Le DPCP n’a subi aucune pression politique, assure le PLQ

M. Perrino est sauf, «à moins [que le chef caquiste] ait d’autres éléments à [lui] présenter», a laissé entendre Philippe Couillard.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne M. Perrino est sauf, «à moins [que le chef caquiste] ait d’autres éléments à [lui] présenter», a laissé entendre Philippe Couillard.

L’ancien patron de la firme BCIA, Luigi Coretti, se livre à une lutte sans merci avec le haut fonctionnaire de l’État québécois, Pietro Perrino.

L’homme d’affaires déchu allègue dans Le Journal de Montréal avoir obtenu un permis de port d’armes après avoir appelé à l’aide M. Perrino. Pourtant, il avait essuyé auparavant deux refus de la Sûreté du Québec.

M. Coretti comptait en faire la démonstration lors de son procès pour fraude de plus de 5000 dollars, fausses déclarations et fabrication de faux documents, mais celui-ci s’est écroulé sous le poids des délais jugés déraisonnables en novembre dernier.

« Il y a une bombe qui allait sauter au Parti libéral et elle a été désamorcée avec l’annulation du procès Coretti », a lancé le député caquiste Simon Jolin-Barrette, dans le Salon bleu mercredi. « M. Coretti voulait convoquer à son procès l’ancien premier ministre libéral Jean Charest, son ancien ministre […] Jacques Dupuis ainsi que le numéro deux du gouvernement actuel […] Pietro Perrino », a-t-il ajouté, tout en brandissant la liste des pièces à conviction saisies au quartier général de BCIA le 30 juin 2010. « [Ceux-ci] relèvent de nombreux liens entre les investissements de FIER et ceux de M. Perrino chez BCIA. »

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a tenté de dissiper toute impression que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a retiré les chefs d’accusation pesant contre M. Coretti en raison d’« influences politiques ».

À la rescousse de Perrino

Le chef caquiste, François Legault, a pour sa part exigé le départ de l’ancien organisateur libéral Pietro Perrino, actuellement « numéro deux de la fonction publique, avec un salaire à vie de 179 000 $ par année ».

Le premier ministre, Philippe Couillard, est venu une nouvelle fois à la rescousse de M. Perrino. Il a révélé avoir effectué de « nouvelles vérifications » sur les faits allégués par M. Coretti dans Le Journal de Montréal. « M. Perrino nie formellement être intervenu de quelque façon que ce soit pour l’obtention d’un permis », a-t-il affirmé en chambre. Bref, M. Perrino est sauf, « à moins [que le chef caquiste] ait d’autres éléments à [lui] présenter », a laissé entendre M. Couillard.

Une nouvelle tentative des partis d’opposition de forcer M. Perrino — qui a fait l’objet d’« évaluations très positives » depuis son arrivée dans la fonction publique, selon M. Couillard — à comparaître en commission parlementaire a échoué.

En décembre dernier, M. Jolin-Barrette avait dévoilé une correspondance entre Luigi Coretti et Pietro Perrino, s’étendant du 15 septembre 2009 au 25 mai 2010. L’entreprise BCIA a déclaré faillite le 27 mai 2010 après avoir fourni aux investisseurs et aux prêteurs, notamment Investissement Québec et Desjardins, de faux chiffres. « Dans BCIA, c’est mon argent que j’ai investi, que j’ai perdu aussi. On s’est fait fourrer. On voulait le voir [Luigi Coretti] en prison », avait déclaré Pietro Perrino dans un entretien avec Le Devoir.

9 commentaires
  • Gilles Racette - Abonné 23 février 2017 05 h 59

    Si ma mémoire est bonne,

    l'agence de Mr.Coretti sans permis,fournissait alors les agents de sécurité en devoir au Quartier-général du SPVM et de la SQ, suite a la recommandation du chef Delorme du SPVM qui était alors le conjoint de la vice-première ministre Nathalie Normandeau; quand la chose est devenue publique, en anglais on dirait 'when the shit hit the fan', Mr. Delorme qui venait de signer un nouveau contrat a la tête du corps de police, à subitement décidé de prendre sa retraite et l'histoire, nébuleuse a souhait ne semble pas avoir eu de suite auprès du ministre de la justice du parti des Tizamis. Ces fins de procès pour délais trop longs sont souvent une vraie bénédiction pour plusieurs qui sont redevables au système politique, judiciaire et ainsi tourne la roue....

  • Jean-Marc Simard - Abonné 23 février 2017 07 h 25

    Un jour la vérité va sortir...

    Plus les PLQuistes attendent pour régler le problème de corruption et de collusion sous le gouvernement charest, plus ça va faire mal, car le chat va un jour sortir du sac...Un jour la vérité va sortir et ça va faire très mal...La gouvernance sous Charest ne s'en tirera pas à si bon compte...Les Libéraux et chartest seraient aussi bien de se mettre à table et avouer... Toute vérité avouée est vite pardonnée...Mais tant que cette vérité ne sera pas dite, les soupçons continueront à gangrèner la vie politique de ce parti...

  • Robert Beauchamp - Abonné 23 février 2017 10 h 18

    Pression politique?

    Pas besoin de faire pression lorsque le ''cheuf" vous assure votre nomination.

  • Donald Bordeleau - Abonné 23 février 2017 10 h 53

    Une patate brulante pour le PLQ et la mairie de Montréal maintenant une ville refuge.


    Monsieur Philippe Pichet n'a pas respecter la ligne d'autorité. Normalement c'est au maire Coderre de faire le premier contact avec le ministre Coiteux qui suite à l'analyse des allégations prend la décision pour la suite des choses.

    Dans le cas présent, se sont des subalternes qui prennent les décisions en état de panique.

    Le ministre Coiteux doit bientôt prendre la décision de remettre finalement le dossier au BEI, cela est confirmé par plusieurs experts.

    Le règne Monsieur Philippe Pichet va finir bientôt, car il a était impliqué dans tout ce cafouillage de fabrication de preuve au SPVM.

    Comme jadis Monsieur Yvan Delorme avec Jacques Dupuis et Coretti pour les multiples allégations passées sous les radars.

    Maintenant le ministre Coiteux continue dans ce cafouillage en se peinturant dans le coin.

    Triste de situation de la justice ou la ministre de la Justice a été mise de côté par le PM.

  • Colette Pagé - Inscrite 23 février 2017 11 h 24

    Un poste au-dessus de tous soupçons.

    Tant que le Directeur de la Sûreté du Québec ne sera pas nommé par l'Assemblée nationale et que son renouvellement relevera du Conseil exécutif, ministère du PM, il devra accepter compromis, compromissions et interventions politiques.
    Car si le courant ne passe pas son renouvellement est foutu.

    Bien qu'inapproprié pour des raisons d'impartialité , ce comportement humain est compréhensible. Il incombe aux décideurs politiques de ce poste au-dessus de tous soupçons.

    • Donald Bordeleau - Abonné 23 février 2017 14 h 46


      En campagne électorale, le chef libéral Philippe Couillard s’était engagé à dépolitiser le processus de nomination du directeur général de la SQ.

      M. Prud’homme est le gendre de Robert Lafrenière, commissaire de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

      M. Lafrenière a lui-même été sous-ministre à la Sécurité publique, avant d’être nommé à l’UPAC, en mars 2011. Il avait été remplacé par son gendre, qui était avant cela sous-ministre adjoint au même ministère.

      Bizarre le processus dépolitiser pour des liens familiales de proximité.

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/421780/le