La grande séduction

Candidat au poste de porte-parole masculin de Québec solidaire, Sylvain Lafrenière se méfie d’une alliance électorale avec le Parti québécois.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Candidat au poste de porte-parole masculin de Québec solidaire, Sylvain Lafrenière se méfie d’une alliance électorale avec le Parti québécois.

Sylvain Lafrenière presse les membres de Québec solidaire de sortir des sentiers battus afin de « faire le plein » de nouveaux appuis en vue des prochaines élections générales. L’aspirant co-porte-parole de QS a dans sa mire les électeurs « tannés des vieux partis », y compris les sympathisants de la Coalition avenir Québec.

« [Ils] ne sont pas nécessairement tous très à droite. J’entends souvent des gens dire : “J’hésite entre vous et la Coalition avenir Québec” », affirme le conseiller budgétaire dans un entretien avec Le Devoir. Qui plus est, le programme de QS est, selon lui, collé à leurs « préoccupations ». « Mais on n’arrive pas à passer notre message comme il le faut », constate-t-il avec regret.

Même chose avec les « anglophones » ou encore les « personnes racisées », auxquels il dit : « Arrêtez de voter pour ce parti qui fait plus de clientélisme […] qu’autre chose. »« Ils aimeraient avoir un véhicule comme Québec solidaire. Je pense qu’ils nous font confiance », indique-t-il.

Contre la convergence

Cependant, une alliance électorale avec le PQ stopperait toute avancée dans bon nombre de circonscriptions traditionnellement acquises au Parti libéral du Québec, avertit-il. Trois ans après l’épisode de la charte des valeurs, « ils sentent encore qu’il y a une menace pour eux avec le Parti québécois ».

Pour cette raison et bien d’autres, M. Lafrenière presse les membres de Québec solidaire de rejeter catégoriquement les appels du pied du PQ lors du congrès annuel de mai prochain.

L’homme âgé de 54 ans craint de voir QS être « piégé » dans une négociation par le PQ, qui a trahi sa « confiance » à plusieurs reprises dans le passé. « Je ne suis pas convaincu que [l’élection d’un gouvernement péquiste en 2018] améliorerait le sort de la population tant que ça », lance-t-il sans détour.

La question de la « convergence » divise les candidats au poste de co-porte-parole. En effet, Jean-François Lessard plaide en faveur d’une d’alliance non sans condition avec le PQ tandis que Gabriel Nadeau-Dubois a été peu loquace sur le sujet.

Peut-être que je suis l'anti-Gabriel là-dessus

 

« Leadership collaboratif »

Sylvain Lafrenière refuse de laisser le champ libre à l’ex-figure de proue du Printemps érable, qui, selon lui, n’a pas encore fait ses classes pour assumer les responsabilités de porte-parole.

Pour M. Lafrenière, QS a tout à gagner à compter sur un porte-parole qui, comme lui, « connaît un peu le parti ».

« Peut-être que je suis l’anti-Gabriel là-dessus. Ce n’est pas dans ma nature d’arriver dans une organisation que je ne connais pas et de me présenter tout de suite comme porte-parole ou chef », lâche-t-il.

Le militant communautaire promet d’exercer un « leadership collaboratif » si les membres le choisissent. L’entrée en scène de « GND », il y a plus de cinq semaines, en a bousculé plus d’un dans les rangs de la formation politique de gauche.

L’ex-porte-parole étudiant « est arrivé très ferme sur trois propositions » : moderniser l’implication militante dans le parti, recruter de nouveaux visages et favoriser une fusion avec Option nationale — ce à quoi s’oppose également M. Lafrenière.

« La fusion pose problème » puisqu’elle forcerait QS à mettre au rancard sa promesse de tenir une assemblée constituante ouverte. « J’y tiens encore. »

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