Montréal et les régions : créer des ponts pour l’avenir

Martine Letarte Collaboration spéciale
Le maire de Montréal, Denis Coderre, est convaincu que la métropole doit utiliser l’expertise et la synergie des régions pour aller plus loin.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le maire de Montréal, Denis Coderre, est convaincu que la métropole doit utiliser l’expertise et la synergie des régions pour aller plus loin.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) tient ses assises annuelles les 4 et 5 mai au Palais des congrès de Montréal. Le thème ? Créer des ponts pour l’avenir. C’est bien ce qu’a l’intention de réaliser concrètement, lors de l’événement, Denis Coderre, maire de la ville hôte, en cette année bien particulière pour Montréal, Québec et les autres municipalités de la province.

« C’est fini, ce temps-là, où on pensait que Montréal vidait les régions, que la grande ville était contre les régions, Québec contre Montréal et les Canadiens contre les Nordiques ! » s’exclame Denis Coderre, visiblement heureux de recevoir ses homologues des différentes municipalités de la province. « Le message maintenant, c’est qu’on doit travailler ensemble », ajoute-t-il.

Il évoque l’accord de libre-échange avec l’Europe, le Brexit, la situation aux États-Unis, la recrudescence majeure des investissements asiatiques et l’augmentation des vols directs entre Montréal et la Chine.

« Moi, je dis toujours : tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin », a lancé Denis Coderre.

L’une des premières choses qu’il a faites d’ailleurs, après avoir été élu, a été de partir en tournée à travers la province pour visiter les différentes municipalités.

« On s’entend à merveille. Il y a une alliance Québec-Montréal et une belle solidarité entre les municipalités : nous marchons main dans la main », affirme le maire de Montréal.

Inauguration de la Maison des régions

Signe concret de cette nouvelle ère : la Maison des régions, projet cher à Denis Coderre, sera inaugurée à Montréal lors des assises de l’UMQ. Sa grande mission : favoriser le développement économique entre Montréal et les régions. Elle facilitera le maillage et favorisera les partenariats d’affaires entre les entreprises.

« On organisera des conférences, des formations, des foires commerciales, des semaines thématiques, énumère le maire. Chaque région a sa couleur, sa saveur, et ce sera mis de l’avant. La Maison des régions servira de point de chute, de plaque tournante. »

Ainsi, les différentes entreprises se connaîtront davantage et pourront mieux rayonner ensemble.

« Montréal peut servir de tremplin, et il y a toute une stratégie d’accompagnement derrière la Maison des régions, avec une place pour les communautés autochtones, indique M. Coderre. Nous voulons promouvoir les produits du terroir, créer de nouveaux marchés pour les produits au Québec, mais aussi au Canada et sur la scène internationale. »

Le maire de Montréal est convaincu que la métropole doit utiliser l’expertise et la synergie des régions pour aller plus loin.

« Montréal est une locomotive, mais ça nous prend des wagons ! Les wagons aussi ont besoin de la locomotive. On va travailler ensemble. On a une belle complémentarité », affirme le maire, heureux d’offrir au Québec ce legs du 375e anniversaire de Montréal.

Nouveau cadre législatif

Cette année de festivités sera marquante pour Montréal, mais aussi pour les autres municipalités du Québec.

L’Assemblée nationale doit adopter cette session-ci le projet de loi 121 qui reconnaît le statut de métropole de Montréal et vient lui accorder de nouveaux pouvoirs afin qu’elle puisse mieux poursuivre son développement économique, social et culturel.

Par l’entente-cadre « Réflexe Montréal », le gouvernement du Québec s’engage à poser des gestes concrets pour la métropole, comme créer un fonds pour soutenir la stratégie de développement économique de la Ville de Montréal. Ce fonds disposera de 10 millions en 2017-2018 et les sommes iront en augmentant pour atteindre 50 millions en 2012-2022.

Le gouvernement du Québec s’engage également à conclure des ententes sectorielles pour donner une plus grande flexibilité à la Ville dans les domaines de l’habitation, de la lutte contre l’itinérance, de l’immigration, de la culture et du patrimoine, puis des infrastructures et des équipements scolaires.

« Le gouvernement du Québec a compris le rôle de catalyseur que doit jouer la métropole, avec 50 % du PIB du Québec, et a décidé d’agir en facilitateur », se réjouit M. Coderre.

Il y a également le projet de loi 122 qui doit être adopté. Il reconnaît que les municipalités sont des gouvernements de proximité et il augmente leur autonomie et leurs pouvoirs.

Puis, le projet de loi 109, qui accorde le statut de capitale nationale à la Ville de Québec afin d’augmenter son autonomie et ses pouvoirs, a été adopté en décembre.

« Le Québec est rendu à un nouveau chapitre, affirme Denis Coderre. On n’est plus des créatures des provinces selon l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, mais vraiment des gouvernements de proximité, avec ce que ça comporte. Avec cette nouvelle autonomie, on changera complètement la façon de faire des politiques publiques au niveau du Québec. On profitera des assises pour faire le bilan des avancées. »

Tisser des liens avec Ottawa

Cette nouvelle autonomie viendra donc avec toute une phase de transition qui sera également discutée aux assises, notamment quant à la relation entre les villes et Ottawa.

« Dans le cadre de nos nouvelles fonctions, nous tenons à avoir une voix au chapitre, affirme Denis Coderre. Il faudra s’entendre avec les gouvernements de Québec et d’Ottawa dans des dossiers comme les transports en commun et l’habitation. C’est mauditement important de savoir quel sera le modus operandi pour mettre en place des politiques et s’assurer qu’au bout du compte on passera à l’action. »

Déjà, le gouvernement de Justin Trudeau a accordé du financement au Réseau électrique métropolitain (REM). « Mais il y aura d’autres projets, comme le prolongement de la ligne bleue, affirme Denis Coderre. On a bâti une super-relation avec le gouvernement du Québec et on veut faire la même chose maintenant avec le gouvernement Trudeau. Les canaux de communication sont déjà ouverts, mais il y aura des ajustements. »

Dans un domaine comme celui-là, l’union fait la force. « Montréal va continuer de travailler avec Québec et les autres municipalités, indique M. Coderre, pour créer un contrepoids politique afin de rééquilibrer les forces. »

1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 29 avril 2017 08 h 53

    Jeu de mots

    Littéralement "créer des ponts" pour relier l'île de Montréal au reste du Québec?