La présidente de la Fédération des femmes du Québec démissionne

La présidente démissionnaire de la Fédération des femmes du Québec, Mélanie Sarazin
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La présidente démissionnaire de la Fédération des femmes du Québec, Mélanie Sarazin

La présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Mélanie Sarazin, a démissionné mercredi.

 

Mme Sarazin en a informé les membres du conseil d’administration de la Fédération des femmes du Québec par lettre, le 3 mai dernier.

 

« Mes valeurs comme personne et comme féministe ne se retrouvent plus dans les valeurs organisationnelles de la Fédération, a-t-elle écrit dans un communiqué diffusé en après-midi. La FFQ reproduit et entretient des modèles et des façons de faire qui contribuent, à mon sens, à maintenir ce contre quoi je lutte quotidiennement et sont contraires à qui je suis. »

 

La Fédération des femmes a été aux prises, dans la dernière année, avec d’importants problèmes financiers.

 

Celle qui était présidente de la FFQ depuis 2015 a mené une campagne soutenue auprès de ses membres, notamment les organisations syndicales, et semblait pourtant remonter la pente, a relaté au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, mercredi, Diane Courchesne, membre du conseil d’administration, qui représente la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

 

C’est une autre tuile qui s’abat cette fois sur l’organisation avec la démission de la présidente.

 

Réorganisation

 

Mme Courchesne admet qu’il y a une crise interne. Elle l’attribue à une nécessaire réorganisation, qui est essentiellement due au fait que, par manque d’argent, l’organisation a dû supprimer des postes, se trouvant ainsi à en demander beaucoup aux travailleuses qui restaient en poste.

 

« Il fallait réorganiser avec moins de sous et moins de travailleuses. On a perdu des travailleuses ; ça a été le début d’une déception », a rapporté Mme Courchesne. Et celles qui sont restées, bien que motivées, ont connu un certain « épuisement », a-t-elle avancé.

 

Du même souffle cependant, elle soutient que même les membres du conseil d’administration ne comprennent pas trop ce qui ne va pas et ce que Mme Sarazin avait à reprocher, au juste, à l’organisation féministe.

 

Dossiers en suspens

 

Le conseil d’administration, qui a pris acte de la démission de la présidente, doit se réunir jeudi soir ; il en saura davantage à ce moment, espère Mme Courchesne.

 

Mme Courchesne, qui est responsable de la condition des femmes à la CSQ, se montre fort déçue de ce dénouement. « Il reste encore tellement d’inégalités à régler, tellement de dossiers : les services de garde, l’équité salariale, les femmes immigrantes, la conciliation travail-famille, l’éducation. Il y a plein d’autres choses à faire », s’est-elle exclamée.

 

Le conseil d’administration de la FFQ a fait savoir qu’il n’avait « malheureusement pas reçu de candidatures à la présidence, alors que l’échéance pour ce faire était le vendredi 28 avril ».

 

Les règles en vigueur veulent qu’une élection ait lieu dans les cinq mois qui suivront l’assemblée générale, c’est-à-dire à la fin d’octobre, écrit-on dans un communiqué.