Gabriel Nadeau-Dubois ralliera-t-il les militants de 2012?

Gabriel Nadeau-Dubois a annoncé son entrée en politique active jeudi dernier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Gabriel Nadeau-Dubois a annoncé son entrée en politique active jeudi dernier.

L’ancien porte-parole étudiant Gabriel Nadeau-Dubois, qui aspire maintenant à devenir co-porte-parole et député de Québec solidaire, pourra-t-il attirer dans son giron les jeunes avec qui il avait créé un lien fort lors de la crise étudiante de 2012 ? Selon une spécialiste de la question, le militant âgé de 26 ans pourrait au moins consolider les gains de Québec solidaire dans les dernières années auprès de ces électeurs et qui sait, peut-être en inciter d’autres à s’impliquer dans le processus politique.

Valérie-Anne Mahéo, chercheuse postdoctorale au Département de science politique de l’Université de Montréal, rappelle que les jeunes militants qui s’étaient mobilisés lors de la crise étudiante ont été beaucoup plus nombreux à se ranger derrière Québec solidaire (QS) lors des élections de 2012 et de 2014. En 2014, de jeunes électeurs avaient aussi migré du Parti québécois (PQ) vers QS.

Selon Mme Mahéo, les idées de Gabriel Nadeau-Dubois résolument à gauche et loin du nationalisme identitaire pourraient aussi aider QS à ratisser plus large chez les jeunes. Dans une recherche réalisée avec le politologue Éric Bélanger, la chercheuse a découvert que les jeunes de la génération Y — âgés de 18 à 34 ans — formaient le groupe d’électeurs qui étaient les plus à gauche et les plus contre la charte des valeurs proposée par le gouvernement péquiste en 2014. Cette génération était aussi celle qui a le moins voté pour le PQ en 2014, selon cette même étude rendue publique en septembre 2016.

Exercer son droit de vote

Mais encore faut-il que les jeunes votent. À la dernière élection, les Y étaient deux fois plus susceptibles de s’abstenir que la génération X.

« Il [M. Nadeau-Dubois] pourrait aller chercher certains jeunes qui ne votent pas parce qu’ils ne sont pas forcément intéressés, mais il y en a certains du mouvement étudiant, de la frange plus radicale, qu’il aura plus de mal à aller chercher », a prédit la chercheuse.

Le principal intéressé compte travailler pour rejoindre ces jeunes. M. Nadeau-Dubois reconnaît que ces électeurs tournent le dos aux manières traditionnelles de faire de la politique, mais il souhaite s’inspirer de Bernie Sanders, candidat malheureux à l’investiture démocrate aux États-Unis, qui a toutefois réussi à créer un mouvement constitué en partie des plus jeunes de la société.

« Il y a de plus en plus de gens, et de jeunes, intéressés par l’action concrète, [par le fait de] poser des gestes concrets, quotidiens pour atteindre des objectifs clairs », a-t-il soutenu en entrevue téléphonique.

« Le dernier exemple, c’est Bernie Sanders aux États-Unis, qui a construit sa campagne de cette manière-là en s’inspirant des mouvements citoyens, en utilisant beaucoup la technologie. Québec solidaire peut et doit prendre ce virage-là », a-t-il expliqué.

M. Nadeau-Dubois reconnaît que le fait d’entrer en politique active pourrait lui nuire auprès de certains jeunes, qui pourraient lui reprocher de faire des compromis comme c’est souvent le cas dans le travail parlementaire.

Les jeunes des régions

Un autre défi se pose pour Québec solidaire, qui devra aussi rejoindre les jeunes des régions. Québec solidaire demeure un parti enraciné à Montréal : en 2014, ses trois députés ont été élus sur l’île. Valérie-Anne Mahéo fait remarquer que le militant a pu se créer un réseau avec la tournée « Faut qu’on se parle », qui a organisé des événements dans les quatre coins du Québec.

Québec solidaire élira ses nouveaux porte-parole le 21 mai prochain. Quant à l’élection dans la circonscription de Gouin, la date n’est pas encore fixée, mais elle doit avoir lieu au plus tard le 19 juin prochain, selon la loi. L’investiture de Québec solidaire se déroulera le 26 mars prochain. Peu importe ce qui lui arrivera au terme de ce processus, M. Nadeau-Dubois affirme qu’il s’impliquera dans le parti.

« Je souhaite que ce soit à titre de député de Gouin, je souhaite que ce soit également à titre de co-porte-parole. Si c’est seulement un des deux, voire aucun des deux, ça ne change rien à ma décision profonde qui est celle de m’en aller en politique parce que je pense que le Québec a besoin d’un renouveau », a-t-il conclu.

16 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 12 mars 2017 19 h 28

    LE défi

    «créer un mouvement constitué en partie des plus jeunes de la société.»

    ET des moins vieux ET des plus VIEux.

    L'âge n'est surtout qu'un critère de référence, tout comme le sexe.

    La PERSONNE, d'abord et avant tout.

    Toute personne est âgée : de 5 ans, 18 ans, 40 ans, 80 ans ... !!

  • Christopher Auger Paré - Abonné 12 mars 2017 21 h 14

    Les jeunes et le PQ en 2012

    Étrange, Valérie-Anne Mahéo prétend que les jeunes ont plus voté pour QS en 2012 que pour le PQ. Il suffit pourtant de regarder les sondages de 2012 pour voir que c'est faux.

    http://www.lactualite.com/.../a-quel-parti-profite


    Christopher Auger-Paré

    • Gilles Théberge - Abonné 12 mars 2017 21 h 45

      Sans aller aussi loin, parce que je ne sais pas sur quoi s'appuie la chercheuse, cela tend à prouver selon moi qu'il se dit n'importe quoi au sujet de GND.

      Moi personnellement je ne le crains pas, parce qu'il a donné plusieurs exemples de son immaturité politique lors de son entrée politique. Notamment sa fameuse déclaration à l'effet qu'il faut ne s'est fait rien de bon au cours des trente denière sur années...

      Je remarque que GND n'a pas trente ans! Comment peut-il apprécier si justement ce qui s'est passé, au-delà de son âge?

      C'est un tigre de papier Gabriel Nadeau Dubois. Un simple tigre de papier!

    • Serge Morin - Inscrit 13 mars 2017 08 h 56

      C'était un publi-reportage.

  • Jacques Perreault - Abonné 13 mars 2017 05 h 10

    tigre, peut-être ; de papier, que non!

    Je regrette pour ses dénigreurs, mais ce jeune homme est bien articulé, bien formé dans son discours et sa pensée. Il est cohérent et congruent, c'est-à-dire qu'il se réfère à des principes généreux. Exigence fondamentale de justice sociale, mais aussi vision d'avenir pour une société vraiment inclusive, là ou pouvoirs et richesses seront mieux partagées. Il va tenir parole.

    Il ne craint pas l'adversité, la répression, même violente. Il a prouvé qu'il peut garder la tête froide même dans les situations les plus tendues, lors des manifestations du printemps 2012, notamment, alors que des tactiques policières extrêmes visaient à intimider et pousser à bout les participants, marées montantes de citoyens de tous poils.

    Il peut parler et écrire pour se faire comprendre d'un large public. Il entend bien illustrer que ses paroles correspondront à ses actes. Au lieu de mentir à ses adversaires il va préférer dire le vrai à ses supporters. C'est pourquoi il ne va condamner dans l'abstrait aucune tactique de lutte et aucune stratégie d'opposition à un régime corrompu qui pervertit en plus un système déjà violent.

    L'oppression, l'exploitation du travail, les aliénations diverses, idéologiques et culturelles, ça existe. De même que les injustices, les abus de tous pouvoirs, les magouilles. Je crois qu'il va tout faire pour éviter de mentir à ses concitoyens, tout en argumentant, avec rigueur et vigueur, contre les adversaires des réformes nécessaires. Il incarne un projet qui s'engage dans l'action.

    ET c'est surtout dans les débats, contre les manipulateurs, les cyniques, c'est là que vous allez le voir un tigre, peut-être. Mais pas de papier, désolé.

    Déjà les potentats s'inquiètent. Ils ne voudront pas s'y frotter de trop près. Ne sauront pas comment le contrer quand il fera appel au jugement et à la volonté populaire.

    Vent de fraîcheur ? Joyeuse tempête, oui, j'espère. Ventiler ces miasmes qui traînent toujours. Praxis.

    • Gilles Théberge - Abonné 13 mars 2017 10 h 41

      Il n'y a pas juste quand on s'affiche membre de QS qu'on peut être pour la vertu monsieur Perrault.

      Déclarer qu'il ne s'est fait rien de bon avant soi, autant dire avant moi le déluge n'est ce pas?

      La vie est un équilibre. Parfois certaines mesures sont de gauche, tandis que d'autre sont de droite, et en refuser certaines sur la base de la rectitude politique c'est un peu idiot.

      GND est malheureusement un idéologue qui se verra bientôt prisonnier de sa réthorique.

      J'en ai marre de la gauche caviar. La réalité est plus nuancée que ça, nonobstant ce que vous en pensez monsieur Perreault.

    • Gaetane Derome - Abonnée 13 mars 2017 17 h 49

      M.Perreault,

      QS n'a que 7% des votes et en aura moins en 2018..Ce parti ne sort du 514..

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 mars 2017 04 h 50

      Très bon commentaire M. Perreault.

      Et les péquistes qui nous répètent ad nauseam que le plus important c'est de sortir les libéraux devraient se garder une petite gêne et avoir un minimum de respect pour celui qui leur a pratiquement servi leur victoire en 2012 et aura mené un des plus formidables combats contre le Parti libéral au lieu de passer leur temps à le dénigrer.

      Christian Montmarquette

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 13 mars 2017 06 h 56

    Raviver l’indépendantisme

    Les partis politiques ne sont que des outils et l’indépendance n’est qu’un moyen. Le but est le bienêtre du peuple québécois en le libérant du colonialisme canadien.

    N’importe quelle personnalité publique qui travaille dans ce sens est mon ami.

    Cessons donc ces querelles intestines; les partisans du PQ, de l’QS et d’ON sont des frères et des sœurs, et non des ennemis.

    GND a son style. Oui, il est baveux. Oui, il manque parfois de nuance. Mais laissons-lui le temps de s’affiner.

    Pour l’instant, laissons-le donner un souffle nouveau au mouvement indépendantiste.

  • Gilles Teasdale - Abonné 13 mars 2017 11 h 05

    Il devrait prendre des cours d'histoire plutôt que de dire n'importe quoi.

    • Diane Gélinas - Abonnée 13 mars 2017 16 h 36

      Nadeau-Dubois termine sa majeure en Histoire, culture et société lors de la session d'automne 2012. Il entreprend par la suite une mineure en philosophie à l'Université de Montréal (...)

      Au terme de l’année 2016, Gabriel Nadeau-Dubois obtient le diplôme  Maîtrise en sociologie (Université du Québec à Montréal) (UQÀM)

      Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Nadeau-Dubois