Convergence: Manon Massé ignore à quelle enseigne loger

À 20 jours de l’élection des porte-parole de QS, Manon Massé soupèse toujours les dangers et les bénéfices d’une éventuelle convergence avec le PQ.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir À 20 jours de l’élection des porte-parole de QS, Manon Massé soupèse toujours les dangers et les bénéfices d’une éventuelle convergence avec le PQ.

À trois semaines du congrès de Québec solidaire, les tenants d’alliances électorales avec le Parti québécois en vue du scrutin de 2018 n’ont toujours pas réussi à convaincre Manon Massé.

« Il y a des arguments pour. Il y a des arguments contre. Moi, actuellement, ma tête n’est pas faite parce qu’il y a du bon des deux côtés », a-t-elle laissé tomber au cours d’une entrevue vendredi.

Pourquoi la seule candidate en lice pour le poste de porte-parole féminine s’aliénerait-elle la moitié des membres ? ironisait quelques minutes plus tôt un militant de longue date de QS lors d’un échange avec Le Devoir.

Il ne s’agit pas d’une manoeuvre pour éviter de se rallier au camp des « proconvergence » ou encore à celui des « anticonvergence » à environ 20 jours de l’élection des deux porte-parole de QS, jure Mme Massé la main sur le coeur. « Le [rôle] de leader, ce n’est pas toujours de prendre la parole, c’est aussi d’être à l’écoute », ajoute-t-elle.

La députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques dit s’affairer à faire « émerger les arguments importants » afin que les militants puissent trancher le débat sur la convergence des forces indépendantistes et progressistes au congrès des 19, 20 et 21 mai prochains.

À ses yeux, les solidaires doivent « tenir compte » du risque de voir des militants et des sympathisants tourner le dos à QS s’il scelle des alliances stratégiques avec le PQ — qui prévoiraient par exemple la désignation d’un candidat indépendantiste et progressiste dans des circonscriptions choisies. « Si QS se rapproche d’un pouce et quart du PQ, il y a toute une partie de la population qui va se sentir trahie par QS, souligne Mme Massé. C’est important comme argument. » Elle pense notamment aux membres de la communauté anglophone, de communautés culturelles ainsi qu’aux « personnes racisées »,qui n’ont jamais été aussi nombreuses à voir QS comme une solution de remplacement au PLQ.

Par ailleurs, le mode de scrutin actuel nuit au « travail de collaboration » entre les formations politiques, poursuit Mme Massé. « Gouverner avec le Parti québécois ou n’importe quel autre parti politique, ça n’a aucun sens actuellement », lâche l’élue à la veille du second débat entre les candidats au porte-parolat de QS (dimanche à Québec).

En revanche, un pacte électoral avec le PQ pourrait notamment faciliter une percée de QS à l’extérieur de l’île de Montréal, où il est confiné depuis l’élection d’Amir Khadir en 2008.

Étoiles et pogo

Au printemps 2015, les étoiles se sont alignées pour le Nouveau Parti démocratique dans « le pays du pétrole », l’Alberta. « Les étoiles vont s’aligner [prochainement] » pour QS, est-elle persuadée. D’ailleurs, la formation politique qu’elle a fondée notamment aux côtés de Françoise David et de François Saillant fait actuellement le plein de nouveaux membres et de candidats potentiels en vue du scrutin de 2018. « L’arrivée de Gabriel, ce n’est pas anodin », fait-elle remarquer.

« Pour moi, on n’a pas mis sur pied Québec solidaire pour autre chose que pour gouverner », dit-elle. Pour y arriver, Mme Massé veut entre autres choses développer le sens de la formule de QS, sans pour autant tomber dans la « clip » facile. C’est la stratégie du « pogo le plus dégelé de la boîte ».

24 commentaires
  • Pierre Schneider - Abonné 29 avril 2017 07 h 48

    Sens unique

    Qs, c'est clair veut bien plus gouverner que de former une coalition avec le PQ.

    La grande illusion.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 avril 2017 11 h 41

      "La grande illusion.." - Pierre Schneider

      Il est plus que probable que le PQ se faisait sortir le même genres de commentaires dénigrants durant ses premières années. Comme il se faisait constamment traiter de communistes et de méchants "séparatistes" par ses adversaires.

      Rappelons à ces prophètes de malheurs que le NPD est passé de UN à 55 députés-es et a lavé le Bloc en l'espace d'une seule élection en 2011, et que personne, ni les plus grands experts politiques n'avaient vu venir la victoire de Justin Trudeau.

      Bien malin donc ceux et celles qui prétendraient pouvoir prédire les résultats électoraux au Québec d'ici un ou deux mandats de gouvernements.

      Christian Montmarquette

    • Pierre Schneider - Abonné 29 avril 2017 18 h 05

      Au cours de sa formation, le Pq n'a pas hésité à faire des alliances avec d'autres formations indépendantistes, même s'il ne partageait pas toutes leurs idées.

      C'était de la vraie convergence avant l'heure dans l'intérêt supérieur de la nation québécoise, exploitée de tous bords, tous côtés.

      Que tous les militants de Qs qui ne veulent pas faire front commun avec le Pq pour battre les libéraux le disent donc clairement au lieu de tourner autour du pot et d'en passer une p'tite vite à Lisée dans Gouin.

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 avril 2017 00 h 32

      À Pierre Schneider,

      "Au cours de sa formation, le Pq n'a pas hésité à faire des alliances avec d'autres formations indépendantistes, même s'il ne partageait pas toutes leurs idées." - Pierre Schneider

      Ce n'était pas des alliances, c'était d'essayer d'écraser les autres en forçant le vote stratégique. D'ailleurs que je sache le PQ avait refusé de faire alliance avec le R.I.N. et il a méprisé le FLQ et tout ce qui était à gauche finalement. Tout comme il a refusé toutes alliances avec l'UFP durant des années et pendant 10 ans avec QS comme il avait refusé de collaboré avec le PDS lors du référendum de 1995.

      Et s'il est un parti qui a toujours essayé d'avaler les autres, c'est bien le PQ. Notamment en retirant le scrutin proportionnel de son programme en 2011, précisément pour tenter de nuire aux autres partis souverainistes.

      De toute manière, sans référendum au programme durant plus de 28 ans en 2022, il est ridicule de parler d'union des partis souverainistes avec le Parti québécois, qui est surtout devenu le Parti-du-n'importe-quoi..

      Christian Montmarquette

    • Benoit Toupin - Abonné 30 avril 2017 19 h 23

      Monsieur Montmarquette.

      A ce que je sache, le dernier référendum a eu lieu il y a 22 ans et le PQ n'a gouverner que pendant 18 mois au cours de 14 dernières années. Vous confondez bien utilement l'outil et le projet... et n'avez que seul objectif de critiquer le seul parti où vous identifiez une possible clientèle pour QS. Sauf que votre stratégie est tellement évidente qu'elle perd toute crédibilité...

      Chaque parti est libre de son destin; quoique vous en pensiez quoique vous en disiez, le PQ a fait tout ce qu'il était possible et raisonnacle pour promouvoir la souveraineté, incluant la convergence des forces souverainistes. Les partis qui ont fusionné avec le PQ l'on fait volontairement et aux conditions qui leur convenaient... Je comprend qu'il vous faut un bon et un méchant pour soutenir votre thèse, mais la réalité est malheureusement tellement plus subtil.

      Rien n'indique que vous représentez un courant significatif à QS; la discussion est en cours. J'imagine que vous aurez un minimum de respect envers vos semblables de QS qui auraient envie de ne pas penser comme vous. Certains auront peut-être compris que la vérité et le pensée constructive n'est pas l'exclusivité d'un seul parti et qu'il est préférable de partager un espace de discussion et d'action qui rejoint l'essentiel de l'un et l'autre.

      Pour ce, il faut respecter tous les interlocuteurs et éviter les stratégies cyniques et intrumentalisées.

    • Christian Montmarquette - Abonné 30 avril 2017 21 h 28

      À Benoit Toupin,

      Je répondais Pierre Schneider sur la prétendue ouverture du PQ aux alliances avec d'autres formations politique, qui ne font pas que remonter à 22 ans, mais durant son histoire toute entière dont les 15 dernères années où le PQ a rejeté toute alliance avec la gauche souverainiste du PDS, de l'UFP et de QS.

      Et à ce que je constate votre sermon moralisateur, vous êtes tout aussi incapable de contredire ces faits.

      Et à savoir si je ne représente pas un courant significatif sur cette tribune Toupin.

      Sachez que l'UFP et QS au grand complet sont justement nés d'une rupture avec le virage à droite du PQ depuis plus de 20 ans avec Luicien-Lucide Bouchard et toujours maintenu via les politiques d'austérité et de déficit zéro du gouvernement Marois entre 2012 et 2014 dont était partie prenante Jean-François Lisée.

      - CQFD


      Christian Montmarquette

    • Benoit Toupin - Abonné 1 mai 2017 08 h 33

      Monsieur Montmarquette,

      Je ne chercherai pas à contredire vos "vos faits" sélectionnés et qualifiés pour soutenir votre stratégie de dénigrement. J'en connais vos répliques...

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mai 2017 10 h 10

      À Benoit Toupin,

      "Vos faits" sélectionnés et qualifiés pour soutenir votre stratégie de dénigrement." - Benoit Toupin

      Rappeler les faits, l'Histoire et le bilan politique d'un parti, n'est pas "du dénigrement".

      Cela fait intrinsèquement partie du nécessaire "devoir de mémoire" dans un Québec qui souffre désespérément d'amnésie politique.

      Christian Montmarquette

    • Benoit Toupin - Abonné 1 mai 2017 14 h 42

      Monsieur Montmarquette,

      Vous donnez beaucoup de trop crédit à "vos faits"... SVP puisque vous ne pouvez vous contentez de donner les faits sans les qualifiés, puisque vous les selectionnez astucieusement, puisque vous en omettez d'autres plus importants qui ne servent pas votre manège, ils ne peuvent servir le devoir de mémoire...

      SVP laissez aux historiens ce qui leur incombe et ne les faites pas mijoter dans votre soupe partisane...

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mai 2017 15 h 54

      À Benoit Toupin,

      "SVP laissez aux historiens ce qui leur incombe" -Benoit Toupin,

      - Ne vous en faites pas que les historiens ne pourront faire autrement que d'inclure dans leurs récits ce que je dénonce ici moi-même, si ce n'est déjà chose faite Toupin.

      Il n'y a d'ailleurs rien de surprenant de voir des péquistes préférer l'amnésie collective à la mémoire.

      S'il fallait qu'ils se souviennent de toutes les trahisons sur la question nationale; de l'oppression qu'ils ont fait endurer à leurs concitoyens les plus démunis; de leurs attaques aux services publics; de leurs dérives néolibérales; de leurs concubinages indécents avec les multinationales; de leur injutice démocratique; de leurs magouilles électorales et la dérive xénophobe de leur parti.. Ils ne pourraient plus se regarder en face.

      Christian Montmarquette

  • François Beaulne - Abonné 29 avril 2017 07 h 57

    Responsabilité historique

    S'il y a quelqu'un à QS qui pourrait se hisser au dessus de la mêlée partisane et influencer l'avenir politique du Québec c'est bien Manon Massé. Par sa défense articulée des dossiers qui lui tiennent à coeur, par la détermination qu'elle a démontré à sauver sa circonscription électorale pour continuer de donner une voix aux marginalisés de notre société, par son approche réfléchie et mesurée des enjeux électoraux à long terme au Québec.
    C'est en grande partie pour ces raisons que beaucoup de citoyens de toutes allégeances politique, mais surtout progressistes et souverainistes l'ont appuyé dans ses combats.
    Qu'elle soit en réflexion sur les orientations à prendre eu égard à la convergence en prévision des prochaines élections est tout à fait normal.
    Ce qui m'étonne, par contre dans les raisons invoquées comme frein à un rapprochement stratégique avec le PQ c'est l'affirmation qu'en ce faisant QS pourrait décevoir une partie de ses membres issus des communautés anglophones, de l'immigration, et des groupes 'racisés'. Il y a quelque chose de confus dans cette affirmation: pourquoi ces personnes seraient'elles nécessairement réfractaires à toute convergence avec le PQ? Faudrait que Manon Massé s'en explique. Est-ce parce que le PQ est souverianiste? QS ne s'affiche t'il pas souverainiste aussi? Insinue t'elle que le PQ ne s'identifie pas aux défis et aux sensibilités de ces groupes? Si c'est le cas, faudrait peut-être le démontrer.
    Mais il y a plus: En se buttant à tout rapprochement avec le PQ pour les prochaines élections QS condamne ses propres membres à se cantonner dans la marginalité politique et, du même coup, à se rendre complices d'un affaiblissement du rapport de force du Québec et d'une voix forte pour l'arc-en-ciel des voix progrssistes au Québec. Voilà le vëritable enjeu des prochaines élections.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 avril 2017 12 h 06

      Corrigé.

      À François Beaulne,

      " En se buttant à tout rapprochement avec le PQ pour les prochaines élections QS condamne ses propres membres à se cantonner dans la marginalité politique"- François Beaulne

      Il est illusoire de croire qu'un électorat de droite comme celui du PQ voterait pour un parti de gauche comme Québec Solidaire. Tout comme il est illusoire de croire qu'un électorat de gauche comme celui de Québec Solidaire voterait pour un parti de droite comme le Parti québécois

      D'ailleurs, le PQ n'a pas perdu le pouvoir à cause de Québec Solidaire, mais à cause de ses propres 319,000 électeurs et électrices qui ne se sont même pas donné la peine de voter pour leur propre parti en 2014. Et à mon avis et entre autres choses, parce que le PQ avait rejeté catégoriquement le référendum durant sa campagne. Une situation qui n'a pas changé et qui ne changera pas jusqu'en 2022.

      Quand un parti politique trahis de la sorte sa raison d'être.. Il ne doit pas s'étonner se faire larguer par son propre électorat.

      Christian Montmarquette

      .

  • Christian Montmarquette - Abonné 29 avril 2017 08 h 01

    Ce n'est pas le rôle des porte-parole nationaux de prendre position sur les décisions du Congrès


    Je ne comprends pas pourquoi les candidatures au poste de porte-parole nationaux de Québec Solidaire se sentent de la sorte contraints à prendre position sur une question qui relève fondamentalement et essentiellement du Congrès. C'est, à la limite, une attitude contraire à l'esprit de la fonction à laquelle ils et elle aspirent. Puisque le rôle des porte-parole est de représenter les positions et les décisions officielles du Congrès et non de les influencer ou de les bulldozer.

    En effet, quelle crédibilité pour défendre «l'Option A» qui rejette toute alliance avec le Parti québécois aurait Jean-François Lessard s'il était élu, alors qu'il fait actuellement publiquement campagne pour «l'Option B» qui favorise une au contraire une alliance avec le PQ? Ça n'a aucun sens.

    De plus, cette exhibition publique des débats internes de Québec Solidaire appartient à la culture politique du PQ et des vieux "partis-de-chefs" et non à la culture de Québec Solidaire.

    Un devoir de réserve sur ce genres de questions pour les prochaines élections aux postes de porte-parole nationaux de Québec Solidaire m'apparaitrait essentiel à intégrer dans les statuts et règlements du parti.

    Christian Montmarquette

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 29 avril 2017 08 h 32

    Hypocrisie

    Le débat sur la « convergence » est mal engagé. Je me méfie de l’ hypocrisie de Québec solidaire en rapport avec l’indépendance du Québec. Je suis un socialiste de coeur et d'esprit, appréciant le modèle social québécois, mais QS ne m'apparait pas honnête ni réaliste dans son discours et ses actes.

    Je pense qu'une coalition PQ-CAQ serait plus viable que PQ-QS pour déloger le parti libéral de Couillard.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 avril 2017 11 h 52

      À Raymond Saint-Arnaud,

      "Je me méfie de l’ hypocrisie de Québec solidaire en rapport avec l’indépendance du Québec.." - Raymond Saint-Arnaud

      Quand on sait que le PQ n'aura pas eu de référendum au programme durant plus de 28 ans en 2022 et que Jean-Martin Aussant a claqué la porte du PQ pour fonder Option nationale précisément sur cette question. Il ne faut pas craindre le ridicule pour ne pas constater que le Parti québécois n'a plus la moindre crédibilité sur la question nationale et qui plus est, ce PQ qui a toujours catégoriquement refusé d'invertir un seul denier public pour défendre et promouvoir l'indépendance au Québec.

      Et à mon avis, il est encore plus ridicule de se prétendre socialiste de coeur tout en proposant de s'associer avec la CAQ, qui est une véritable pouponnière à candidats libéral!

      Christian Montmarquette

  • Gilles Théberge - Abonné 29 avril 2017 09 h 17

    Manon rêve encore que QS prenne le pouvoir et gouverne...

    Ben, laisson la rêver!