Cafouillage sur l’autoroute 13: Couillard présente «ses excuses»

Philippe Couillard a présenté <em>«ses excuses»</em> jeudi matin aux automobilistes victimes du cafouillage des autorités sur l’autoroute 13 Sud.
Photo: Radio-Canada Philippe Couillard a présenté «ses excuses» jeudi matin aux automobilistes victimes du cafouillage des autorités sur l’autoroute 13 Sud.

Le premier ministre Philippe Couillard a présenté ses excuses aux victimes du « cafouillage majeur » survenu sur l’autoroute 13 Sud durant la tempête hivernale dans la nuit de mardi à mercredi. « Oui, on faisait face à une situation exceptionnelle, mais la réponse à cette situation exceptionnelle n’a pas été proportionnelle à son ampleur », a-t-il déclaré jeudi avant-midi. « Maintenant il doit y avoir des conséquences », a-t-il ajouté.
 

M. Couillard a chargé l’ex-sous-ministre Florent Gagné d’effectuer une « enquête externe » qui retracerait le fil des événements avant, pendant et après la bordée de 47 cm de neige dans le secteur de l’aéroport international Montréal-Trudeau. Il devra démêler « les processus, surtout la coordination, de tous les acteurs ». Son rapport sera rendu public, a-t-il fait remarquer. Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée a « demand[é] que cet enquêteur ne fasse pas que nous dire quels ont été les processus ». « On veut qu’il nous dise qui a dit quoi, à qui, à quel moment, qui n’a pas fait son travail, et quelles sanctions doivent être posées pour les fautes professionnelles graves qui ont été commises au cours des 48 dernières heures, fautes professionnelles graves qui ont mis à risque la vie de centaines de Québécois », a-t-il déclaré.

En fin d'après-midi, jeudi, le MTQ a rendu publique sa propre chronologie des événements survenus sur l'autoroute 13.


Voyez les excuses du premier ministre Philippe Couillard.

 

Selon le chef caquiste, François Legault, « ce n’est pas le temps de faire des enquêtes, c’est le temps d’agir ». Il demande au premier ministre Philippe Couillard de désigner sans tarder un « redresseur » à la tête du ministère des Transports, qui est confronté à « un problème de gestion depuis longtemps ».
 

L’accusant d’avoir « laissé tomber les Québécois au moment où ils avaient besoin de lui », le Parti québécois, puis la Coalition avenir Québec ont tour à tour réclamé la démission du ministre des Transports, Laurent Lessard, jeudi matin. « De toute évidence, sur toute la chaîne, il y a eu des manquements graves. Il y a eu des fautes professionnelles. Il y a eu des bris de service. Il y a des gens qui n’ont pas fait le travail pour lequel ils sont payés et ces gens-là doivent répondre de leurs actes. La première personne qui doit répondre de ses actes, c’est le ministre des Transports, Laurent Lessard, qui hier a démontré hors de tout doute qu’il n’était pas à la hauteur de la tâche qui est la sienne », a déclaré M. Lisée dans un point de presse.

Le député Pascal Bérubé a rappelé que le MTQ avait fait un tapage médiatique avec des images d’un harfang des neiges captées par l’une de ses caméras sur le réseau routier québécois en janvier 2016. « Big Brother est tout autour de nous sur les autoroutes du Québec. […] Ils ont même attrapé un harfang des neiges qui est un bel oiseau. Ils ont mis la vidéo et l’image partout. Ils étaient fiers de cela. Je veux voir la bande de ce qu’ils ont des quelque 300 voitures bloquées sur l’autoroute 13 dans ces conditions », a-t-il lancé à la presse.

M. Lessard dormait à poings fermés pendant que quelques centaines d’automobilistes étaient laissés à eux-mêmes, bloqués sur le tronçon de l’autoroute, entre la 40 et la 20, durant toute la nuit de mardi à mercredi.
 

Il a relevé de ses fonctions la responsable de la sécurité civile au MTQ, Anne-Marie Leclerc, pour ne pas l’avoir « avisé » de la tournure des événements pendant la nuit et « enclencher le processus » d’urgence. Elle demeurera néanmoins sous-ministre adjointe au MTQ.
 

Il a aussi enjoint son ministère de « mettre fin » au contrat de l’entreprise Roxboro excavation qui est actuellement chargée du déneigement du tronçon de l’autoroute 13 sur l’île de Montréal.

 

Voyez le ministre des Transports, Laurent Lessard, s'exprimer devant les journalistes.

 

 

13 commentaires
  • Pierre Valois - Abonné 16 mars 2017 09 h 27

    Réclamer la tête

    Quand on voit quelqu'un se conduire un peu comme une poule dont on vient de trancher le cou (l'expression est connue: se conduire comme une poule pas de tête), il est déplacé de réclamer la tête de... la poule.

    À moins que ce ne soit, comme sous la Révolution frnaçaise, pour l'exhiber au peuple au sommet d'une pique.

    D'une démission à l'autre, le PM doit piger de plus en plus creux, dans sa besace, pour trouver des ministres qui savent "ministrer".

  • Placide Couture - Inscrit 16 mars 2017 09 h 29

    Y a-t-il un pilote dans l’avion?

    Quelle absence de sensibilité aux besoins de base des Québécois ! Après l’austérité imposée aux plus pauvres de notre société, les gens ordinaires risquent maintenant leur vie sur les routes du Québec. Il est difficile de ne pas penser que cette même austérité imposée à tous les ministères a peut-être causé cette tragédie sur l’autoroute 13. Comment comprendre autrement que, malgré la présence de 17 caméras braquées en permanence sur l’autoroute, personne n’ait rien vu venir ! ? Où bien il n’y avait personne pour surveiller les caméras ou bien tout le monde dormait, à commencer par le Ministre des Transports. Le Ministère des Transports et le Ministère de la Sécurité publique, dont ce gouvernement est responsable, n’ont pas faits leur job. Les citoyens qui paient leur salaire ont été complètement laissés à eux-mêmes. Imaginez la scène. Pendant que les hauts responsables dormaient à poings fermés, la conscience bien au repos, aux frais des contribuables merci, des gens ordinaires risquaient leur vie sur les routes du Québec. L’autre tempête du siècle faisait rage, mais eux regardaient passer le train. Cette tempête était prévue et annoncée depuis au moins trois jours par les services météo. Ce gouvernement a perdu contact avec le monde ordinaire, sinon avec la réalité tout court. Est-ce trop demander qu’il accorde aux Québécois au moins autant de sensibilité que celle qu’il accorde aux musulmans ? Faudra-t-il se convertir à l’islam pour attirer son attention ? Je suis scandalisé et révolté par tout ça. Si gérer c’est prévoir et planifier, ce gouvernement a lamentablement échoué et met la sécurité des gens en danger.

  • Donald Bordeleau - Abonné 16 mars 2017 10 h 08

    Malaise profond d'une chape de plomb au MTQ

    Il faut penser avant tout à la sécurité des usagers et non à sa carrière au MTQ.

    Normalement en cas de neige abondante les chasses neige font les dégagements au demi-heure ou au heure selon l'abondance de neige tombée. Aussi il peut être appliqué des abrasifs sec.

    On constate sur les vidéos que la circulation du la voie inverse est fluide avec le passage des chasses neige.

    Dans ce cas, le protocole n'a pas été appliqué par les responsables du MTQ.

    Normalement lorsque une tel voie est bloqué par une multitudes de véhicules on observe dans les minutes qui suivent une véhicule d'urgence du MTQ ou encore un véhicule de la S.Q comme signaleur du danger. Le blocage est survenu vers 18 h 00, finalement le MTQ est intervenu vers 06 h00 du matin. Donc la situation étant connu, cette voie aurait du être dégager vers minuit.

    Après plus de 12 heures le MTQ se réveille malgré les multiples appels de demande d'aide des automobilistes de la A-13.

    En fait c'est un problème de gestion dans l'administration du MTQ. Avec les cafouillages de la haute direction au MTQ de la gestion des dossiers connus en 2016
    Un grand ménage de la structure organisationnelle est urgente pour éviter des situations abracabrandes connues en mai 2016 avec l'enquête interne de Poéti et l'intervention ratée de la A-13.

    Il y a un manque flagrant de formation des inspecteurs et un manque de surveillance des travaux et de la mise en place des procédures d'urgence.

    Dans ce dossier on fera face à l’omerta des attachés politiques et des fonctionnaires du MTQ.

    Il faut se poser la question après le passage de Poéti au MTQ qui dérangait. Le MTQ est-il si puissant pour dicter une directive pour expulser un ministre au gouvernement?

    • Robert Beauchamp - Abonné 16 mars 2017 13 h 32

      Vraiment une enquête externe?
      Florent Gagné fut sous-ministre à la SQ, c'est lui qui enquête
      Florent Gagné fut sous-ministre au MTQ, c'est lui qui enquête
      Poëti provient de la SQ
      Poëti était ministre au MTQ, il a dérangé, il a été tassé.

  • Robert Beauchamp - Abonné 16 mars 2017 10 h 09

    Florent Gagné?

    Psychologue de formation. Sous-ministre à la SQ, sous-ministre au MTQ, témoin à la Commission Charbonneau tenant compte des postes occupés et qui finalement qui nous a finalement fourni un témoignage à plat. Retraité de la fonction publique et fut celui également qui a fourni des recommandations pour la libéralisation du sirop d’érable sous Pierre Paradis qui finalement tomba à plat. Il ne chôme pas ce monsieur, très recherché auprès du gouvernement, contre rémunération bien sûr. Il fournira un rapport qui plaira, ne comptons pas sur lui pour trouver des coupables de ce fouillis, sinon le méchant système qui restera anonyme.

  • Gilles Delisle - Abonné 16 mars 2017 10 h 25

    Plus qu'un cafouillage

    Au Québec, les tempêtes d'hiver existent depuis 1534, et depuis plus longtemps pour les autochtones! Bon an , mal an, on a de grosses et de petites tempêtes. Quand il y a mort d'hommes, c'est plus sérieux. Comment se fait-il qu'en 2017, notre société ne soit pas préparé pour affronter un tel scénario d'hiver, alors que les prévisions météo sont des plus précises que jamais, et que les moyens de communication sont omniprésents , ce qui n'était pas le cas pour la tempête-référence de mars 1971.