Québec ne résiliera pas l’entente avec Uber

De nombreux chauffeurs Uber ont reçu des constats d’infraction dans les derniers mois.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir De nombreux chauffeurs Uber ont reçu des constats d’infraction dans les derniers mois.

Le projet pilote avec Uber sera maintenu, et ce, malgré quelques ratés, ont déclaré tour à tour le ministre des Transports, Laurent Lessard, et le premier ministre, Philippe Couillard, mardi.

« En général, ils [Uber] donnent le service ; en général, ils fournissent les rapports ; en général, ils déposent les contributions », a dit M. Lessard, tout en précisant qu’il convoquera bientôt Uber à une rencontre « périodique » pour faire le point.

Les plus récentes données du Bureau du taxi de Montréal (BTM) montrent que 41 % des 473 chauffeurs d’Uber contrôlés n’étaient pas conformes, alors qu’environ 200 constats ont été donnés. La grande majorité des constats relèvent d’infractions mineures, soit que les chauffeurs n’affichaient pas leur affiliation avec Uber ou qu’ils n’avaient pas avec eux le rapport de vérification mécanique obligatoire. Certains chauffeurs ont aussi omis de déclarer leurs antécédents judiciaires.

L’entente conclue par Québec en septembre dernier avec Uber prévoit la fin des activités de cette dernière au Québec sans préavis en cas de non-conformité.

« Il avait signé un protocole disant : “À la première infraction, on arrête le protocole.” 219 infractions. Combien Uber peut faire d’infractions avant d’être tenu responsable par le premier ministre ? » a martelé le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, lors de la période des questions, mardi.

M. Couillard a soutenu que le projet pilote était nécessaire, et que les constats d’infraction sont la preuve que le système de contrôle fonctionne.

« Il n’y avait aucun contrôle auparavant, là-dessus, il n’y avait aucun contrôle, puis […] maintenant qu’il y a un contrôle, ça s’adonne qu’il y a des infractions, puis ça s’adonne qu’il y a des amendes. Avant, il n’y avait pas de contrôle, c’était fait clandestinement et c’était, ma foi, bien pire qu’aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le premier ministre s’est dit favorable à l’idée de dédommager les propriétaires de taxi, dont les permis ont vu leur valeur s’effondrer. Ceux-ci, qui se vendaient aux environs de 200 000 $ à Montréal avant l’arrivée d’Uber, se retrouvent désormais sur le marché à des prix avoisinant les 100 000 $. M. Couillard n’a toutefois pu préciser comment il entendait dédommager les propriétaires de taxi.

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