Couillard veut faciliter l’accès à l’emploi aux immigrants

Le problème de la discrimination à l’emploi «va bien au-delà de la reconnaissance des diplômes», estime Émilie Nicolas, ajoutant qu’il existe aussi des «barrières systémiques».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le problème de la discrimination à l’emploi «va bien au-delà de la reconnaissance des diplômes», estime Émilie Nicolas, ajoutant qu’il existe aussi des «barrières systémiques».

Le problème de la discrimination à l’emploi « va bien au-delà de la reconnaissance des diplômes », estime Émilie Nicolas, ajoutant qu’il existe aussi des « barrières systémiques ».

Le premier ministre Philippe Couillard semble désormais pressé de faire adopter le projet de loi 98, qui favorisera l’intégration des immigrants au marché du travail. Accompagné par les deux ministres concernées par ce dossier, soit Kathleen Weil à l’Immigration et Stéphanie Vallée à la Justice, le chef du gouvernement libéral a dit vouloir s’attaquer aux barrières qui empêchent les immigrants de trouver un emploi et croit que son projet de loi sera adopté « assez rapidement ».

Représentant 46 ordres, la présidente du Conseil interprofessionnel du Québec s’est montrée étonnée d’un tel empressement, étant donné que, depuis le dépôt du projet de loi en mai et les consultations publiques au mois d’août dernier, le dossier n’avance guère. « Je ne sais pas s’il a fait ça dans le contexte actuel où le gouvernement doit avoir l’air de faire beaucoup de choses pour l’immigration, s’est demandé Gyslaine Desrosiers après avoir écouté son point de presse. Mais il n’a rien dit là-dessus depuis le mois de mai. »

Le projet de loi 98 modifiera diverses lois concernant l’admission aux professions et la gouvernance du système professionnel. Le taux de chômage des nouveaux arrivants « est encore trop élevé », a dit M. Couillard, expliquant qu’il est de 9,8 % pour les immigrants du Québec, mais de 15 % pour ceux arrivés au cours des cinq dernières années.

Quand bien même il y aurait une enquête, que voulez-vous qu'on fasse?

 

Les ordres professionnels sont prêts à collaborer et se disent ouverts à des modifications de gouvernance, notamment en ce qui a trait à la composition de leurs conseils d’administration. Le point délicat concernait toutefois l’élargissement des pouvoirs d’un commissaire aux plaintes, qui deviendrait un « commissaire à la reconnaissance des compétences et à l’admission aux professions » avec pouvoirs d’enquête sur ce qui empêche l’accès à l’emploi des immigrants. « On était déçus de cette proposition-là », a reconnu Mme Desrosiers, mentionnant qu’il y a d’autres solutions prioritaires pour régler le problème.

D’autres priorités

Selon elle, il est injuste que les ordres professionnels soient « constamment sur la sellette », car de nombreux problèmes d’intégration à l’emploi ne relèvent pas d’eux, mais plutôt des décisions ministérielles. « En commission parlementaire, l’Ordre des infirmières disait que 700 infirmières étaient prêtes à intégrer le système, mais elles ont besoin d’un stage de deux mois. Ce n’est pas la mer à boire. Mais à cause des coupes, il n’y a pas un hôpital qui peut les prendre », a souligné Mme Desrosiers. « Quand bien même il y aurait une enquête, que voulez-vous qu’on fasse ? » Dans le cas d’une vingtaine de professions du domaine de la santé régies par des ordres, les places sont contrôlées par le ministre lui-même. Elle ajoute que des 4500 candidatures étrangères reçues annuellement, le taux de reconnaissance est de 95 %.

La porte-parole de Québec inclusif, Émilie Nicolas, croit qu’il est « important » que le projet de loi 98 soit remis en avant, mais que le problème de la discrimination à l’emploi « va bien au-delà de la reconnaissance des diplômes ». « Il y a des barrières systémiques qui se recoupent, entre le sexisme et le racisme. Il y a en effet des discriminations qui touchent surtout les femmes immigrantes », fait remarquer celle qui demandait récemment une commission sur le racisme systémique. Revoir la composition des ordres professionnels pour qu’ils soient plus « représentatifs » ne fera pas de tort, conclut-elle.

4 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 15 février 2017 04 h 44

    "Le premier ministre Philippe Couillard semble désormais pressé de faire adopter le projet de loi 98, qui favorisera l’intégration des immigrants au marché du travail."
    C'est sûr qu'est devenu beaucoup plus compliqué pour ces Français de France qui avaient le grave défaut d'un peu trop vouloir s'intégrer à nous Québécois, cela aidera en matière d'intégration des immigrants !
    Je retiens mes mots à l'endroit de Monsieur Couillard et ses sbires pour m'éviter le déclassement immédiat et compréhensible de commentaires...
    Eux qui ont réussi à se faire porter à la tête de notre Etat toujours pas libre et qui nous prennent ouvertement pour une bande, ou une tribue comme le disait leur gourou, père du gourou canadien d'aujourd'hui, ne méritent même pas que cela m'advienne.
    Alors, je leur offre ici mon silence irrespectueux.

    • Donald Bordeleau - Abonné 15 février 2017 16 h 35

      Un des outils intéressants dont le Québec des régions disposait pour favoriser cette connaissance et cette intégration était l'expertise de représentants du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion (MIDI).

      De plus les organismes comme le SANA, qui font un travail colossal, ne peuvent pas tout faire non plus. Ils ont moins de ressources depuis l'abolition des CLD et des CRÉ pour tout faire.

      Mais au début de 2015, les bureaux régionaux de Sherbrooke, Gatineau, Québec et Trois-Rivières ont été fermés au nom de l'austérité.
      Coupures budgétaires par le PLQ, l’immigration n’est pas épargnée.

      Plus de 142 organismes ( MIDI ) y goûtent envers les femmes et les émigrants. Taux de chômage de 12% des émigrés.
      Abolition des CRÉ et des CLD et une coupure de 300 M$ pour les municipalités.

      Donc 300 millions de moins pour l'aide aux devoirs, les forums jeunesses, les centres d'actions bénévoles, aide aux émigrées, les Calacs et etc... étaient là pour aider les personnes en formation et en entreprises pour la réinsertion au travail, diminution de l'aide au devoirs, ces coupures font très mal aux centres d'aide pour les femmes et aux émigrées.

      À l'heure où le premier ministre lance des appels à la solidarité et à des examens de conscience, le gouvernement pourrait lui-même donner l'exemple avec le projet de loi 98 en redonnant de moyens aux régions des bureaux offrant les services du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion.

      http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/opinions/edi

  • Gilles Théberge - Abonné 15 février 2017 10 h 05

    Oh boy...!

    Pendant que les pauvres immigrants piétinent devant l'absence d'emploi, il y a quelques centaines de juristes qui sont obligés de poursuivre une grève pas symbolique du tout....

    Es des milliers de professionnels sans contrat de travail. Qui ne demandent quà signer leur convention de travail...

    Etc.

    Mais ça presse d'ouvrir les portes, (quelles portes?) pour les immigrés...

    Avec ou sans niqab monsieur Couillard ?

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 15 février 2017 13 h 18

    Vous êtes pas sérieux...?!

    Avec un titre pareil...vous faites soit dans l'ironie, soit dans la partisanerie ! Surtout lorsque Gyslaine Desrosiers de la CIQ se questionne dans le même sens que moi...(peut-être pour des raisons autres... mais quand même?)

    Si vous n'êtes pas responsable du titre...en tête de votre article...transmettez mon commentaire à qui de droit.