Aide à Bombardier: une raison de faire l’indépendance

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée

L’aide apportée par Ottawa à Bombardier est nettement insuffisante aux yeux du chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, qui y voit un argument de plus pour réaliser l’indépendance du Québec.

« À quoi ça sert exactement d’être dans ce pays-là si, quand notre industrie aérospatiale […] demande de l’aide [elle] n’est pas écoutée ? » a-t-il demandé dans un point de presse mercredi. « Je pense qu’on serait mieux de faire l’indépendance. »

Le chef péquiste reproche au gouvernement fédéral de s’être contenté de prêter de l’argent à l’entreprise au lieu d’investir et de partager le risque comme l’a fait le gouvernement du Québec.

Comme négociateur, Philippe Couillard a fait la démonstration qu’il était un pee-wee, un amateur

 

Le fédéral s’est engagé à prêter 372,5 millions à Bombardier pour soutenir les activités de recherche et développement des programmes CSeries et Global 7000. En 2015, le gouvernement du Québec avait quant à lui acheté une participation de 49,5 % au programme CSeries, l’équivalent de 1 milliard. Il espérait qu’Ottawa double la mise.

Jean-François Lisée reproche au gouvernement fédéral d’avoir été beaucoup plus généreux envers l’industrie automobile ontarienne qu’envers Bombardier, un « fleuron québécois ». « Le gouvernement canadien a décidé de prendre notre argent et d’investir 10 milliards de dollars. […] Ils ont pris le risque. »

11 commentaires
  • Serge Picard - Abonné 8 février 2017 08 h 59

    EXEMPLES DE FÉDÉRALISME RENTABLE MAIS À L’EXTÉRIEUR DU QUÉBEC

    Après l’aide du gouvernement fédéral de 13.5 milliards à l’industrie automobile de l’Ontario.

    Le fédéral a octroyé des contrats évalués à 33 MILLIARDS de dollars pour la rénovation et la construction des navires militaires canadiens aux chantiers de Vancouver en Colombie Britannique et d’Halifax en Nouvelle-Écosse.
    Mais aucun contrat pour le chantier Davie au Québec.

    Pourtant le Chantier Davie du Québec un des meilleur chantier maritime en Amérique du Nord, le Chantier de Lévis, le plus important au Canada, a reçu en février dernier la mention « Meilleur constructeur naval nord-américain » par Lloyd's List North American Maritime Awards 2015, devant la General Dynamics NASSCO, un important constructeur de navires militaires des États-Unis.

    Le Chantier Davie lui a décroché un FARAMINEUX CONTRAT DE 13,6 MILLIONS $ pour la modernisation d'UN NAVIRE de la Garde côtière du Canada.

    Et maintenant l'aide financière s'élèvera à 372 millions de dollars du fédéral pour aider Bombardier à passer au travers des dernières certifications une vrai farce. Le Québec bashing et le dénie de nos francophones de services contre les aspirations économique du Québec n’a pas de limites.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 8 février 2017 18 h 41

      On aime ça les milliards nous aussi!

      À part son prêt minime à Bombardier, quand est-ce que le fédéral va subventionner le Québec par exemple pour les éoliennes? L’Ontario l’a été pour l’énergie atomique et pour l’industrie automobile, l’Ouest et Terre-Neuve pour le pétrole, mais rien pour l’Hydro-Québec.

      Le Québec n’a jamais reçu un sou du fédéral pour développer l’énergie hydro-électrique au Québec, alors que les riches compagnies pétrolières de l’Alberta ont reçu, et continuent de recevoir, des centaines de millions de dollars d’Ottawa chaque année pour tirer du pétrole des sables bitumineux.

      Et l’Ontario n’est pas en reste, le fédéral y ayant dépensé dans le dernier demi-siècle des milliards de dollars pour la filière énergétique nucléaire concentrée dans cette province. Puis, plus récemment, le plan de sauvetage de 13,7 milliards du Fédéral pour l'industrie automobile en Ontario en 2009.

  • Michel Lebel - Abonné 8 février 2017 09 h 25

    Peu d'originalité!

    On ne peut pas dire que sa critique de l'aide fédérale à Bombardier soit une chef- d'oeuvre d'originalité! Toujours la même rengaine depuis des lustres! ''Un parti figé, conservateur et vieillissant'' (St-Pierre Plamondon)...

    M.L.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 8 février 2017 14 h 40

      Détrompez-vous, M. Lebel. Cette sortie de M. Lisée est un indice du réalignement du PQ.

    • Bernard Dupuis - Abonné 8 février 2017 14 h 49

      Comme c'est curieux d'entendre parler d'un "parti figé, conservateur et vieillissant" de la part d'un nationaliste canadien dont la doctrine fédéraliste est figée depuis 1982 et selon Trudeau père pour plus de cent ans encore.

      Faites-vous de la projection? On ne saurait pas dire ...

  • Colette Pagé - Inscrite 8 février 2017 09 h 54

    Deux poids, deux mesures !

    Si prompt à aider l'industrie d'automobile et 18 mois pour accorder à la baisse un prêt à Bombardier. Il est raisonnable de penser que si Bombardier s'était trouvé dans le comté du Ministre des finances avec le support du lobby financier de Toronto l'aide se serait transformé en une combinaison de prêt et de subvention à la hauteur du milliard de dollars.

    En revanche, la question se pose : se pourrait-il que dans sa précipitation à venir au secours de Bombardier la prise de risques du Québec ait été mal évaluée ?

  • Mario Jodoin - Abonné 8 février 2017 10 h 42

    Bizarrerie...

    «Je pense qu’on serait mieux de faire l’indépendance.»

    Mais pas avant 2022!

  • Bernard Dupuis - Abonné 8 février 2017 10 h 52

    La souveraineté et les jeunes nationalistes canadiens

    Au regard du rapport St-Pierre-Plamondon, il est heureux que M. Lisée fasse preuve d’ouverture. Toutefois, il ne faudrait pas penser que pour « faire plus jeune » il faille se plier à tous les caprices des nouvelles générations. En effet, plusieurs des souhaits de ces jeunes sont incompatibles avec la souveraineté du Québec.

    Je fais partie de ce groupe de souverainistes « vieillissants ». Toutefois, je suis moins vieillissant que les grands-parents pour qui ces jeunes ont une grande admiration. La grande partie de la nouvelle génération adhère aux valeurs politiques de leurs grands-parents nés dans les années 40-50. Ces gens professaient un nationalisme canadien opposé au duplessisme et par conséquent au nationalisme québécois.

    Ce fut une génération qui se valorisait beaucoup, comme la génération actuelle, par la langue anglaise. Le simple fait de savoir parler anglais suffisait à marquer leur supériorité économique et culturelle sur leurs concitoyens francophones.

    Ils ont transmis cette admiration pour la langue anglaise à l’autre génération, la mienne, mais celle-ci a farouchement refusé le sentiment de supériorité et le sentiment de nationalisme canadien qui l’accompagnait. La génération des années 60-70-80 était capable de parler l’anglais, mais sans rejeter pour autant le respect et l'admiration pour la langue française.

    Il en est tout autrement pour la génération des années deux mille. Leurs grands-parents leur ont transmis cette anglomanie (you speak English all the time?) et cet attachement pour le drapeau blanc et rouge. Le drapeau fleurdelisé est pratiquement devenu tabou pour elle. Aux Jeux olympiques comme dans la plupart des événements internationaux il est pratiquement interdit de sortir ce dernier du placard. Il en est de même pour la langue française. Jamais la jeune génération n’a protesté contre cette occultation de la nation québécoise. Au contraire, ils disent fiers d’être des nationalistes canadiens, de chanter en anglais (all the t

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 8 février 2017 12 h 32

      Je ne comprendrai jamais comment on peut etre fiers d'etre nationalistes canadiens quand on voit le mépris que nous porte le ROC sur notre langue (speak white)et sur notre culture si différente de la leur.
      Leur quete sans fin de souhaiter notre assimilation et disparition.Je suis aussi "vieillissant" et bilingue et mes parents nés dans Bagot etaient mieux bilingues que moi et mes enfants.et tous sommes souverainistes.
      J'espere que mes petits-enfants le seront aussi.
      A 77 ans je souhaite avoir mon pays .