Des citoyens demandent à David Heurtel de forcer la fermeture d’une usine à Québec

L’usine de coloration de pièces métalliques est située en plein coeur de leur quartier résidentiel.
Photo: Aleksandar Georgiev Getty Images L’usine de coloration de pièces métalliques est située en plein coeur de leur quartier résidentiel.

À un mois du passage de l’usine de peinture Anacolor devant le Tribunal administratif, les citoyens du secteur de Cap-Rouge, à Québec, qui en subissent les nuisances réclament des actions immédiates pour qu’on interrompe ses activités.

« Encore aujourd’hui, l’école a dû faire rentrer les enfants à l’intérieur sur l’heure du midi parce que les odeurs étaient d’une intensité insupportable », s’indigne Stéphanie Houde, du Regroupement contre la pollution de l’air à Cap-Rouge.

L’usine de coloration de pièces métalliques est située en plein coeur de leur quartier résidentiel. En juin, un rapport de la Santé publique dévoilé par Le Soleil a établi que les émanations n’étaient pas toxiques, mais a aussi confirmé que les nausées et les maux de tête ressentis par la population provenaient bel et bien de là.

Mme Houde, qui milite activement dans ce dossier, demande au gouvernement de forcer la fermeture de l’usine en déposant une demande d’injonction interlocutoire.

Rencontre Labeaume-Heurtel ce matin

À l’automne, le ministère du Développement a délivré un certificat d’autorisation pour forcer la compagnie à investir dans un épurateur d’air censé réduire de 90 % les émissions. Anacolor conteste sa validité devant les tribunaux.

La cause doit être entendue devant le Tribunal administratif à partir du 20 mars, mais pour les résidants, c’est trop long. « On en a encore pour un mois d’ici aux audiences du 20 mars, ça n’a pas de bon sens », lance Mme Houde.

C’est pour cela que son Regroupement presse le gouvernement de présenter en cour une requête d’injonction interlocutoire. Une demande relayée par la Coalition avenir Québec jeudi. « Si le ministre déposait la demande d’injonction qu’on lui demande d’imposer, on pourrait [faire] pression sur l’entreprise pour qu’elle revienne à la raison », a déclaré le député du secteur de Cap-Rouge, Éric Caire.

Le gouvernement du Québec en viendra-t-il à cela ? Jeudi, le ministre du Développement durable, David Heurtel, est resté évasif sur la question. « Il faut respecter le processus judiciaire », a-t-il dit. Toutefois, il a laissé entendre qu’on n’aurait pas nécessairement à attendre jusqu’à l’audience du Tribunal administratif pour que le dossier progresse. Lorsque Le Devoir lui a demandé si le dossier resterait en suspens d’ici au 20 mars, il a rétorqué : « Je n’ai pas dit ça. »

M. Heurtel et le maire de Québec, Régis Labeaume, se rencontrent d’ailleurs vendredi matin à Montréal pour faire le point.

Mme Houde souhaite par ailleurs que la Ville de Québec exclue Anacolor de ses appels d’offres. L’entreprise a notamment participé au projet du Centre Vidéotron dans le passé.

Anacolor se défend

Jeudi, l’entreprise a brisé un long silence en déclarant dans un communiqué qu’elle faisait tout le nécessaire pour régler le problème. « Depuis 2013, l’entreprise est fermement engagée dans un plan d’amélioration de ses installations et procédés », écrit-elle en affirmant qu’elle pense ainsi pouvoir réduire ses émissions de 77 % « à terme ».

Elle promet en outre d’installer d’ici la fin du mois de mars un épurateur et d’utiliser un vernis et des peintures moins dérangeants. Enfin, elle s’engage à rendre publics les résultats de ses campagnes de prélèvements.

2 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 24 février 2017 06 h 23

    c'est de la santé des gens dont nous parlons

    peut- on laisser une compagnie empoisonner tout un quartier, et utiliser tout les moyens légaux pour y parvenir, quand il s'agit de la santée des , ne serait-il pas normal que cette compagnie soit soumise a des amendes importantes et exécutoires sur le champ

    • Brigitte Garneau - Abonnée 24 février 2017 13 h 28

      Mais si c'est bon pour l'économie M. Paquette! La santé des gens, ce n'est qu'un malheureux détail dans la philosophie de ce gouvernement...le pire, c'est que j'exagère à peine. Misère! Et dire que notre PM est médecin!