Nadeau-Dubois souhaite des alliances stratégiques avec le PQ

Gabriel Nadeau-Dubois est conscient de bousculer l’ordre établi à Québec solidaire. Il rejette néanmoins l’étiquette de «jeune converti», rappelant ses années de militantisme.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Gabriel Nadeau-Dubois est conscient de bousculer l’ordre établi à Québec solidaire. Il rejette néanmoins l’étiquette de «jeune converti», rappelant ses années de militantisme.

La conclusion d’alliances électorales entre Québec solidaire et le Parti québécois est non seulement « possible », mais « souhaitable » en vue du scrutin de 2018, est d’avis Gabriel Nadeau-Dubois.

« Mais je ne veux pas partir en peur », précise d’emblée l’aspirant co-porte-parole de QS dans un entretien avec Le Devoir. Il dit poser un regard « pragmatique » sur la convergence des forces indépendantistes et progressistes. « Mon approche là-dessus, elle est très modérée, elle est très prudente », répète-t-il comme un mantra à l’approche du premier débat entre les candidats au porte-parolat de QS (dimanche à Montréal).

À l’instar d’une fusion entre QS et Option nationale, des alliances électorales « dans certaines circonscriptions, de manière ponctuelle et à certaines conditions », entre le PQ et QS visant à empêcher le Parti libéral du Québec de tirer profit de la division des voix indépendantistes et progressistes doit être envisagée, selon lui.

La réélection du PLQ dans un an et demi constituerait « un échec pour tout le Québec », souligne M. Nadeau-Dubois, avant d’ajouter, quelques minutes plus tard : « Il ne faut pas remplacer des néolibéraux rouges par des néolibéraux bleus. »

Les deux autres prétendants au poste de porte-parole masculin ont des vues bien arrêtées sur la question de la « convergence ». Jean-François Lessard milite pour l’ouverture de « négociations » entre QS et le PQ en vue de la rédaction d’une « plateforme commune », qui servirait de « guide » pour un éventuel gouvernement Lisée.

De son côté, Sylvain Lafrenière presse les membres de Québec solidaire de rejeter catégoriquement les appels du pied du PQ. « Je ne partirai pas en croisade pour une option ou une autre », affirme quant à lui M. Nadeau-Dubois, se refusant de trancher le « débat délicat » en lieu et place des membres des deux partis politiques.

D’autre part, M. Nadeau-Dubois ne se fait pas de mauvais sang à l’idée de voir les membres trancher le débat non pas en mai, mais en novembre prochain, et ce, contrairement à ses deux adversaires. Qui sait, les membres du PQ pourraient profiter de leur congrès à l’automne pour calmer ou fouetter les ardeurs de leur chef, Jean-François Lisée, à signer un pacte de non-agression avec QS.

Pas un jeune converti

L’homme âgé de 26 ans est conscient qu’il « bouscule », voire « dérange » l’ordre établi, à commencer à QS. Plusieurs militants de longue date ont sourcillé en le voyant le 9 mars dernier briguer le poste de porte-parole masculin de QS en plus de celui de député de Gouin à l’Assemblée nationale, et ce, quelques jours à peine après avoir officiellement grossi les rangs de la formation politique de gauche.

« Il ne faut pas confondre enracinement militant et corporatisme. Québec solidaire, c’est le parti de toute la gauche. Ce n’est pas parce que j’ai pris ma carte récemment que je suis un jeune converti. Les luttes que mène Québec solidaire, ce sont des luttes auxquelles j’ai participé », fait-il valoir, citant notamment celle contre la construction de l’oléoduc Énergie-Est de TransCanada.

Il reproche à demi-mot à ses détracteurs d’appeler des jeunes à sauter dans l’arène politique… à condition d’y « reste[r] tranquilles ». « QS ne grandira pas de l’intérieur », conclut « GND ».

27 commentaires
  • Jacques Lamarche - Abonné 22 avril 2017 01 h 59

    Le bons sens doit prévaloir!

    L'unité est nécessaire! Le jeune homme risque de mordre la poussière s'il ne revient pas en arrière! Ses attaques grossières et incendiaires contre un parti frère pourraient lui coûter cher! Les membres de Québec solidaire n'ont pas l'habitude des virages doctrinaires pour des questions terre à terre!

    Il faut s'en féliciter, il a enfin mesuré les dangers de la division. Mais peut-être croyait-il vaincre tous ses adversaires? Le PQ d'abord, le PLQ ensuite? Peut-être!!!

  • Jean Duchesneau - Abonné 22 avril 2017 02 h 20

    Bienvenue en politique!

    "Il reproche à demi-mot à ses détracteurs d’appeler des jeunes à sauter dans l’arène politique… à condition d’y « reste[r] tranquilles ». « QS ne grandira pas de l’intérieur », conclut « GND ».".
    Mon cher Gabriel,

    Je salut ton entrée en politique, et du coup, plus de jeunes, plus de femmes et plus de Québécois issus de l'immigration. Toutefois, ce sont tes positions politiques trop idéologiques, ton ingratitude envers ceux qui ont amené le Québec où il est, et surtout ton attitude condescendante calquée des élitistes traditionnels de la lutte des classes. Tu as du talent, celui-ci aurait pu aidé à sauver ta nation, ta culture, ton éritage. À cet égard, je te vois comme une nuisance, comme un adversaire politique. Mais, ton idéologie te commande de travailler à l'édification d'une "oumma" prolétaire en faisant des alliances douteuses avec des intégristes religieux qui ne demandent que de se servir de toi. La classe ouvrière vous l'avez perdue la gauche. C'est maintenant "Rambo" qui semble mieux les écouter. Je suis un indépendantiste convaincu, social démocrate. Je suis un homme de terrain qui sait changer les choses car j'ai appris à les regarder en face. Ce que je te reproche, c'est ton aveuglement idéologique qui t'amène comme dirait Nietzche au nihilisme de la réalité.

    Bonne chance dans ta carrière!

    Jean Duchesneau

    • Jean Duchesneau - Abonné 22 avril 2017 14 h 11

      Oups... qui aurait pu aider à sauver ....

  • Gilles Delisle - Abonné 22 avril 2017 08 h 48

    Une soudaine prudence?

    Cela peut vous sembler étonnant. N'oublions pas que les membres de QS ont mis à l'ordre du jour du prochain congrès de mai la convergence. Une semaine avant le dernier congrès, Mme David avait manifesté son opposition à une convergence, tentant possiblement ainsi à influencer les membres. Malgré cela les membres ont manifesté de l'intérêt dans une proportion de 60%. Voila une probable raison à cette soudaine prudence affichée par M. Nadeau-Dubois.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 22 avril 2017 09 h 07

    Enfin une bonne nouvelle

    Logiquement l'union fait la force pour éliminer les libéraux de Couillard de la
    gouvernance du territoire québecois et tous ceux qui l'habitent.
    L'espor renait ,la morosité s'en va.Ensemble c'est formidable.

    • Gilles Théberge - Abonné 23 avril 2017 09 h 33

      Que voilà une vérité toute simple, mais vraie, évidente, incontournable, nécessaire.

      Il reste à voir si GND aussi intelligent, paraît-il, le comprendra.

      Car pour battre Couillard il faut s'unir.

      Et QS seul, ne fait pas le poids!

  • Raynald Rouette - Abonné 22 avril 2017 09 h 21

    Cela n'est pas dans l'intérêt du PQ ni des Québécois


    QS fait le jeu des libéraux, voir des capitalistes et fédéralistes qui souhaitent la disparition du parti Québécois et du Bloc Québécois.

    Depuis sa création QS s'imagine pouvoir remplacer le PQ, alors que c'est tout le contraire qui se produit en fragilisant davantage le Québec.

    En mai 2006 Pierre Vadeboncoeur voyait un glissement de la gauche avec l'arrivée de QS. Il écrivait une lettre dans L'Action National portant le titre «Dérapages».

    Il disait entre-autres: «On ne remplacera pas le PQ et le Bloc par quelque chose qui leur succéderait après avoir contribué à leur chute», aussi «Quand le PQ et le Bloc tomberont, ce sera la résistance qui tombera».

    Concernant Françoise David il écrivait:«Elle offre un bon exemple d'une pensée idéaliste dans les deux sens du mot. Son jugement politique n'est pas très sûr».

    Aujourd'hui, on peut dire de même de G. Nadeau Dubois.

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 avril 2017 15 h 00

      À Raynald Rouette,

      "QS fait le jeu des libéraux, voir des capitalistes et fédéralistes qui souhaitent la disparition du parti Québécois" - Raynald Rouette

      - Faites-nous rire!

      Depuis le temps que les péquistes affirment que QS n'est qu'un trouble fête qui n'a pas sa place ni sa raison d'être au Québec..

      D'ailleurs, c'est le PQ qui a retiré le scrutin proportionnel de son programme pour maintenir le bipartisme et nuire à l'existence des autres partis politique au Québec. Pas Québec Solidaire.

      Christian Montmarquette

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