Québec solidaire lance une tournée de consultations populaires sur de possibles alliances électorales

La députée de Québec solidaire dans Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir La députée de Québec solidaire dans Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé

Québec solidaire (QS) lance un Chantier du Renouveau politique 2018 dans le but de réfléchir sur la possible collaboration avec d’autres partis politiques en vue des prochaines élections provinciales.

Les porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé et Andrés Fontecilla, en ont fait l’annonce dimanche lors d’une conférence de presse à Montréal. À leurs yeux, il est primordial de rassembler les forces progressistes et indépendantistes québécoises d’ici le prochain scrutin.

« Vous êtes en colère contre le gouvernement Couillard ? Vous croyez qu’il est temps de passer à autre chose après vingt ans d’immobilisme ? Passons à l’action », a déclaré Andrés Fontecilla.

Cette stratégie permettra de mieux déterminer la forme éventuelle que pourront prendre ces alliances. « Nous cherchons avant tout à rassembler les gens engagés dans les organisations progressistes qui partagent notre constat du blocage politique actuel et qui désirent, comme nous, trouver une formule novatrice pour changer la donne », a ajouté Manon Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques.

Les membres de QS devront se prononcer officiellement sur le sujet lors du prochain congrès au mois de mai prochain.

À travers le Québec

Le parti organisera ainsi une série de rencontres avec les citoyens, orchestrées par les associations locales de QS aux quatre coins de la province, avant de prendre une décision. Une attention toute particulière sera donnée aux voix marginalisées, comme celle des Premières Nations et des minorités visibles.

Le 8 avril prochain, le parti compte aussi tenir une journée de réflexion et de discussion sur de possibles alliances électorales avec le Parti québécois et Option nationale. Cela prendra la forme d’un panel diffusé sur Internet, invitant les associations à se rencontrer pour échanger sur ce thème.

Selon Mme Massé, les membres des groupes syndicaux, des organisations communautaires et des comités de citoyens seront notamment invités à profiter de ces tribunes pour s’exprimer.

La députée a ajouté qu’il y a bien des femmes et des hommes qui aspirent « à pousser les différents gouvernements successifs à aller dans le sens du bien commun » ainsi qu’« à adopter des mesures qui servent au monde ordinaire ».

Interviewée par La Presse canadienne, dimanche, elle a spécifié que ce sont leurs voix que son parti souhaite entendre. « L’idée, c’est de rentrer en dialogue avec ces gens-là pour voir avec eux comment dénouer l’impasse politique au Québec parce que, présentement, c’est bloqué, et les institutions ne vont pas bien », a-t-elle lancé.

Manon Massé a pris le soin de préciser que, personnellement, elle ne connaît pas de panacée pour redresser la barre et que les membres de Québec solidaire ne veulent pas se contenter de se lancer en quête de solutions potentielles en vase clos.

« On veut les chercher avec des gens de la société civile et se laisser influencer par eux », a-t-elle reconnu humblement.

Rappelons que le Parti québécois (PQ) a annoncé le 13 février dernier qu’il ne présenterait pas de candidat pour l’élection partielle dans Gouin, la circonscription laissée vacante par le départ de Françoise David, de QS.

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, a justifié son geste par une volonté de favoriser la convergence des deux partis afin de pouvoir battre les libéraux. Cette décision n’a toutefois pas été bien reçue par QS, qui y voit « des considérations tactiques ».

14 commentaires
  • Bernard Morin - Abonné 19 février 2017 19 h 22

    Il n'y a évidemment pas de considérations tactiques chez Québec solidaire!

    • Christian Montmarquette - Abonné 19 février 2017 22 h 10

      À Bernard Morin,

      "Il n'y a évidemment pas de considérations tactiques chez Québec solidaire!" - Bernard Morin

      C'est complètement faux.

      Amir exclut toute alliance avec un PQ devenu aussi à droite et néolibéral que le Parti libéral. Mais il n'a justement pas rejeté l'idée de certains pacte électoral "stratégique dans certaines circonscriptions, ce qui est toute une autre histoire.

      Christian Montmarquette

      Référence :

      "Amir Khadir exclut toute «alliance» avec le PQ" :

      « Il n'y aura jamais, au grand jamais, une alliance politique entre le Parti québécois, qui est un parti d'austérité, qui est un parti qui a appliqué des politiques néolibérales depuis au moins 1996, le sommet socioéconomique de M. Bouchard... Il n'y aura jamais, jamais, jamais d'alliance politique », a asséné M. Khadir. (...) « Si jamais il y a quelque chose, ça pourrait être des ententes limitées de non-agression, des accords de non-concurrence, ce qui n'est pas une alliance », a précisé M. Khadir." - La Presse, 26 janvier 2017

      .

    • Jean Jacques Roy - Abonné 20 février 2017 10 h 41

      Monsieur Morin, c'est justement des réflexions de méfiance et d'hostilité telles que celle que vous émettez qui laissent voir clairement qu'une frange importante des membres de votre parti sont les premiers à ne pas croire JFL qui invite à la convergence. Pourquoi les partisans de QS croiraient-ils en la sincérité des propos de vos chefs si les péquistes sont les premiers à savoir que Lisée se dirige à l'électorat et non pas à la direction de QS!

      Pour arriver à un semblant de "convergence entre "partis". il faudrait s'entendre sur des "contenus", pas seulement sur des trucs pour séduire les électeurs et les électrices. Comme le souligne Monsieur Montmarquette reprennant le sens des propos d'Amir, tout au plus faut-il envisager des pactes de non agression et des ententes ponctuelles sur certains dossiers avec le PQ. Il est évident que ni le PQ, ni QS peuvent envisager d'aller plus loin que ça. Et QS, contrairement à JFL, n'a pas l'habitude de laisser croire qu'il y a "convergence" lorsque c'est pas le cas.

      En fait, Monsieur Morin, ce qui sépare politiquement nos partis respectifs ne tient pas à des conflits personnels. C'est l'histoire de nos partis reciproques. Nos partis se sont enracinés aux pôles opposés dans les divisions sociales qui marquent la société Québécoise. Le PQ s'est tranquillement installé dans le monde respectable des élites bourgeoises, ce qui explique en grande partie le fait que nous ne nous entendons ni sur les objectifs communs de transformations sociales et moins encore sur les moyens concrets pour changer la réalité. N'est-ce pas là le fond des problèmes de tiraillement qui reviennent périodiquement dans l'histoire du PQ?

      Pour mieux illustrer les divergences, voyons les objectifs des partis face aux prochaines élections. Le PQ et la CAQ se disputent le trône de Couillard pour gérer l'économie néolibéral. QS pour sa part c'est le néolibéralisme et l'austérité qu'il veut dëtrôner.

    • Raymond Labelle - Abonné 20 février 2017 12 h 50

      La considération tactique que je vois de la part du PQ dans ce geste est de faciliter les négociations futures avec QS pour des ententes ponctuelles dans certaines circonscriptions, ce qui pourrait être avantageux pour les deux formations.

    • Patrick Boulanger - Abonné 20 février 2017 13 h 55

      @ M. Labelle

      Voici des hypothèses M. Labelle :

      Le PQ ne présente pas de candidat pour ne pas nuire à un possible rapprochement avec QS.

      Le PQ ne présente pas de candidat pour éviter une probable défaite qui nuirait à l'influence de M. Lisée au sein du PQ en tant que chef.

      Le PQ ne présente pas de candidat pour économiser de l'argent et de l'énergie devant une probable défaite dans Gouin.

      Le PQ ne présente pas de candidat pour éviter une probable défaite humiliante devant la possible prochaine tête d'affiche de QS : Gabriel Nadeau-Dubois. En ne présentant pas de candidat, la victoire de ce dernier - s'il se présente -, va être beaucoup moins impressionnante même s'il récolte un haut pourcentage de vote. En outre, il n'égratignera presque pas le PQ durant sa campagne - ce qui n'est pas négligeable pour cette formation politique.

      M. Labelle, je ne serais pas surpris que le choix de ne pas présenter de candidat péquiste dans Gouin dépend de toutes ces raisons, dans une certaine mesure. Il ne faut pas oublier que M. Lisée avait un sondage en main pour ce comté avant de prendre la décision de ne pas présenter un candidat péquiste dans Gouin pour ne « pas se déchirer » avec QS.

    • Raymond Labelle - Abonné 20 février 2017 15 h 41

      À M. Boulanger. En effet, il pourrait y avoir un peu de tout ce que vous énumérez dans les considérations tactiques du PQ.

      Les hypothèses que vous soulevez sont fort sensées et plausibles.

      Mais le procès d'intention, même lorsqu'il pourrait être bien fondé, demeure hypothétique et nuit aux bonnes relations.

      De votre point de vue, je comprends votre réserve à seulement accepter la raison officielle donnée pour le PQ pour son geste.

      Malgré tout, ne référer qu'à cette raison officielle du PQ pourrait peut-être aussi aider QS à faciliter ses négociations avec le PQ.

      Il y a des possibilités d'ententes "gagnant-gagnant" d'un point de vue électoral entre le PQ et QS.

      La politique ou la diplomatie sont des arts délicats et il peut être quelquefois difficile de réprimer, pour les exercer, l'expression de ce que l'on croit, ou même sait, être vrai.

    • Raymond Labelle - Abonné 21 février 2017 10 h 21

      "La politique ou la diplomatie sont des arts délicats" - il n'est pas interdit non plus, dans les négociations non publiques avec le PQ de mentionner que si le PQ a fait un geste dans Gouin, QS aurait quand même eu toutes les chances d'y être élu même sans ce geste. Une faveur, un geste, un pas, on le reconnaît, oui, mais...

  • Pierre Ferland - Abonné 20 février 2017 06 h 49

    Merci

    Merci a QS , cette initiative apporte du vent frais...je pense qu'il faut changer l'air!

  • Patrick Boulanger - Abonné 20 février 2017 09 h 21

    « Le chef du PQ, Jean-François Lisée, a justifié son geste par une volonté de favoriser la convergence des deux partis afin de pouvoir battre les libéraux. Cette décision n’a toutefois pas été bien reçue par QS, qui y voit « des considérations tactiques » ».

    Cet éditorial du Devoir met notamment en relief l'idée qu'il y a possiblement des considérations tactiques derrière la décision du PQ de ne pas présenter de candidat dans Gouin : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/491690/co

  • Gilles Théberge - Abonné 20 février 2017 09 h 46

    Tiens donc, ils viennent de comprendre qu'ils ne peuvent être élus en dehors de leur base, le "plâto"...

    Y est jamais trop tard pour comprendre.

    Grand bien leur fasse.

    • Patrick Boulanger - Abonné 20 février 2017 13 h 05

      Il y a de l'avenir en dehors du plateau pour QS, M. Théberge. Parlez-en à Carole Poirier du PQ qui doit appréhender la prochaine élection générale.

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 février 2017 15 h 58

      À Gilles Théberge,

      "Tiens donc, ils viennent de comprendre qu'ils ne peuvent être élus en dehors de leur base, le "plâto"..." - Gilles Théberge

      QS a fait de très bons scores dans Hochelaga-Maisonnneuve: 2e avec 30% des voix; Centre-Sud: élue avec 30% des voix; Laurier-Dorion: 2e avec 27% des voix et Gouin: lue avec 50% des voix;

      - Vous commencez à avoir le Plateau pas mal écartillé Théberge.

      Si j'étais vous, je prendrais un petit cours de géographie appliqué.

      Quant au PQ, il n'a pas de quoi pavoiser, puisqu'il a perdu 220,000 membres depuis 1982; a encaissé son pire score électoral depuis 1970 en 2014 et que sa moyenne d'âge est de 61 ans.

      Christian Montmarquette

    • Michèle Cossette - Abonnée 22 février 2017 17 h 28

      M. Montmarquette, ne pavoisez pas trop vite. Nous sommes nombreux dans Laurier-Dorion à avoir voté QS aux dernières élections (et, dans mon cas, aux précédentes aussi) parce que nous ne pouvions accepter le virage à droite du PQ sous Pauline Marois.

      Cependant, nous ne nous attendions pas à un gouvernement aussi néolibéral que celui de Couillard. Ce qui nous semble le plus urgent aujourd'hui, c'est de mettre les libéraux dehors, et ce n'est pas en votant QS que nous y arriverons.

      Il est faux de dire que le PQ est aussi néolibéral que le Parti libéral. C'est vrai qu'ils sont à blâmer du côté de l'aide sociale, et dans d'autres domaines aussi, mais c'est quand même au PQ que nous devons les congés de maternité bonifiés, l'assurance-médicaments et les CPE (magnifique réseau que les libéraux sont en train de démanteler). Pour les femmes, ces mesures ont constitué de grandes avancées.

      Aujourd'hui que Marois est partie, il faudrait que le PQ la joue vraiment mal pour que je ne vote pas pour lui aux prochaines élections. Ou bien qu'il ne présente pas de candidat dans la circonscription.

      Parce que ma priorité, c'est de sortir Couillard, point final.

  • Colette Pagé - Abonnée 20 février 2017 10 h 07

    Initiative à saluer !

    Au lieu de poursuivre sa détestation et de minimiser le geste posé par le PQ en l'associant à des considérations tactiques QS a décidé cette fois d'une initiative qui l'honore.

    Une initiative permettant de déboucher sur des solutions concrètes reposant sur le réalisme politique permettant une alliance stratégique des forces souverainistes.