Collecte de fonds pour les sinistrés

<em>«</em><em>Compte tenu de l’ampleur de ces inondations, c’est évident que les besoins vont être très grands</em><em>»</em>, a dit le ministre Coiteux
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne «Compte tenu de l’ampleur de ces inondations, c’est évident que les besoins vont être très grands», a dit le ministre Coiteux

La Croix-Rouge a lancé une collecte de fonds pour venir en aide aux victimes des inondations. Québec a déjà versé un montant de 500 000 $ dans ce fonds et promet d’assumer les frais d’administration, a indiqué le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux lundi midi.

Lors d’un point de presse lundi, Pascal Mathieu, vice-président à la Croix-Rouge canadienne pour la région du Québec, a précisé que jusqu’à maintenant, l’organisme avait accompagné 1400 personnes sinistrées.

La collecte servira à combler des « besoins essentiels » comme des réparations de base pour la résidence et les besoins des enfants. Une centaine de bénévoles sont sur le terrain à l’heure actuelle, a-t-il dit.

« Compte tenu de l’ampleur de ces inondations, c’est évident que les besoins vont être très grands », a dit le ministre Coiteux en invitant les Québécois à contribuer au fonds de la Croix-Rouge. Les dons du public seront une « aide directe nette » puisqu’en plus d’un montant de 500 000 $ qu’il versera, le gouvernement prendra à sa charge les frais administratifs, a ajouté le ministre Coiteux.

La vice-première ministre Lise Thériault a pour sa part invité les Québécois à faire preuve de prudence. « Il peut y avoir des collectes qui vont s’organiser un peu partout au Québec, mais on devrait se concentrer sur la Croix-Rouge », a-t-elle dit.

Baisse en vue mercredi

Plus tôt lundi matin, le ministre Coiteux a précisé que 2426 résidences étaient inondées et que 1520 personnes avaient été évacuées. De même, 146 municipalités du Québec étaient touchées par ces inondations.

« On s’attend à ce que, graduellement, les niveaux d’eau atteints dans les secteurs inondés commencent à baisser à partir de mercredi. Ça peut commencer un peu avant dans certains secteurs. Mais ils sont très hauts ces niveaux-là. Et ça va prendre un certain temps avant que l’eau retrouve son lit habituel. Alors il faut être patient. Mais je le sais que c’est dur », a indiqué le ministre Coiteux.

De son côté, le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a expliqué que neuf barrages se trouvent dans le bassin-versant de la rivière des Outaouais et que les trois autorités qui en sont responsables — Hydro-Québec, les gouvernements fédéral et provincial au Québec — les géraient afin de ralentir le plus possible le débit d’eau.

« Ces efforts-là font en sorte que jusqu’à maintenant, ces barrages, ces réservoirs ont réussi à retenir plus de 2500 mètres cubes-seconde d’eau, ce qui équivaut à un niveau de plus de 50 centimètres pour le lac des Deux-Montagnes », a précisé le ministre Heurtel.

« Depuis mardi dernier jusqu’à hier [dimanche], on avait vu une augmentation du niveau du lac des Deux-Montagnes d’à peu près un mètre, ce qui est énorme. Nos débits et nos modèles, depuis jeudi dernier, nous indiquaient qu’on atteindrait le débit record de près de 9000 mètres-cubes d’eau à la seconde. Nous sommes à 8900 mètres cubes » présentement, a dit M. Heurtel.

L’Assemblée nationale

À Québec, les libéraux ont accepté que les travaux de l’Assemblée nationale soient suspendus mardi pour permettre aux députés de se rendre dans leur comté. Le gouvernement attendait toutefois l’accord de la CAQ et de Québec Solidaire pour l’officialiser.

Dans la région de Montréal, le niveau d’eau du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Prairies serait stable et devrait commencer à baisser à compter de mardi, a fait savoir le maire Denis Coderre.

Jusqu’à maintenant, 226 personnes ont été évacuées à Montréal, 516 résidences ont été visitées et 376 maisons ont été inondées, a indiqué le maire.

Montréal a l’intention demander que l’état d’urgence sur l’île de Montréal soit prolongé de cinq jours. Le conseil municipal se réunira mardi matin à ce sujet, a annoncé le maire.

Disparition et soldats

Les Forces armées ont aussi fait le point sur leur intervention.

Le brigadier général Gosselin a précisé qu’à la fin de la journée, lundi, 1650 soldats auront été affectés aux régions touchées, dont 90 pour cent en soutien aux pompiers et policiers.

La Sûreté du Québec attribue par ailleurs la disparition d’un père et de sa fillette à la crue des eaux, à Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie.

L’homme de 37 ans et sa fillette de 2 ans se seraient aventurés sur une route qui n’était pas praticable. Selon ce qu’a relaté Jimmy Potvin, le niveau d’eau était tel que la voiture a été emportée et transportée vers la rivière. Les autorités étaient encore à leur recherche, lundi matin.

Avec La Presse canadienne

1 commentaire
  • Claude Bariteau - Abonné 8 mai 2017 13 h 12

    Trois autorités ? C'est faux.

    Le ministre Heurtel parle de trois autorités responsables des barrages du
    bassin-versant de la rivière des Outaouais, soit Hydro-Québec, les gouvernements fédéral et provincial au Québec.

    Il manque deux responsables : 1) le gouvernement de l'Ontario, car la ligne de démarcation entre le Québec et l'Ontario de la Rivière des Outaouais se trouve au centre approximatif de cette rivière qu'alimente le Lac Témiscamingue et 2) Hydro-Ontario est propriétaire d’un barrage sur la rivière des Outaouais qui alimente sa Station de production Des Joachins.

    Pourquoi il n’est pas fait écho à ces réalités qui ont, comme la gestion du niveau d’eau du Lac Ontario, qui relève du Canada, une incidence directe sur les inondations actuelles au Québec.

    Il y a là des silences bavards, qui excluent du problème actuel la gestion de l'Ontario, d'Hydro-Ontario et du Canada.

    L'envoi de soldats canadiens n'est qu'un pis-aller de leur gestion passée sous silence.