Trois candidats masculins, dont une vedette

«Je pense que ce qui va faire la différence, en mai prochain, c’est la vision que je propose du parti», a dit Gabriel Nadeau-Dubois.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir «Je pense que ce qui va faire la différence, en mai prochain, c’est la vision que je propose du parti», a dit Gabriel Nadeau-Dubois.

Les membres de Québec solidaire choisiront le mois prochain leur porte-parole masculin dans un contexte particulier, alors que l’un d’entre eux, déjà très connu, tente de se faire élire en même temps comme député dans la circonscription montréalaise de Gouin.

Les candidats Sylvain Lafrenière, Jean-François Lessard et Gabriel Nadeau-Dubois souhaitent succéder à Andrés Fontecilla, président et co-porte-parole du parti, qui a décidé de céder sa place.

Si les deux premiers sont très peu connus du grand public pour l’instant, Gabriel Nadeau-Dubois est devenu la coqueluche de la crise étudiante de 2012, et son adhésion à Québec solidaire semble avoir fouetté les troupes du parti en vue des prochaines élections générales.

M. Nadeau-Dubois est très visible dans les médias, surtout parce qu’il est en campagne électorale. Dernièrement, il a fait une annonce en compagnie de la co-porte-parole par intérim du parti, Manon Massé, qui, même si elle est seule sur les rangs pour le poste de porte-parole féminine, doit obtenir un soutien de la majorité des membres.

Un statut

Monique Moisan, qui s’occupe du processus électoral au sein du parti, admet qu’il est difficile d’établir la limite entre la campagne de M. Nadeau-Dubois dans Gouin, et la course pour briguer le poste de porte-parole.

Elle ajoute qu’il serait difficile d’offrir la même visibilité médiatique aux deux autres candidats en raison de la popularité inhérente de M. Nadeau-Dubois et de sa candidature dans Gouin.

« On essaie de distinguer autant que possible. Mais, des fois, il y a des zones grises, et c’est inévitable », a-t-elle déclaré en entrevue téléphonique.

Mme Moisan souligne que le parti a déployé plusieurs moyens pour traiter chaque candidat sur un pied d’égalité, notamment en mettant à leur disposition un budget de 5000 $, en leur offrant les services de l’équipe de communications du parti et en leur offrant une tribune sur le site Internet.

Les deux autres candidats sont pleinement conscients de ce contexte qui amène le parti à parler davantage de son candidat vedette dans Gouin.

Mais l’un d’entre eux appelle le parti à relayer davantage les informations des campagnes de chacun pour que tout le monde soit sur le même pied d’égalité.

« Je suis persuadé qu’en ce moment, il y a encore des membres de Québec solidaire qui ne savent même pas que j’existe », a lancé Jean-François Lessard en entrevue avec La Presse canadienne.

M. Lessard reconnaît que le parti met en avant M. Nadeau-Dubois surtout parce qu’il tente de se faire élire, mais selon lui, il aura un examen de conscience à faire à l’issue de la course.

Sylvain Lafrenière, qui avait présenté sa candidature avant Gabriel Nadeau-Dubois, croit que le parti fait des efforts pour laisser une tribune égale à tous les candidats, notamment en organisant des débats. « [Gabriel Nadeau-Dubois] est en campagne électorale en même temps, mais on savait c’était quoi les règles du jeu en partant. Je pense qu’il y a un souci de faire attention, et de ne pas mêler les affaires », a-t-il soutenu.

Le principal intéressé reconnaît qu’il profite d’une certaine notoriété, mais il dit avoir confiance en « l’intelligence » des membres au bout du compte. « Je pense que ce qui va faire la différence, en mai prochain, c’est la vision que je propose du parti. Québec solidaire a toujours refusé la voie de la facilité et je n’ai aucun doute [sur le fait] que les militants vont continuer dans cette optique-là », a expliqué M. Nadeau-Dubois en entrevue.



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