Plus de travaux de construction bénévoles seront autorisés

La ministre québécoise du Travail, Dominique Vien
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La ministre québécoise du Travail, Dominique Vien

Québec permettra à des bénévoles de peindre des murs défraîchis dans les écoles, mais le projet de règlement annoncé mardi permettra bien plus que de simples travaux de peinture, et pas seulement dans les écoles. Même les entreprises de moins de 10 salariés seront touchées.

À l’occasion d’une conférence de presse à Montréal, la ministre du Travail, Dominique Vien, a annoncé la publication d’un projet de règlement qui permettra certains travaux de construction bénévoles dans les écoles, les hôpitaux, les centres de la petite enfance (CPE) et les organisations sans but lucratif (OSBL).

Il sera par exemple permis de poser du gypse, de remplacer des fenêtres, de sabler et revernir des planchers, d’installer des comptoirs dans ces établissements, et ce, même sans certificat de compétence. Il faudra toutefois détenir un certificat de compétence pour les travaux de plomberie et d’électricité.

Pour ce qui est des entreprises de moins de 10 salariés et des propriétaires de duplex et triplex, ils pourront réparer un mur de gypse, changer une fenêtre, refaire des moulures ou repeindre des murs, et ce, sans certificat de compétences. Il devra toutefois s’agir de travaux d’entretien et de réparation.

La décision de Québec survient à la suite de la controverse provoquée par une inspection de la Commission de la construction, qui avait reçu une plainte parce que des parents bénévoles avaient repeint les murs défraîchis d’une école.

 

Assurances non obligatoires

Pour le moment, il n’est pas prévu que l’institution ou l’entreprise qui emploie ces bénévoles soit tenue de les assurer contre un accident du travail.

La présidente du conseil d’administration et chef de la direction de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, Manuelle Oudar, a indiqué que ces « employeurs » de bénévoles pouvaient soit demander à être couverts par la CNESST soit faire appel à un assureur privé.

Mais l’assurance n’est pas obligatoire pour le moment, a indiqué la ministre Vien, en s’empressant d’ajouter qu’il se pouvait très bien que la situation change bientôt.

Réactions

Du côté des entrepreneurs, l’Association de la construction du Québec s’est réjouie du fait qu’il y ait enfin un cadre pour définir les activités, mais s’est dite préoccupée notamment par la question des assurances quant aux accidents.

Son responsable des relations avec les médias, Éric Côté, s’est dit « surpris de l’étendue de la mesure » qui va bien au-delà des travaux de peinture dans les écoles par des parents bénévoles. Avant de commenter plus avant, il a donc préféré faire « une analyse plus approfondie » du dossier lorsque le projet de règlement complet sera sur papier.

Du côté syndical, l’Alliance n’a pas souhaité commenter sur-le-champ le projet de règlement. Elle préfère attendre d’en voir le libellé exact dans la Gazette officielle avant de faire connaître ses commentaires.

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4 commentaires
  • Germain Dallaire - Abonné 26 avril 2017 07 h 37

    République de bananes!

    Après avoir coupé pendant des années, il est naturel que les édifices aient besoin de réparations. Plutôt que d'investir et de les faire, on permettra à n'importe qui de s'improviser gars de métier. C'est dans la même ligne que la légalisation d'Uber. Après des édifices vétustes, on va avoir des édifices tout croches! C'est pas parce qu'on rit que c'est drôle. Misère!!!
    Germain Dallaire
    abonné

  • Patrick Daganaud - Abonné 26 avril 2017 08 h 09

    La boîte de Pandore et travail au noir...

    Quand se met en place pareille mesure, c'est que l'État ne fait pas ce qu'il doit.

    C’est ce que l’on appelle de la gestion ou de la gouvernance « à la petite semaine ».
    Comme directeur d'établissements scolaires, j'ai déjà sorti ma boîte à outils et procédé à des travaux essentiels, reportés, sinon, aux calendes grecques.

    Pour autant, j'ai toujours pensé qu’avoir à le faire et que confier au bénévolat des travaux de première nécessité relève d'un désistement de responsabilités de l’État qui conduit au moins à huit maux :

    1. des travaux non conformes;
    2. le contournement de normes;
    3. l’utilisation de matériaux non conformes;
    4. la compromission des compétences;
    5. des accidents et incidents non assurés pendant et après, en lien avec les « rénovations »;
    6. l’augmentation de poursuites judiciaires;
    7. l’affront à la formation professionnelle;
    8. la confrontation avec les syndicats.

    C’est une bien mauvaise initiative que celle de la ministre du Travail au noir…

    • Francois Cossette - Inscrit 26 avril 2017 12 h 23

      Que voulez-vous, apres avoir fait un cadeau de 1.5 milliards a bombardier le gouvernement n'a plus les moyens d'entretenir correctement ses écoles, hopitaux, CHSLD et autres.

      Ca en dit long sur les priorités de ce gouvernement.

  • Josée Duplessis - Abonnée 26 avril 2017 11 h 38

    un petit chausson...Faites des liens...

    Et pendant que l'état ne donne pas de sous aux écoles pour la peinture, l'équipe des super héros va administrer 1,5 millions pour aller voir ailleurs comment les écoles sont gérées...
    On le sait dans quel environnement ça serait agréable d'enseigner et d'étudier.
    Pour ma part je sais quel genre de local de musique serait génial. Je sais que la promotion de la musique ne fait pas partie des préoccupations de ces trois super héros mais ça devrait l'être car c'est une puissante motivation pour les élèves quand on a les budgets nécessaires.
    Nous dans les écoles ont connait la suite.
    Nos trois compères feront des plans, la réalité viendra faire fondre les illusions....
    Ce ne sont pas les parents qui veulent aider qui sont à blâmer. Ce sont ceux qui laissent dire sans penser aux conséquences.
    Les journalistes qui applaudissent ce beau revirement devraient réfléchir aux conséquences de ce bénévolat.
    Il deviendra la porte de sortie du gouvernement et des commissions scolaires.
    Pas de sous? Demandez aux parents et s'ils ont à coeur l'intérêt de leurs enfants, ils s'impliqueront...Bravo!!!!