«Une célébration, ça doit être inclusif», affirme Lise Thériault

La ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault

La ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, s’est rangée jeudi derrière la première dame du Canada, Sophie Grégoire Trudeau, qui a invité la population à profiter de la Journée internationale des femmes pour « célébr[er] les garçons et les hommes » investis dans la lutte pour l’égalité femme-homme.

« Une célébration, ça doit être inclusif », a fait valoir Mme Thériault dans une entrevue téléphonique avec Le Devoir au terme de sa mission économique au Japon au petit matin jeudi. « Si les femmes peuvent compter sur le support des hommes pour être capables d’avancer, je pense qu’il faut être capable d’en tirer profit », a-t-elle ajouté.

La vice-première ministre du Québec n’était pas sans savoir que Mme Grégoire Trudeau avait provoqué une controverse en appelant sur les réseaux sociaux la population canadienne à « célébr[er] les garçons et les hommes qui nous encouragent à être qui nous sommes vraiment, qui traitent les filles et les femmes avec respect et qui n’ont pas peur de parler haut devant les autres ».

La sortie de la première dame s’inscrit dans la campagne onusienne « He for She » (Lui pour elle) incitant les hommes à s’engager pour les droits des femmes, à laquelle adhère notamment le premier ministre japonais, Shinzō Abe, a fait remarquer Mme Thériault, à quelques jours du rendez-vous annuel d’ONU femmes à New York auquel elle prendra part. « M. Abe fait lui-même la promotion de la place des femmes en disant que les hommes doivent aider les femmes à prendre leur place. »


Congé de taxes


L’élue « féministe à [sa] manière » a profité de son séjour au Japon afin de partager « l’expertise particulière du Québec en matière d’égalité entre les femmes et les hommes », notamment avec des femmes d’affaires japonaises. Elle leur a vanté les « modèles québécois » des centres de la petite enfance (CPE) et du Régime québécois d’assurance parentale, qui ont « donné des résultats positifs » — au premier chef, l’accroissement du nombre de femmes sur le marché du travail. Aux prises avec une pénurie de main-d’oeuvre, M. Abe « est vraiment à l’affût de ce qui se passe ailleurs ».

En contrepartie, Mme Thériault dit vouloir attirer l’attention de ses collègues du Conseil des ministres sur un « congé de taxes » octroyé par le gouvernement japonais aux nouveaux parents afin de leur permettre de « faire face aux nouvelles dépenses », et ce, en plus des prestations de remplacement du revenu versées durant les congés de maternité et de paternité. « C’est vraiment une bonne manière de voir les choses », a-t-elle fait valoir à l’autre bout du fil. Elle en fera mention à coup sûr dans son rapport de mission.

 
Égalité hommes-femmes

Mme Thériault s’est défendue d’avoir passé sous silence cette année la Journée internationale des femmes. Le premier ministre Philippe Couillard prononcera une déclaration dès la reprise des travaux à l’Assemblée nationale, la semaine prochaine, afin de souligner à rebours le 8 mars, a-t-elle mentionné au Devoir.

« On a sorti un communiqué. On a [diffusé des messages] sur les réseaux sociaux », a-t-elle souligné, citant en exemple la campagne d’information visant à promouvoir une plus grande participation des femmes à la vie politique. « Les groupes de femmes ont des revendications. Ils vont toujours en avoir. Honnêtement, je pense qu’on a été très, très, très présent », a-t-elle martelé, tout en promettant de dévoiler la stratégie gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes d’ici le 21 juin prochain. « Lorsqu’on annonce de nouvelles mesures, c’est sûr qu’il y a du financement garanti », a-t-elle précisé.

Enfin, la ministre a tourné en dérision la promesse du Parti québécois (PQ) d’atteindre une « zone de parité [hommes-femmes] dans ses candidatures » aux prochaines élections. Selon elle, l’opposition officielle ne prêche pas par l’exemple. Le PQ n’a présenté que trois candidates dans les 13 élections partielles organisées depuis le printemps 2014 (une proportion de 23 %), comparativement à cinq pour la Coalition avenir Québec (38,5 %) et huit pour le Parti libéral du Québec (61,5 %). « Nous avons fait élire des femmes plus que les autres partis ! » a-t-elle lancé.

9 commentaires
  • Jean-François - Abonné 8 mars 2017 23 h 29

    Nuance

    Mme.Thériault

    Votre Parti n'a pas fait élire des femmes; il a fait élire des Libérales dans des comtés Libéraux gagnés d'avance... Ce pourrait donc être n'importe qui.

    Votre raisonnement est encore une fois totalement biaisé par votre partisanerie...

    La meilleure preuve est l'acharnement que vous avez eu contre Pauline Marois.

    Pour le féminisme avec vous on repassera!

    Mais ça on le savait déjà...

    • Donald Bordeleau - Abonné 9 mars 2017 21 h 48


      Pas facile pour Madame Thériault pour son parcours récent, elle doit se battre contre son parti. Les plombs vont sauter au PLQ.

      Très réducteur comme attitude de cette personne, elle est très mal à l'aise de s'exprimer en cette journée internationale des femmes.

      Comme l'an passé Madame Thériault semble pédaler dans la semoule.

      Elle pourrait faire un petit stage dans un des Calacs, elle pourrait savoir que la culture du silence doit être placé au cœur du débat pour dévoiler les traumatises que les femmes et les enfants subissent dans notre milieu.

      http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1021305/lise-t

    • Diane Boissinot - Abonnée 10 mars 2017 00 h 29

      M. Malette, vous écrivez: «Votre Parti n'a pas fait élire des femmes; il a fait élire des Libérales dans des comtés Libéraux gagnés d'avance... Ce pourrait donc être n'importe qui.»
      Je rappelle qu'autrefois, tous partis confondus, on avait l'habitude de réserver ces comtés sûrs aux hommes. Les cadidates féminines étaient casées comme «pôteaux» dans les comtés perdus d'avance. Admettez qu'il y a amélioration générale, tous partis confondus.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 9 mars 2017 06 h 58

    N'est-il pas étranger que la vice-premiere ministre

    vante les CPE au Japon alors qu'ici le PLQ lui coupe les vivres et favorise les garderies privées. Leur ramage mensonger n'améliore pas leur plumage au contraire.

  • Yvon Bureau - Abonné 9 mars 2017 07 h 09

    La Journée de la Personne

    Pour bientôt?

    Il m'arrive souvent de commencer mes conférences par «Chères personnes».
    C'est simple.
    C'est inclusif.
    C'est rassembleur.
    C'est noble.
    C'est en hauteur et en profondeur.
    C'est honorant tout et chacun.
    C'est touchant.
    C'est porteur de sourire approbateur.

    Personnes conférencières, essayez !

    Avec humour : nous venons tous du pays Personnie.

    En attendant, sagesse oblige, OUI+++ à cette Journée de la Femme.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 9 mars 2017 07 h 15

    … diffusé !

    « La ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault, s’est rangée jeudi derrière la première dame du » (Marco Bélair-Cirino, Le Devoir)

    Devant ou derrière, l’important est de faire quelque chose susceptible d’épauler filles et femmes dans leur démarche respective, et ce, en cette Journée mondiale de la Femme, une journée concernant, à part égale, tout autant le monde féminin que ceux du masculin et du transgenre (?) !

    De plus, de cette Journée, commercialisée ou exorcisée ?, la thématique du jour, celle provenant de l’ONU, devrait prévaloir sur celle de sa concurrence éventuelle ou ponctuelle ? qui, certes honorable, risque de contribuer au débat sociétal, habituellement et autrement soutenu initialement par des « féministes », surtout celles d’inspiration-actualisation féminine !

    De nécessité, ou selon ?, ce genre de Journée, et de ce jour Celle de la Femme, donne cette opportunité de s’arrêter quelque instant pour réfléchir, exemplifier, intégrer et valoriser, inclusivement ou selon, son message-thème ;

    Un message-thème qui, escamoté ou politisé ?, rappelle l’importance de l’entraide et mutualité au sein de la « différence » qui, en rencontre-de-société, donne moins à paraître qu’à devenir-être ce qu’elle fait et est ce dont elle vit avec et de l’autre.

    Un tel message, de solidarité et mutualité humaine, se mérite d’être …

    … diffusé ! - 9 mars 2017 -

  • Marc Tremblay - Abonné 9 mars 2017 09 h 11

    Première dame?

    Le concept de première dame n'existe pas dabs les monarchies comme le Canada, seulement dans les républiques.