Le projet de réforme de la carte électorale soulève les passions

La députée solidaire de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir La députée solidaire de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé

Le projet de nouvelle carte électorale a déclenché une levée de boucliers. La Commission de la représentation électorale (CRE) a été ensevelie sous quelque 4000 mémoires, messages électroniques et téléphoniques sur le nouveau scénario de refonte de la carte électorale, prévoyant notamment la disparition de la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques, il y a trois semaines, a appris Le Devoir.

Par comparaison, la CRE avait reçu 300 documents de toutes sortes au sujet du projet initial de refonte de la carte électorale, qui a été dévoilé il y a près de deux ans. Celui-ci proposait la fusion des circonscriptions d’Outremont et de Mont-Royal, en plus de l’abolition de la circonscription de Saint-Maurice (cette mesure figure aussi dans la deuxième mouture), afin de créer deux circonscriptions dans les régions des Laurentides et de Lanaudière, qui ont connu un boom démographique au fil des dernières années.

La députée solidaire de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé, n’arrivait pas à croire que le « fier monde de Centre-Sud » bénéficierait d’à peine 15 jours pour dissuader la CRE d’aller de l’avant, contrairement à près de deux ans pour les résidants des circonscriptions d’Outremont et de Mont-Royal, en plus de l’abolition de la circonscription de Saint-Maurice.

Je pense qu’on a vraiment réussi à se faire entendre, à faire entendre la parole citoyenne.

 

Elle saura mercredi si la CRE a été sensible aux arguments des résidants du quartier Centre-Sud de Montréal.

Dans les rangs de Québec solidaire, l’espoir reste ténu après le rejet la semaine dernière par la Cour supérieure d’une demande d’injonction de deux militants de QS qui cherchaient à forcer le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) à suspendre la refonte de la carte électorale.

QS a pour sa part échoué à convaincre le gouvernement libéral d’appeler le projet de loi 790, qui aurait suspendu le processus de délimitation des circonscriptions électorales prévu à la Loi électorale jusqu’au 16 juin prochain.

Mme Massé n’écartait pas lundi la possibilité de contester devant les tribunaux la nouvelle carte électorale si celle-ci prévoit toujours la création de la circonscription de Ville-Marie à partir des lambeaux des circonscriptions actuelles de Sainte-Marie–Saint-Jacques, de Westmount–Saint-Louis et d’une partie de Saint-Henri–Sainte-Anne. « Je pense que nous avons dit tout ce que nous avions à dire, et j’espère que les quelques heures qu’il restait à la CRE pour réaligner leurs flûtes auront servi à sauvegarder Sainte-Marie–Saint-Jacques », a-t-elle déclaré lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.

1 commentaire
  • Stéphanie Deguise - Inscrite 28 février 2017 16 h 12

    Plusieurs raisons de se battre

    -Se battre pour faire admettre que ce projet de nouvelle circonscription est une véritable aberration
    -Se battre pour exprimer ses mauvais (et justes) pressentiments à l'égard de ce projet (avec 300 interventions en deux ans contre 4000 en quinze jours, un quartier favorisé a remporté la manche avant le match; que restera-t-il de nos voix quand on les aura fait disparaître sous l'ombre de Westmount et du quartier des affaires?)
    -Se battre pour garder Manon Massé à l'Assemblée (qu'on soit partisan de QS ou non)
    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/491678/sa