Jean-François Lessard veut presser le pas

Militant de longue date, Jean-François Lessard affrontera Gabriel Nadeau-Dubois et Sylvain Lafrenière dans la course au poste de porte-parole masculin de QS.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Militant de longue date, Jean-François Lessard affrontera Gabriel Nadeau-Dubois et Sylvain Lafrenière dans la course au poste de porte-parole masculin de QS.

Jean-François Lessard veut faire de la convergence des forces indépendantistes et progressistes la question de l’urne de la course au poste de porte-parole masculin de Québec solidaire.

Le militant solidaire de longue date demandera aux membres de QS de rejeter « la théorie des petits pas », qui a permis de faire élire Amir Khadir, Françoise David et Manon Massé à l’Assemblée nationale au cours des dix dernières années. « Ça fait onze ans qu’on emploie la stratégie du petit train va loin. À ce rythme-là, on est majoritaires en 2228. Ça ne peut pas continuer comme ça ! » lance le résidant de la Vallée des Patriotes dans un entretien avec Le Devoir.

Porté par cette conviction profonde, M. Lessard annoncera officiellement sa candidature au poste de porte-parole masculin de QS lundi. Il affrontera Gabriel Nadeau-Dubois et Sylvain Lafrenière.

Le candidat « des régions » et de la « convergence » exhortera les membres de QS à donner leur feu vert dès le congrès de mai prochain à des « négociations » avec le PQ sur une « plateforme commune [qui] ser[virait] de guide pour le prochain mandat de quatre ans », de 2018 à 2022.

À ce rythme-là, on est majoritaires en 2228. Ça peut pas continuer comme ça!

 

« Est-ce que c’est un gouvernement minoritaire du PQ avec balance du pouvoir à Québec solidaire ? Est-ce que c’est un gouvernement de coalition ? » s’interroge à haute voix le cosignataire du Manifeste pour un Québec solidaire.

L’ébauche d’une plateforme électorale commune aux formations politiques indépendantistes et progressistes est à portée de main, est persuadé M. Lessard.

« Il y a des choses sur lesquelles on s’entend déjà avec le Parti québécois », souligne-t-il. Des exemples ? La nécessité de réformer le mode de scrutin, de mettre sur pied une assemblée constituante, de créer Pharma-Québec, d’affranchir le Québec des hydrocarbures, de réinvestir en éducation et en santé, de revoir la fiscalité des institutions financières, énumère-t-il.

« Les points de divergence, mettons-les de côté. Il y a en masse de quoi remplir un mandat de quatre ans », fait-il valoir.

Les solidaires pourraient ainsi voir « les principaux éléments de [leur] programme » mis en oeuvre dès le lendemain des élections générales de 2018. « La conscience du Parlement, c’est le fun, mais ça ne nous donne pas grand-chose », laisse-t-il tomber.

La mise au rebut du mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour constituerait nécessairement la « pierre angulaire » d’un pacte entre le PQ et QS, précise M. Lessard.

« Ça fait 15 ans qu’on se tape les libéraux, 15 ans de destruction systématique de l’appareil d’État. Il faut que ça arrête », martèle le père de deux filles de 6 et 8 ans. Une fusion Québec solidaire-Option nationale, comme le prône M. Nadeau-Dubois, ne suffira pas pour « sortir de la logique néolibérale », conclut-il.

À ses yeux, la conclusion d’alliances électorales QS-PQ apparaît incontournable pour barrer la route à la fois au Parti libéral du Québec et à la Coalition avenir Québec en 2018. « Mettons un scénario extrême comme un échange de comtés entre le PQ et QS dans 50 ou 60 circonscriptions. […] C’est un des scénarios envisageables. Il y en a plein d’autres. »

D’ailleurs, M. Lessard compte se présenter à l’investiture de QS dans la circonscription de Borduas « à moins qu’il y ait une entente qui fasse en sorte que les choses doivent se passer différemment ».

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