L’idée d’une alliance anti-libérale se heurte à un mur

<em>« C’est de la pensée magique pure et simple »</em>, selon Jean-François Lisée.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne « C’est de la pensée magique pure et simple », selon Jean-François Lisée.

Amir Khadir fait bloc avec les tenants de pactes de non-agression entre Québec solidaire et le Parti québécois. À moins de 10 jours du congrès de QS, il a réitéré son appui à la conclusion d’« une entente, un accord électoral très ponctuel, très limité » entre les deux formations politiques indépendantistes en vue des prochaines élections générales.

En gros, celle-ci prévoirait la désignation d’un candidat solidaire ou péquiste dans un certain nombre de circonscriptions aux quatre coins du Québec. La percée de QS à l’extérieur de l’île de Montréal — où il est confiné depuis l’élection d’Amir Khadir dans Mercier en 2008 — s’en trouverait facilitée, estime plus d’un sympathisant solidaire.

D’ailleurs, le député de Mercier s’est évertué mercredi à minimiser la portée de toute alliance stratégique entre QS et le PQ. « C’est juste une espèce d’opération mécanique pour essayer d’éviter à chaque fois que les petits partis qui représentent l’avenir du Québec écopent lourdement du système électoral actuel », a-t-il dit lors d’une mêlée de presse.

La conclusion d’un « accord électoral très ponctuel, très limité » ne constituerait pas pour autant un « appui » formel ou informel au PQ. Ainsi, QS « va conserver sa totale liberté de critiquer — avant, pendant et après les élections — le PQ, sur tous les points, sans aucune hésitation », a martelé M. Khadir.

L’élu solidaire souhaite voir les membres de QS clore une fois pour toutes le débat sur la convergence des forces progressistes et indépendantistes à l’occasion du congrès du 19, 20 et 21 mai prochains. « Ce débat-là, à mon avis, a duré depuis assez longtemps », a-t-il affirmé, à un moins de 18 mois de la dissolution de l’Assemblée nationale. « [Une alliance,] ça prend du temps à s’organiser. Alors, il ne faut pas attendre trop longtemps », a-t-il ajouté.

Enfin, M. Khadir a fermé la porte à toute négociation en vue de la formation d’un gouvernement de coalition péquisto-solidaire durant laquelle « il faut s’entendre sur un programme de gouvernement, sur un partage de ministères ». « Ça ne sera pas le cas », a-t-il soutenu, ajoutant ne pas « cro [ire] que le PQ est capable de surmonter ses contradictions ».

Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a aussi cru bon de spécifier mardi qu’« il n’y aura, en aucun cas, des ministres de Québec solidaire dans un gouvernement du PQ ». « C’est une information extrêmement importante pour un certain nombre d’électeurs qui voient cet arrimage comme potentiellement bénéfique pour sortir les libéraux, mais qui craignent que des idées de Québec solidaire, avec lesquelles ils sont en désaccord, soient représentées au sein du gouvernement », a-t-il souligné dans un point de presse.

Triple alliance : une idée « chimérique »
L’idée d’une triple alliance entre le PQ, QS et la Coalition avenir Québec pour chasser les libéraux du pouvoir s’est heurtée à un mur. Pointant les « immenses divergences idéologiques » entre le PQ et la CAQ, il a tué dans l’oeuf tout projet d’alliances électorales avec son homologue caquiste, François Legault, d’ici au prochain rendez-vous électoral. « C’est une idée qui est mort-née », a-t-il dit froidement.

Pourtant, la proposition de désigner des candidats communs au PQ, à la CAQ et à QS aux prochaines élections générales afin de maximiser les chances d’élire un nouveau gouvernement, qui s’attellera essentiellement à la tâche d’instaurer un mode de scrutin proportionnel mixte au Québec, émanait de l’exécutif du PQ de la circonscription de La Prairie. « C’est de la pensée magique pure et simple », a lancé sans ambages M. Lisée, avant de rappeler que la proposition controversée n’a pas passé la rampe du congrès de la Montérégie.

9 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 10 mai 2017 12 h 38

    Il me semble

    que c'était une évidence. PQ-QS, peut-être,PQ-CAQ, inconcevable.

    • Gilles Théberge - Abonné 10 mai 2017 13 h 41

      Tout à fait. On ne changera pas quatre trente sous pour une piastre.

      La CAQ, c'est l'austérité 2.0 assurée...

      Franchement, baisser les impôts... non mais ça va pas la tête?

    • Jacques Patenaude - Abonné 10 mai 2017 18 h 30

      Les tenants du scrutin proportionnel sont à la croisée des chemins. QS, le PQ et la CAQ veulent tous instaurer un scrutin proportionnel. L'essence même de ce mode de scrutin appel à des gouvernements de coalition. Si les partis ne sont pas capable de s'entendre sur un programme de gouvernement qui identifie des objectifs communs au-delà de leurs différences idéologiques ils auront démontré que le scrutin proportionnel est inefficace. Les partis n'ont évidement pas à s'entendre immédiatement sur un programme commun et c'est ce qu'Amir Khadir semble avoir compris mais si j'étais tenant du scrutin proportionnel je ferais une petite prière pour que les partis politique le comprennent.

    • Bernard Terreault - Abonné 11 mai 2017 08 h 15

      À Jacques Patenaude: d'accord, le scrutin proportionnel n'a pas que des avantages. Il est plus "juste" mais il ne fonctionne bien que si les divers partis sont prêts à faire des compromis pour gouverner, comme dans certains pays protestants du Nord de l'Europe. On ne renonce pas à ses idées ni à convaincre éventuellement une majorité claire, mais dans l'intérêt du pays on s'entend sur un programme commun pour avoir un gouvernement stable, jusqu'à la prochaine élection.

  • Pierre Beaulieu - Abonné 10 mai 2017 13 h 14

    Idée farfelue

    Oui il est vrai qu'il faut déloger le PLQ pour les intérêts, la santé et le bonheur d'un majorité de Québécois, mais pas à tout prix! J'appuie Monsieur Lisée lorsqu'il mentionne que l'idéologie de droite de la CAQ, sur plusieurs points, serait pire que celle du PLQ.
    D'ailleurs, au PLQ, certes il y a de grands segments idéologiques excessivement dangereux comme leur politique d'austérité qui détruit tous les acquis sur son passage et ce, dans tous les domaines, domages qu'ils essaient de réparer tant bien que mal pour garder le pouvoir qu'ils sentent lentement leur échapper.
    Mais pis encore, c'est leur soif insatiable de ce pouvoir pour l'enrichissement du parti et des copains du parti, et c'est cette dernière raison sur laquelle il faut focusser pour nous débarrasser d'eux pour longtemps, le temps qu'ils fassent un profond ménage à l'interne ou mieux encore, qu'un nouvel ordre politique fasse ce ménage chez eux.

  • Luc Archambault - Abonné 10 mai 2017 18 h 52

    Pensée magique OUI : croire possible de battre le PLQ sans alliance

    La triple alliance est tout sauf de la pensée magique, ce qui l'est c'est de croire possible la formation d'un gouvernement majoritaire sans elle.

    Par contre, elle ne peut se faire pour former un gouvernement ordinaire... Elle n'est possible que si et seulement si le Programme commun de cette vraie coalition multipartite est un Programme commun d'État qui transcende les concurrents programmes de gouvernance provincialiste des partis, plus à gauche ou plus à droite.

    Le Programme commun d'État peut se résumer à la seule question du système électoral, mais peut aussi embrasser beaucoup plus large... à savoir, engager un processus constituant démocratique qui donne au Peuple l'occasion de se prononcer par référendum pour invalider au Québec l'État illégitime du Canada qui s'impose au Québec sans jamais avoir obtenu pour ses Actes constituants le clair OUI référendaire des Québécois,es.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 mai 2017 08 h 36

      - Comment allez-vous organiser un programme commun avec la CAQ, alors que QS est catégoriquement CONTRE les baisses d'impôts et la CAQ catégoriquement POUR?

  • Christian Montmarquette - Abonné 10 mai 2017 20 h 11

    Le mauvais combat pour la mauvaise cause


    Procéder, et ce, même de manière limitée à quelques pactes ponctuels de non agression, c'est faire le mauvais combat pour la mauvaise cause de la mauvaise manière.

    Ce qu'il faut faire, c'est une mobilisation générale pour un changement de mode de scrutin; d'autant plus qu'il y a un front commun de 5 partis politiques qui appuient cette revendication démocratique.

    Gagner ou perdre quelques circonscriptions ça et là ne changera rien de fondamental à la situation politique, ni pour les partis politiques, ni pour les électeurs et les électrices du Québec, ni pour une véritable amélioration de la démocratie au Québec.

    Car même avec des pactes électoraux, il faudra toujours encore 4 fois plus de votes à Québec Solidaire qu'au Parti libéral pour parvenir à faire élire un député à l'Assemblée nationale, et c'est ça qui est complètement inacceptable dans une démocratique qui respecte.

    Christian Montmarquette

  • André Choquette - Abonné 12 mai 2017 17 h 43

    PROPORTIONNELLE SUIVI D'UNE ÉLECTION

    Avant de former une coalition il faut s'entendre sur un nouveau mode de scrutin. Cette coalition serait d'autant plus facile à réaliser si les partis coalisés s'engagent à retourner en élection aussitôt que le nouveau mode de scrutin est adopté.

    Plusieurs approches ont été proposées pour changer de mode de scrutin mais elles semblent aux yeux du public plus complexes les unes que les autres et n'emportent pas l'adhésion d'un grand nombre.
    Voici un scénario qui ne peux être plus simples.
    D'abord il ne saurait être question d'augmenter le nombre de député ni d'en avoir des "flottants" sans attache à un comté mais uniquement à une 'liste".
    Le mode que je propose conserve le même nombre de député et les mêmes circonscriptions. De plus le déroulement du scrutin demeure celui qui est en usage présentement.
    Je l'appelle la proportionnelle à pourcentage variable.
    Dans le système uninominal actuel il n'y a aucune proportionnalité. Dans un système 100% proportionnel, le nombre de siège auquel chaque parti a droit est égal au pourcentage de votes obtenus.
    Dans le mode que je propose l'élimination des élus en trop se fait par le bas en retranchant ceux qui ont obtenu les plus faibles pourcentages dans leur comté jusqu'a ce que le nombre requis soit atteint. Les formations qui sont en déficit de siège obtiennent les comtés libérés. La priorité étant donnée d'abord au parti qui est arrivé en seconde place dans ces comtés.
    Maintenant afin que ce ne soit pas tout l'un ou tout l'autre le pourcentage de proportionnalité serait variable suivant la volonté des électeurs. Un second bulletin serait remis au votant où il aura à choisir le pourcentage de proportionnalité avec lequel il est le plus confortable.
    5 choix lui seront offerts: 0% - 33.3% - 50% - 66.6% - 100%
    La compilation de ces choix déterminera la proportionnalité qu'appliquera le DGE au mécanisme de répartition décrit ci-haut.

    Pour exemple les élection de 2014:
    PLQ: 41.52% et 70 élus. Avec la pr