Québec élargit la politique contre le harcèlement sexuel

Le cas du député Gerry Sklavounos, au centre d’allégations d’inconduite sexuelle rapportées par des pages de l’Assemblée nationale, a confirmé l’importance d’encadrer ces situations délicates.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le cas du député Gerry Sklavounos, au centre d’allégations d’inconduite sexuelle rapportées par des pages de l’Assemblée nationale, a confirmé l’importance d’encadrer ces situations délicates.

L’employée d’un cabinet de ministre qui s’estime victime de harcèlement sexuel sera bientôt mieux outillée pour riposter et porter plainte.

Comme les quelques centaines d’autres membres du personnel qui compose les cabinets ministériels, elle sera assujettie à la même politique contre le harcèlement que les élus et le personnel de l’Assemblée nationale.

C’est ce qu’a confirmé en entrevue à La Presse canadienne la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Maryse Gaudreault. « C’est imminent », a-t-elle affirmé, fière d’avoir réussi à surmonter les obstacles administratifs sur sa route.

Étant donné que, sur le plan administratif, le personnel des cabinets (directeurs, attachés politiques, attachés de presse et personnel de soutien) relève de chacun des ministères, l’encadrement offert pour traiter les cas de harcèlement laissait beaucoup à désirer.

« Chaque ministère avait une politique différente », déplore Mme Gaudreault, satisfaite de savoir que, désormais, la politique contre le harcèlement sexuel ou psychologique, en vigueur depuis 2015, s’appliquera à tous uniformément, élus, personnel de l’Assemblée nationale, employés de cabinets ou de bureaux de circonscriptions.

Une fois la politique adoptée, il fallait préparer une formation à donner aux élus et à leur personnel, et surtout forcer la classe politique à prendre — enfin — ce problème au sérieux.

À ce propos, Mme Gaudreault raconte que le premier électrochoc est survenu en novembre 2014, quand le chef libéral fédéral Justin Trudeau a chassé du caucus deux de ses députés, Massimo Pacetti et Scott Andrews, à la suite d’allégations de harcèlement sexuel.

« Ça suffit »

À Québec, la question suivante a surgi : et si une situation semblable se produisait chez nous, que ferait-on?? Rien n’était prévu. C’est Françoise David qui est allée frapper à la porte du président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, pour lui dire : « Ça suffit, il faut adopter une politique contre le harcèlement, et vite. »

Plus récemment, le cas du député Gerry Sklavounos, au centre d’allégations d’inconduite sexuelle rapportées par des pages de l’Assemblée nationale, a confirmé l’importance d’encadrer ces situations délicates. Depuis, les 125 élus de l’Assemblée nationale, députés et ministres, y compris le premier ministre Philippe Couillard, ont reçu une formation sur le harcèlement

2 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 2 avril 2017 14 h 29

    Bravo! Enfin on se préoccupe des employées.

    Mais au fait, comment se préoccupe-t'on des harcelleur....?

    Et parmi ceux-ci, qu'advient-il de l'ancien ministre Pierre Paradis.

    Lee gouvernement se complaît dans les communications à caractère corporative! Ainsi il protège Pierre Paradis.

    Pourquoi ?

  • Christine Hernandez - Abonnée 2 avril 2017 19 h 56

    Nul n'est censé ignoré la Loi, surtout celleux qui l'ont votée ?

    On va se réjouir de cette décision. Cependant, j'ai du mal à comprendre qu'on aie besoin de former sur une Loi, ceux-la même qui l'ont votée. L'Assemblée n'aurait elle pas dû être le 1er employeur à se doter d'une politique au moment de l'entrée en vigueur de la Loi ?
    Quant à la question sur les accusations contre le député Pierre Paradis, elle est très pertinente. Aucune nouvelle depuis les timides articles parus en janvier dans les médias et le retrait de sa charge ministérielle. Étrange silence ...