillard d’agir.

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, avait promis de déposer une modification législative pour régler le sort de centaines d’enfants sans statut. Son attachée de presse parle maintenant d’un projet de loi qui engloberait toute la question de la fréquentation scolaire : enfants sans papiers, écoles illégales et scolarisation à domicile.

La session parlementaire se terminant dans cinq semaines, tout indique qu’un tel projet de loi ne pourra être adopté avant la prochaine rentrée scolaire.

Le gouvernement estime qu’entre 300 et 400 élèves au Québec sont sans papiers, mais selon le député de Québec solidaire Amir Khadir, ce chiffre se situerait plutôt entre 1000 et 2000, car la plupart des familles sans statut n’inscrivent pas leurs enfants à l’école, de peur d’être retracées et chassées.

Pourtant, rappelle M. Khadir, ces enfants ont le droit à une éducation primaire de base, comme l’indiquent plusieurs conventions internationales.

« Le ministre a rappelé lors de l’étude des crédits la semaine dernière son intention d’aller de l’avant rapidement et de déposer [un projet de loi] sous peu », a affirmé vendredi l’attachée de presse du ministre, Marie Deschamps.

En mars dernier, Québec solidaire avait déposé son propre projet de loi, lequel obtient maintenant l’appui d’une quarantaine d’organisations, dont la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Commission scolaire de Montréal. (CSDM)

Celle-ci a adopté une résolution d’urgence, jeudi, demandant au ministère de l’Éducation de lui accorder le statut d’institution scolaire « refuge » et de reconnaître le financement de ce statut, « considérant que la CSDM est reconnue pour ses valeurs d’ouverture, de justice, d’équité et de fraternité universelle ».

 

Un apport « bénéfique »

Dans sa résolution, la CSDM précise que l’apport des réfugiés est « bénéfique dans le renforcement de l’image pluriculturelle et des valeurs d’ouverture à la différence et au partage qu’elle porte et enseigne, mais également dans sa contribution au développement économique, social et culturel de Montréal ».

Pour l’heure, les commissions scolaires peuvent accueillir les enfants sans papiers, mais doivent absorber les coûts à même leurs budgets, car elles ne reçoivent aucune aide financière du gouvernement.

« C’est vraiment fâchant parce que tout le monde est d’accord », s’est indigné M. Khadir en entrevue avec La Presse canadienne, vendredi. « Si c’est un projet de loi omnibus comme ils ont l’habitude de faire, eh bien avant que tout ça passe les différentes étapes, les amendements, les travaux en commission, ça va être long […] On a des responsabilités en vertu des conventions internationales », a-t-il ajouté.

En novembre 2014, le Protecteur du citoyen détaillait la problématique dans son rapport intitulé « Accès à l’éducation publique pour les enfants en situation d’immigration précaire ».

Il concluait à la nécessité que tout enfant âgé de 6 à 16 ans domicilié sur le territoire du Québec ait accès à l’éducation publique gratuite et fréquente l’école primaire ou secondaire, peu importe son statut d’immigration ou celui de ses parents.

Une motion de Québec solidaire pour « que le statut d’immigration d’un enfant résidant au Québec ne soit pas une contrainte à l’accessibilité à l’enseignement primaire et secondaire » a par la suite été adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale.

Les élus montréalais avaient renchéri en votant à l’unanimité le 20 février 2017 une déclaration faisant de Montréal « une ville sanctuaire » pour les sans-papiers.

6 commentaires
  • Eric Vallée - Inscrit 15 mai 2017 01 h 03

    Amir "Godasse" Khadir

    Il va me garrocher ses souliers! Ses amis illégaux, pourquoi on ne mettrais pas nos efforts à les jeter dehors plutôt que de leur offrir des services qu'on peine à offrir à nos propres enfants ou à ceux d'immigrants qui au moins sont entrés en suivant les règles.

    • Anne Arseneau - Abonné 15 mai 2017 08 h 57

      De un, difficile pour nous tous de juger des motifs et cheminements de ces parents.

      De deux, pourquoi des enfants devraient-ils être privés de ce droit fondamental dans l'un des pays les plus riches de la planète ??

      Il est triste votre commentaire...

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 15 mai 2017 11 h 49

      L'un ne devrait pas empecher l'autre et en plus de qualité.Aussi le
      ministre Proulx arrete ses publicités joviales et que ses bottines suivent
      ses sourires de vendeurs d'autos usagées.
      Les pub actuelles a la TV du gouv Couillard m'horripilent terriblement
      surtout avec l.usage du drapeau du Québec.
      Pouvez-vous les qualifier pour moi,s'il vous plait?

  • Denis Paquette - Abonné 15 mai 2017 01 h 30

    merci monsieur Kadir

    merci monsieur Kadir de vouloir proscrire notre manque de civilité, un enfant devrait toujours posséder une identité, n'est ce pas un minimun, dans la vie

  • Gilles Théberge - Abonné 15 mai 2017 09 h 02

    L'éducation...!

    Quel meilleur outil d'intégration pour les enfants quels qu'ils soient, d'où qu'ils viennent..

    Meilleur en tout cas que les simagrées de la ministre de l'immigration qui fait semblant de vouloir intégrer les immigrants.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 15 mai 2017 18 h 18

    … cé fâchant !

    « C’est vraiment fâchant parce que tout le monde est d’accord » (Amir Khadir, député, QS)

    Effectivement, mais, des fois, le système se laisse désirer, surtout s’il est gouverné par des personnes aimant réfléchir longtemps avant d’agir en toute simplicité !

    De plus, dans le cas des « enfants sans papiers », on-dirait que ce système tarde à comprendre tout autant leurs intérêts que leurs besoins et droits, pourtant reconnus par l’ONU et l’humanité !

    De ce genre de situation où tout le monde est d’accord mais que personne semble vouloir agir de conséquence, vraiment …

    … cé fâchant ! - 15 mai 2017 -