Après la tempête sur l’autoroute 13, la tempête politique

« Il faut faire mieux et mieux se coordonner », a déclaré Philippe Couillard.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne « Il faut faire mieux et mieux se coordonner », a déclaré Philippe Couillard.

Les autorités publiques ont failli à leur responsabilité première d’informer les automobilistes coincés sur le réseau routier en raison de la tempête hivernale, a concédé le premier ministre Philippe Couillard.

« Je me mets à la place du monde qui, aujourd’hui encore, sont pognés dans leur auto et qui n’ont aucune idée de ce qui va arriver. Le moins qu’on puisse faire, c’est de les informer comme il le faut… et déployer des services », a-t-il déclaré dans un impromptu de presse mercredi avant-midi.

M. Couillard appelle les ministères des Transports et de la Sécurité publique, les municipalités ainsi que les services d’urgence à « mieux se coordonner » lors d’événements climatiques extrêmes.

Revoyez l'intégrale du point de presse des ministres Lessard et Coiteux sur le sujet.

 

 

 

« Je comprends que la tempête est exceptionnelle. Je comprends que les mesures sont en cours. J’ai tout entendu ça. […] La réaction doit être proportionnelle au problème », a insisté le chef du gouvernement, tout en rappelant qu’« on savait qu’il y avait une tempête importante » qui allait balayer le Québec mardi et mercredi.

M. Couillard n’arrivait pas à croire que les individus au volant des quelque 300 véhicules immobilisés sur un tronçon enneigé de l’autoroute 13 Sud – entre les autoroutes 40 et 20 – aient dans certains cas attendu de longues heures avant d’obtenir de l’information sur l’aide à venir des services d’urgence. Il a brandi son téléphone intelligent: « Il existe des instruments comme ça où on peut, à partir du gouvernement, de la Sécurité civile, des ministères, informer le monde : " Dans tant de temps, on va être rendu à vous. On s’en vient. Attendez. " Au moins, ça diminue l’anxiété et l’angoisse des gens », a-t-il soutenu à la presse. « Disons qu’il y a quelqu’un qui est malade, qu’est-ce qu’on va faire pour aller la chercher ? Comme citoyen et premier ministre, c’est quelque chose qui me préoccupe ».

 

Plus tôt, ses ministres avaient demandé aux médias de faire preuve de patience. Invité à réagir, le ministre des Transports Laurent Lessard avait dit qu’il n’avait pas encore toute l’information pour expliquer ce qui s’était produit. « Des questions restent en suspens, on va les éclaircir. Tout à l’heure, je vais avoir les réponses », avait-il à l’entrée du caucus.

 

 

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale ont quant à eux pressé le ministère des Transports (MTQ) de justifier les ratés survenus sur l’autoroute 13.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, cherchait mercredi après-midi à trouver le «responsable» du fiasco. «Qui est responsable? Qui va perdre son job?» répétait-il lors d’une mêlée de presse mercredi après-midi. «Il y a des gens qui étaient gelés et personne ne venait à leur secours.»

M. Lisée trouve odieux de voir des automobilistes devoir défrayer eux-mêmes le remorquage de leur véhicule qu’ils avaient abandonné après plusieurs heures d’attente. «C’est un scandale à la puissance deux! Vous avez été laissé tout seul dans votre voiture pendant plusieurs heures alors que vous payez des taxes et des impôts pour être sauvé dans des situations comme celle-là et en plus on vous demande de payer 218 $», a-t-il lancé.

Inacceptable, juge le maire de Montréal

 

Le maire de Montréal, Denis Coderre, juge lui aussi « inacceptable » que des automobilistes soient restés coincés pendant plus de 13 heures sur l’autoroute 13 Sud en raison de la tempête. Le Service de sécurité incendie de la Ville de Montréal (SIM) n’a d’ailleurs jamais reçu de demande d’assistance de la part de la Sûreté du Québec (SQ), a indiqué Christian Legault, chef des opérations au SIM en entrevue à Radio-Canada.

 

La SQ a communiqué avec le SIM dans la nuit vers 2h30 pour s’informer des effectifs disponibles pour l’évacuation des automobilistes, mais par la suite, aucune demande d’assistance n’a été faite, a relaté M. Legault. N’ayant pas de nouvelles à 4h30, le SIM a, de sa propre initiative, envoyé des équipes, de l’eau et de la nourriture de même qu’un autobus doté d’une toilette pour venir en aide aux automobilistes.

Denis Coderre promet que la lumière sera faite sur cette affaire. « Personnellement, je trouve inacceptable que des gens soient restés pognés pendant 13-14 heures », a-t-il commenté mercredi matin lors de la réunion hebdomadaire du comité exécutif.

« Je comprends qu’il y avait une grosse tempête et un carambolage, mais je pense qu’on a quand même besoin de se demander pourquoi ç’a pris tant de temps que ça, d’autant plus que la 13 Nord était dégagée. Chose certaine, on va avoir besoin de réponses », a ajouté le maire.

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