«Créer des ponts pour l’avenir»

Réginald Harvey Collaboration spéciale
Les municipalités souhaitent abattre les murs qui s’érigent entre elles afin de créer des liens et de travailler ensemble.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les municipalités souhaitent abattre les murs qui s’érigent entre elles afin de créer des liens et de travailler ensemble.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Plus de 1200 élus, gestionnaires et partenaires municipaux convergeront vers Montréal les 4 et 5 mai pour prendre part aux assises annuelles de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), dont le thème de cette année est « Créer des ponts pour l’avenir ». Ce grand rendez-vous témoignera de la longue et riche histoire de vie municipale qui se perpétue et qui se projette vers le futur, dans le contexte d’une année de transition charnière pour les villes. Le Devoir s’est entretenu avec Anie Samson et Lionel Perez, membres du comité exécutif de la Ville de Montréal et coprésidents de la Commision des assises 2017.

La mairesse de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension et vice-présidente du comité exécutif de Montréal, Anie Samson, considère que le thème « Créer des ponts pour l’avenir » s’applique à plusieurs aspects du vécu municipal : « On veut en créer [des ponts], surtout avec nos villes du Québec, mais aussi avec la Fédération québécoise des municipalités, qui représente des municipalités régionales à caractère beaucoup plus rural. Ce qu’on veut, c’est tisser des liens entre tous les membres des deux organisations. »

Le discours de de coprésidente de la Commission de cette année se veut des plus inclusifs et rassembleurs: « On souhaite abolir les murs entre nous, parce qu’on partage certains points communs et souvent, malgré nos différences, on a besoin de l’autre pour aller plus loin. » Ceci est d’autant plus vrai alors que le gouvernement québécois s’apprête à conférer plus de responsabilités à la gouvernance municipale. « Les villes seront davantage en mesure de jouer leur rôle et, comme le maire Coderre le dit souvent, et comme je me plais à le répéter, quand on est seul on peut aller loin, mais ensemble on peut encore aller tellement plus loin, dit-elle. Et c’est ce que fait l’UMQ depuis plusieurs années en réunissant tout le monde autour de la même table. »

Que la municipalité soit petite ou grande, urbaine ou rurale, Anie Samson estime que tous veillent à la même mission et ont donc intérêt à collaborer : « On a tous le même rôle et on remplit les mêmes fonctions, qui consistent à s’occuper de nos concitoyens. »

C’est là un travail qui devient plus ardu, parce que, comme partout dans le monde, les gouvernements municipaux ont élargi leur champ d’activités et sont appelés à répondre à des besoins plus nombreux et plus complexes émanant des communautés urbaines et rurales, ce que constate la mairesse : « On prend de l’importance parce qu’on dispose de pouvoirs qui nous servent à prendre des décisions touchant directement la population. » Elle ajoute que les municipalités « prennent des décisions, gèrent des dossiers et héritent de responsabilités de développement local économique majeur, ce pour quoi elles doivent être consultées et considérées comme de véritables gouvernements de proximité ».

Lionel Perez, conseiller de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, traduit pour sa part ce que représente la thématique retenue : « Elle voulait mettre de l’avant le moment charnière que les municipalités vivent au Québec, alors qu’elles s’apprêtent à être reconnues comme des gouvernements de proximité, en vertu du projet de loi 122  qui accordera des pouvoirs accrus à celles-ci à la suite de revendications historiques. » Ainsi, la programmation des assises de cette année créera de ce fait un lien entre le passé et le futur.

Dans ce contexte, Lionel Perez insiste sur l’importance de créer des ponts: « On veut aussi tisser des liens étroits entre les élus et les communautés, entre les milieux urbains et plus ruraux, et entre les différents ordres de gouvernement. »

Au programme

« Mis à part les incontournables que sont les allocutions du premier ministre et du ministre des Affaires municipales, on a vraiment mis l’accent sur le développement économique et sur la ville à titre de locomotive de ce dernier », explique M. Perez. Ainsi, Monique Leroux, ex-p.-d.g. de Desjardins et présidente du Comité sur l’économie et l’innovation, Pierre Marc Johnson, expert en commerce international, et Raymond Bachand, ex-ministre des Finances du Québec, traiteront de ce sujet.

Cette réflexion sur la contribution du monde municipal à l’essor économique tant dans les grandes villes que dans les régions s’avère, explique M. Perez, un « sujet va vraiment de pair avec le projet de loi 122 sur la gouvernance de proximité qui donne plus de pouvoirs aux municipalités ».

Anie Samson salue également la présence des dirigeants politiques et des figures de proue de l’économie au congrès, « ce qui va donner le ton à cette rencontre ». Elle signale d’autres éléments marquants qui se dégagent du programme, comme des cliniques à saveur politique au cours desquelles les participants pourront échanger au sujet de leurs préoccupations, de même que « des cliniques de perfectionnement fort utiles, parce que ce n’est pas tous les jours que les élus peuvent avoir accès à des séances de formation sur des sujets qui sont pertinents ».

Encore là, il y a une volonté de rapprochement dont elle se félicite : « Ce programme s’adresse tant aux petites qu’aux grandes villes dans un but d’échange d’information et de travail en commun. Et les élus de partout auront de plus l’occasion de se rencontrer ; c’est un grand forum où il est possible d’avoir des conversations de corridor servant à tisser des liens et à faire avancer les dossiers. »