La «haute direction» de l’UPAC sur la sellette

Le patron de l’Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir Le patron de l’Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière

Lino Zambito et Ken Pereira disent faire entièrement confiance aux enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption, mais s’interrogent sur le travail de la direction de l’organisme et le rôle du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

« Le travail des enquêteurs de l’UPAC est très bien fait, les dossiers sont étoffés, le problème que moi je vois, c’est que quand les dossiers sont terminés, vient le temps où la haute direction les envoie au Directeur des poursuites criminelles et pénales, on s’accroche les pieds, c’est long », a déclaré M. Zambito jeudi.

M. Zambito, Ken Pereira et Luigi Corretti sont à l’Assemblée nationale pour assister à la comparution du patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, à l’étude des crédits du ministère de la Sécurité publique.

Avant le début de la séance, M. Pereira a lui aussi mis en doute le travail de M. Lafrenière. « Je fais confiance à l’unité de l’UPAC, mais il faut se demander pourquoi qu’on est rendus à une couple d’années et qu’il n’y a rien qui est sorti. J’ai confiance dans les inspecteurs, j’ai donné beaucoup d’informations, mais elle est rendue où, cette information-là ? »

Doutes

Plus tôt en matinée, le Parti québécois avait mis en doute l’indépendance du patron de l’Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière, qui est attendu à l’Assemblée nationale.

« Qui est le patron de M. Lafrenière ? À qui se rapporte-t-il ? » a demandé le député péquiste Pascal Bérubé jeudi matin. Le PQ souligne que le patron de l’UPAC a été nommé par Jean Charest en 2011 et que son mandat a été reconduit depuis par les libéraux.

À la Coalition avenir Québec, on a l’intention d’interroger M. Lafrenière en particulier sur les fuites. « On a besoin d’explications concernant le bilan de l’UPAC 2016-2017, et concernant aussi les fuites policières », a signalé le député André Spénard.

Québec solidaire ne pourra pas poser de questions lors de l’étude de crédits, mais Amir Khadir a dit espérer que d’autres demandent à M. Lafrenière « combien de fois par année » le personnel de son bureau « rencontre » ou « fait des rapports » au bureau du premier ministre.

Lino Zambito

En 2012, l’ex-entrepreneur spécialisé dans les travaux d’égouts a reconnu qu’il devait verser un pizzo à la mafia, un pot-de-vin à l’ingénieur Gilles Surprenant de la Ville de Montréal et une ristourne au parti du maire Gérald Tremblay, Union Montréal, pour chaque contrat obtenu par son entreprise.

Le témoin vedette de la commission Charbonneau a également admis avoir amassé des fonds illégalement lors d’un cocktail mettant en vedette l’ancienne vice-première ministre libérale Nathalie Normandeau.

Lino Zambito a purgé une peine de deux ans moins un jour dans la collectivité pour complot, fraude, corruption et intimidation.

Luigi Coretti

Accusé de fraude, l’ancien président de la firme de sécurité BCIA a été libéré en novembre 2016 à la suite d’un arrêt des procédures obtenu en vertu de l’arrêt Jordan. L’homme d’affaires dont l’entreprise a fait faillite en 2010 est un proche de l’ancien ministre libéral Tony Tomassi, à qui il avait remis une carte de crédit pour couvrir ses dépenses en essence.

Ken Pereira

Devant la juge France Charbonneau, l’ex-délégué syndical a soutenu que les Hells Angels et la mafia fréquentaient les délégués de la FTQ-Construction. Le lanceur d’alerte a notamment dénoncé le train de vie de l’ancien directeur général de la centrale, Jocelyn Dupuis, reconnu coupable pour fraude en 2014.

Avec Dave Noël

4 commentaires
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 4 mai 2017 12 h 29

    On peut pencher a penser que l.UPAC

    penche toujours du meme bord.Comme la tour de Pise et la Cour Supreme.

    • Denis Miron - Inscrit 4 mai 2017 18 h 26

      Je ne sais pas trop quoi en pencher, mais le doute subsiste et persiste très fortement quant à M.Lafrenière et son employeur qui est le parti libéral qui occupe le siège de juge et d'accusé en même temps. Croyez-vous que les nominations dans les postes stratégiques du pouvoirs qui ont eu lieu sous le régime Charest, travail présentement pour le peuple ou pour le parti libéral. Miss Post-it a fait sa job pis Violette Trépanier aussi et aujourd'hui, ces gens-là qu'elles ont nommés sont en fonction. Le branding libéral a très mauvaise apparence quant à sa gestion de l'état de droit et les parfum qui s'en dégagent m'amène presqu'au bord de l'envie de vomir. Ma digestion se fait mal et j'ai l'impression que je ne suis pas seul à vivre ça comme ça. Mon Diogène intérieur me désespère dans son tonneau. Je l'entend me dire que même un parrain de la mafia se ferait élire tellement que le Québec a peur d'être souverain

  • Michel Lebel - Abonné 4 mai 2017 15 h 10

    Pourquoi?

    Pourquoi les Zambito, Coretti, Pereira étaient présents à cette comparution du commissaire Lafrenière? Faire une distraction pour les médias? Étrange.

    M.L.

  • Raynald Rouette - Abonné 4 mai 2017 19 h 32

    L'UPAC fait parti du système judiciaire


    Tout comme le DPCP et les tribunaux.

    Il y a des délais qui sont indus et vraiment questionnables, voir indéfendables!

    Depuis le scandal des commandites, jusqu'à aujourd'hui, la population a sûrement de très bonnes raisons de mettre en doute la probité du système judiciaire que nous avons, tant au niveau fédéral que provincial.

    Qui, dans la société a le plus contribué à édifier le système judiciaire, ainsi que les lois sociales et économiques que nous «subissons» avons?

    Le système judiciaire est une chose, s'assurer que «justice» soit rendue, est une toute autre affaire...

    Pierre Bourgault était d'avis que : «Une objectivité absolue n'existe pas, seule une subjectivié honnête est possible». Il faut lui donner raison!