Manon Massé veut relancer son parti, à la «croisée des chemins»

Manon Massé en conférence de presse le 2 mars dernier. Dimanche, la députée solidaire a insisté sur le fait qu’elle n’appartient pas à l’«establishment».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Manon Massé en conférence de presse le 2 mars dernier. Dimanche, la députée solidaire a insisté sur le fait qu’elle n’appartient pas à l’«establishment».

Se présentant comme une politicienne proche du « monde ordinaire », la députée de Québec solidaire Manon Massé a confirmé dimanche son intention de succéder à Françoise David comme co-porte-parole du parti, en indiquant que sa formation politique se trouve « à une importante croisée des chemins ».

La représentante de la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques, qui occupe déjà le rôle de porte-parole par intérim depuis le départ de Mme David, tentera de se faire élire de manière permanente lors du congrès de la formation politique en mai prochain.

« Ma réflexion sur la suite de cet intérim n’a pas été longue, ni difficile, a déclaré Mme Massé. Nous sommes à une importante croisée des chemins à Québec solidaire. Je crois profondément que notre parti a la capacité de rassembler et de toucher le coeur d’un nombre de plus en plus grand de gens. Ce sont des qualités qu’on me reconnaît largement et qu’en tant que porte-parole, je mettrai sans relâche au service de ce nécessaire renouveau politique. »

Je vais porter [la parole des membres] à ma façon, avec mon franc-parler, avec mes images qui touchent le cœur des gens

Pour le « monde ordinaire »

Prenant la parole devant des militants et des proches, Mme Massé a insisté sur le fait qu’elle n’appartient pas à l’establishment et qu’elle compte représenter les laissés-pour-compte.

Sa candidature, a-t-elle dit, « envoie un message que nous autres, le monde ordinaire, on peut se préoccuper de la politique, que ce n’est pas si compliqué qu’ils nous le laissent entendre ».

« Je vais porter [la parole des membres] à ma façon, avec mon franc-parler, avec mes images qui touchent le coeur des gens, a-t-elle ajouté. Je suis capable de parler de ce à quoi ressemble le transport en commun parce que, toute ma vie, j’ai pris le transport en commun. Je suis capable de parler de ce que ça veut dire être une personne itinérante, dans la rue, parce que je les côtoie depuis plusieurs années. »

La députée solidaire a également abordé la question énergétique, montrant du doigt le « pétrole sale ». « Il est d’une extrême urgence de sortir du pétrole. On en a les moyens, c’est juste que les profiteurs, ceux qui font de l’argent avec ça, nous font croire qu’on n’est pas capables. Alors que nous, nous savons que c’est possible si on se met ensemble. »

Place à la relève

Rappelons que vendredi, le second porte-parole de Québec solidaire et président du parti, Andrés Fontecilla, a annoncé qu’il ne briguera pas ces deux postes lors des prochaines élections internes, préférant laisser place à la relève.

Il a indiqué qu’il se concentrerait plutôt sur le travail de terrain pour tenter de remporter la circonscription de Laurier-Dorion en 2018.

Cette circonscription est actuellement détenue par Gerry Sklavounos, un député libéral devenu indépendant dans la foulée d’allégations d’inconduite sexuelle.

Depuis mai dernier, les statuts et règlements de Québec solidaire prévoient la nomination d'un porte-parole masculin et d'une porte-parole féminine, en plus d'un ou d'une présidente. Sylvain Lafrenière a déjà manifesté son intérêt pour succéder à M. Fontecilla à titre de porte-parole masculin.

13 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 5 mars 2017 19 h 55

    … ?!? …

    « Je crois profondément que notre parti a la capacité de rassembler et de toucher le cœur d’un nombre de plus en plus grand de gens. Ce sont des qualités qu’on me reconnaît largement et qu’en tant que porte-parole, je mettrai sans relâche au service de ce nécessaire renouveau politique. » (Manon Massé, députée, QS)

    De cette honorable citation, douceur merveilleuse :

    Tout en saluant les compétences de la future co-porte-parole de QS, cette « capacité » de rassembler et de toucher fait-elle partie de ce « nécessaire renouveau politique » ou est-elle une façon autre de politiser un « renouveau » qui serait comme assis, ou selon, sur d’ancienne monture idéelle ?

    … ?!? … - 5 mars 2017 -

    • Jean Jacques Roy - Abonné 6 mars 2017 09 h 46

      ..."fait-elle partie de... ou est-elle une façon autre de politiser un "renouveau"..."

      Pourquoi ne serait-elle pas en même temps l'une et l'autre! Faisant partie du courant pour le renouveau politique, n'est-elle pas bien placée, à sa façon, de continuer à le renouveller, à le politiser?

      ... 6 mars 2017

  • Gilles Bonin - Inscrit 6 mars 2017 07 h 19

    Mme la députée

    Si Québec solidaire est à la croisée des chemins, bravo de le constater. Surtout, après la mobilisation que vous avez animé pour sauver la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques, n'oubliez pas que vous avez réussi grâce à la solidarité et à l'action transpartisanes, comme le souligne avec à propos et justesse Daniel-Jean Primeau, président de l'Association du Parti québécois de cette circonscription, dans une lettre au devoir parue ce lundi 6 mars.

  • Gilles Théberge - Abonné 6 mars 2017 09 h 43

    Bonne chance Manon!

    Mais, elle n'a pas le vécu de Françoise David.

    Ça va être difficile à cette politicienne, sortie tout droit des milieux communautaires de prétendre au sérieux des autres chefs de parti.

    Sans compter que c'est un parti régional d'opposition!

    Bonne chance quand même.

  • Jacques Patenaude - Abonné 6 mars 2017 09 h 48

    Son défi

    Son défi sera de rallier plus que la base actuelle. Il faudra qu’elle soit capable aussi de rallier à QS les gens des régions, mais aussi les ouvriers qui vivent en banlieue et qui ne se sentent pas concernés par les discours actuels. Repolitiser ceux-ci est possible et je l’en crois capable. Un discours inclusif qui parle aussi à ce monde est essentiel pour l’avenir de notre société.

  • Jean-Charles Morin - Abonné 6 mars 2017 10 h 50

    Dans la marge encore et toujours.

    Un parti qui ne représente que les marginaux se condamne lui-même à rester marginal. Un abonnement à vie au bas de l'échelle, en quelque sorte.

    • Christian Montmarquette - Abonné 6 mars 2017 11 h 27

      "Un parti qui ne représente que les marginaux.." - Jean-Charles Morin

      Comment un parti politique qui reçoit 10% d'appuis général dont 17% des francophones peut-il ne représenter que des marginaux?

      Une fois de plus, certains péquistes se contentent de galvauder des préjugés au lieu de faire de la politique.

      Consternant.

      Christian Montmarquette

    • Jean-Charles Morin - Abonné 6 mars 2017 14 h 32

      Monsieur Montmarquette,

      Après vérification des données, il apparaît que Québec Solidaire a obtenu aux dernières élections l'appui de 323,124 voteurs, soit 7,63% du total des voix exprimées et moins de 9% du vote francophone en supposant qu'il n'y a que des francophones qui votent pour ce parti.

      On est loin du compte en ce qui concerne les chiffres que vous avancez plus haut.

      J'aime bien discuter avec vous, à la condition toutefois de ne pas le faire à partir de données fantaisistes tirées d'on ne sait où.

      En ce qui me concerne, un parti qui n'obtient que 7,63% du vote, même s'il clame sur tous les toits qu'il est le parti du "vrai monde", reste un parti marginal promis à une influence minimaliste à l'Assemblée nationale.

      C'est dommage sans doute et peut-être consternant comme vous dites mais c'est comme ça.

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 mars 2017 04 h 50

      ÀJean-Charles Morin

      "J'aime bien discuter avec vous, à la condition toutefois de ne pas le faire à partir de données fantaisistes tirées d'on ne sait où." - Jean-Charles Morin

      Je n'ai pas dit 10% du vote, mais 10% d'appuis général ou populaires (stables entre les élections), et qui ont même déjà atteint les 15% au plus forts des sondages.

      Christian Montmarquette

      Référence :

      "Depuis sa création, le parti a augmenté ses appuis lors de chaque scrutin, récoltant 7,6 % des voix — 323 000 votes — en 2014. Il oscille entre 10% et 15% dans les sondages depuis quelques mois." - Alec Castonguay, 4 juil. 2016

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 mars 2017 05 h 35

      À Jean-Charles Morin,

      J'ajouterai que si vous voulez parler de chiffres farfelus et de marginalité.

      Vous devriez parler du 107,000 votes qu'il faut à QS pour faire élire un seul député. Alors qu'il n'en faut que 25,000 au Parti libéral et 35,000 au PQ.

      Ce qui est plus que consternant. Mais insulte aux électeurs et aux électrices du Québec et un profond mépris de la la justice et de la démocratie.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 mars 2017 09 h 43

      "Un parti qui ne représente que les marginaux se condamne lui-même à rester marginal." - Jean-Charles Morin

      - Pensez-vous sincèrement que le 50% des électeurs et électrices de Gouin et le 46% de Mercier sont des personnes marginales??

      - Franchement n'importe quoi.

      C'est même à se demander qui fait des déclarations farfelues ici.

      Christian Montmarquette