Anacolor devra réduire sa production

Le ministre du Développement durable, David Heurtel
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre du Développement durable, David Heurtel

L’entreprise Anacolor devra réduire de 50 % sa production à la suite de la suspension de son certificat d’autorisation par le ministre du Développement durable, David Heurtel.

Le ministre reproche à l’entreprise de ne pas en avoir assez fait pour réduire les nuisances et odeurs que ses activités font subir aux résidents du secteur. Le problème perdure depuis des mois.

« On parle de santé et de bien-être de la population, on parle de protection de l’environnement », a déclaré M. Heurtel en mêlée de presse mardi. « On parle de gens dans la rue, d’enfants qui sont obligés de rester à l’intérieur parce que les enseignants jugent que ce n’est pas propice d’aller dehors. »

Située dans le secteur de Cap-Rouge, Anacolor est spécialisée dans la peinture de pièces métalliques. Les odeurs de solvant à peinture qu’elle dégage lui ont valu 170 plaintes depuis 2012.

Elle a reçu ses premiers avis de non-conformité du ministère en 2013, mais la situation s’est détériorée depuis avec l’augmentation de sa production.

Le certificat d’autorisation qui est suspendu lui avait été délivré à l’automne. Il l’autorisait à augmenter sa production de 50 % à condition qu’elle réduise de 90 % ses émissions de composés organiques volatils (COV) avant le 1er février.

Des conditions qu’elle n’a pas « respectées », a signalé le ministre mardi. L’entreprise est dès lors obligée de diminuer sa production au niveau original, soit l’équivalent de ce qu’elle produisait « au début des années 2000 ».

Les résidents soulagés, mais sur leurs gardes

« Normalement, en réduisant la production de 50 %, il ne devrait plus y avoir d’odeurs parce qu’avant il n’y en avait pas », a réagi le maire de Québec, Régis Labeaume. « Je veux remercier [le ministre] très sincèrement », a-t-il ajouté. « Ça prenait du courage politique, et bravo. »

Le Regroupement pour la qualité de l’air à Cap-Rouge s’est quant à lui dit « soulagé ». « On sent que ça va dans le bon sens, mais ce n’est pas réglé », a déclaré sa porte-parole, Stéphanie Houde.

Ces derniers mois, Anacolor a contesté chacune des interventions du ministère devant le Tribunal administratif et, selon ce qu’a pu apprendre le Regroupement, ce serait le cas à nouveau cette fois-ci. Mardi, les dirigeants d’Anacolor n’ont pas donné suite aux appels du Devoir.

L’entreprise et le ministère devaient déjà se retrouver devant le Tribunal administratif cette semaine dans ce dossier parce que l’entreprise contestait les conditions que lui a imposées le gouvernement en septembre.

Or selon le ministre, le fait que des procédures soient déjà en cours devant le Tribunal administratif ne l’empêche pas de sévir. « On respecte le processus devant le Tribunal administratif du Québec, mais c’est à Anacolor de faire la démonstration de ce qu’elle prétend par rapport à notre certificat. »

En juin, un rapport de la Santé publique a établi que les émanations n’étaient pas toxiques, mais a aussi confirmé que les nausées et les maux de tête ressentis par la population provenaient bel et bien de là.