Lise Thériault n’accorde pas d'entrevues pour la Journée internationale des femmes

La ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, est actuellement en mission au pays du Soleil levant.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne La ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, est actuellement en mission au pays du Soleil levant.

Le Japon veut s’inspirer du Québec en matière d’intégration des femmes au marché du travail, mais le gouvernement Couillard refuse d’aborder le sujet.

La ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, est actuellement en mission au pays du Soleil levant pour quelques jours, cependant elle a décliné les demandes d’entrevue de La Presse canadienne depuis lundi, même pour la Journée internationale des femmes. Les critiques n’ont d’ailleurs pas tardé à se faire entendre à l’Assemblée nationale.

Le Japon souffre d’une pénurie de main-d’oeuvre, toutefois il traîne de la patte en ce qui a trait à la participation féminine au marché du travail parmi les pays industrialisés. En vertu de l’indice sur l’écart des sexes élaboré par le Forum économique mondial, le Japon arrivait 101e sur 145 en 2015, à égalité avec le Swaziland.

Le premier ministre Shinzo Abe a déjà déclaré que la main-d’oeuvre féminine est « la ressource la plus sous-utilisée » du pays et que « le Japon doit devenir un pays où les femmes brillent ».

Mercredi, dans le cadre de la Journée internationale de la femme, Mme Thériault, qui est aussi vice-première ministre du Québec, devait rencontrer des femmes d’affaires japonaises.

Elle devait aussi s’entretenir avec la directrice générale du Bureau de l’égalité des sexes, Keiko Takegawa, qui est responsable de la condition féminine au Japon. Selon le communiqué, Mme Thériault avait pour objectif de « faire valoir l’expertise particulière du Québec en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, alors que le Japon cherche à augmenter la participation des femmes japonaises au marché du travail ».

«Le décalage ne facilite pas les choses»

Saisi d’une demande d’entrevue adressée à Mme Thériault depuis lundi matin, son attaché de presse, Karl Sasseville, a répondu mercredi matin que « le décalage de 14 heures ne facilite pas les choses en matière de communication » et que « malheureusement, ce ne sera pas possible de réaliser l’entrevue pendant la mission ».

Avant même que la mission de Mme Thériault ne soit rendue publique, La Presse canadienne avait tenté d’aborder le sujet à maintes reprises depuis deux semaines avec le ministère des Relations internationales (MRI), qui tardait à commenter et à détailler la nature des échanges.

Puis, vendredi dernier, 3 mars, une fois la mission annoncée, le MRI s’est désisté en invitant La Presse canadienne à contacter plutôt l’attaché de presse de la ministre de la Condition féminine.

À titre de comparaison, la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a accordé au cours des dernières années un très grand nombre d’entrevues pendant ses missions à l’étranger, quels que soient les horaires, le décalage ou le lieu.

La députée indépendante de Vachon à l’Assemblée nationale et candidate à la direction du Bloc québécois, Martine Ouellet, a blâmé Lise Thériault pour son silence.

« Je trouve ça dommage et décevant », a-t-elle déclaré dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

« Ça envoie comme message que cela ne fait peut-être pas partie de ses priorités. On n’a pas senti de sa part des engagements forts en matière de condition féminine. [...] Elle n’a pas été actrice de support et de changement », a-t-elle dit.

Mme Ouellet a du même souffle reproché au gouvernement libéral un ensemble de décisions « qui vont à l’encontre de l’émancipation des femmes », notamment des compressions en éducation, en santé et dans les Centres de la petite enfance (CPE).