«Allahou Akbar», Philippe Couillard lance un appel au rapprochement

Ils étaient des milliers à prier vendredi, au Centre des congrès de Québec, pour les victimes de l’attentat à la grande mosquée de Québec.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Ils étaient des milliers à prier vendredi, au Centre des congrès de Québec, pour les victimes de l’attentat à la grande mosquée de Québec.

Le premier ministre Philippe Couillard a reçu une longue et forte ovation vendredi, lors de la cérémonie en l’honneur des victimes de la tuerie de dimanche, lorsqu’il a répété les mots « Allahou Akbar » (« Dieu est grand » en arabe). Ces mots, a-t-il dit, sont à tort associés à la violence.

« On vient de voir aussi à quoi ces mots sont associés pour la communauté », a dit le premier ministre en soulignant que les croyants avaient scandé ces mots pendant la cérémonie religieuse en l’honneur de trois des victimes de l’attentat, Ibrahima Barry, Mamadou Tanou Barry et Azzedine Soufiane.

Citant les mots d’Yvon Deschamps, il a ajouté : « Aimons-nous quand même. Aimons-nous jour après jour. »

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Labeaume promet un cimetière

La foule a aussi vivement applaudi le maire de Québec, Régis Labeaume, lorsqu’il a promis qu’un premier cimetière musulman serait établi dans la capitale. Dans un bref discours, le maire s’est aussi adressé directement au fils d’une des victimes, Ilies Soufiane, 15 ans, pour lui dire que sa fille Corinne avait participé à la veillée de lundi « par solidarité avec lui » et qu’elle faisait dire qu’elle « l’aimait ».

Le premier ministre Justin Trudeau a quant à lui réitéré qu’il fallait réfléchir « aux paroles qui excluent » et au tort que les mots « peuvent causer ».

Jeudi soir, la police de Québec avait justement arrêté un jeune homme de 20 ans pour « incitation publique à la haine » en raison des propos qui ont circulé sur les réseaux sociaux.

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Se montrer solidaires

Dans la salle, beaucoup de gens pleuraient, surtout après l’arrivée des trois cercueils. Ils sont venus par milliers au Centre des congrès pendant l’heure du dîner pour cette cérémonie calme, mais forte en émotions.

La salle avait été divisée en deux sections : une pour ceux qui souhaitaient prier et l’autre pour ceux qui souhaitaient seulement y assister et manifester leur solidarité.

Camille Bisson, une infirmière, était présente en compagnie de sa collègue Feten Karia, une musulmane non pratiquante. « C’est mon devoir d’être ici. Si je n’étais pas venue, je m’en serais un peu voulu. C’est ma ville et j’ai une responsabilité là-dedans. […] Des fois, les gens disent des choses en l’air qu’ils ne pensent pas, ils sont mal informés. Ils ne sont pas capables de faire la différence, par exemple, entre les musulmans et les gens islamistes. Avant, je me disais que ça ne valait pas la peine de parler à ces gens-là, mais là, je pense qu’il va falloir qu’on fasse tous un petit peu notre part. »

« Je voulais partager ça avec ma collègue et avec tout le monde ici », a ajouté Mme Karia. « C’est important de se montrer solidaires. »

Juste à côté, quatre adolescents attendaient eux aussi le début de la cérémonie, dont Karam Drareni. « Mes amis m’ont montré qu’ils étaient là. » Pointant deux d’entre eux, il a dit qu’ils étaient venus les soutenir, lui ainsi que l’autre musulman du groupe. « Je connaissais une des personnes qui sont mortes [M. Soufiane]. C’était l’ami de ma mère. Disons que ça n’a pas été ben le fun, cette semaine », a-t-il confié.

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« Une multitude de solitudes »

La cérémonie religieuse était présidée par l’imam Hassan Guillet, porte-parole du Conseil des imams. Ce dernier a livré un long discours sous le signe de la tolérance et de l’ouverture à l’autre. « Notre ennemi, ce n’est pas Alexandre Bissonnette, c’est notre ignorance », a-t-il dit.

Plus tard, il a affirmé que le tireur était lui aussi « une victime » et que, avant qu’il devienne un tueur, quelqu’un avait « planté dans sa tête des idées plus dangereuses que les armes ».

Après avoir évoqué l’expression des « deux solitudes » au Canada, il a dit qu’il y avait maintenant « une multitude de solitudes ». « On habite côte à côte et on ne se connaît pas », a-t-il dit. « C’est à nous aussi de nous ouvrir, de montrer à nos frères ce que sont les vraies valeurs de l’Islam. »

Manifestations de solidarité

La solidarité avec les victimes de la fusillade continuera à rassembler cette fin de semaine. Le Centre culturel islamique a annoncé que la grande mosquée de Québec sera rouverte samedi matin. Un rassemblement est prévu à 13 h à l’endroit même où six personnes ont perdu la vie dimanche dernier. Dimanche, une marche descendra de l’Université Laval jusqu’à l’Assemblée nationale. À Montréal, le Centre Bel Agir appelle à manifester à la place Émilie-Gamelin dimanche à partir de 12 h pour exprimer le soutien aux familles des victimes et revendiquer des actions concrètes de la part des gouvernements.

55 commentaires
  • Patrick Boulanger - Abonné 3 février 2017 17 h 43

    Dieu est grand?

    Dieu est grand? M. Couillard, comme tous les autres politiciens du Québec d'ailleurs, devraient, à mon sens, éviter de parler de leurs croyances religieuses dans le cadre de leur fonction. Cela dit, quelqu'un sait-il au juste à quel Dieu il pensait lorsqu'il a prononcé ces mots?

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 4 février 2017 00 h 34

      Patrick Boulanger demande : "...quelqu'un sait-il au juste à quel Dieu il pensait lorsqu'il a prononcé ces mots?"

      Oui, moi je sais.

      Dans chacune des trois grandes religions monothéistes (judaisme, christianisme et islam), il n'y a qu'un. Et c'est le même.

    • Yves Petit - Inscrit 4 février 2017 02 h 18

      Patrick, je crois que vous beurrez un peu épais. Les musulmans, les juifs et les chrétiens partageons le même Dieu. Il n'est que normal qu'on l'invoque lors de funérailles de croyants. Le PM ne l'aurait surement pas invoqué si cela avait été vos funérailles. Respectez la vie d'autrui, jusque dans la mort.

      La laïcité de l'état ne doit pas être synonyme d'insipidité et d'insensibilité.

    • Yves Petit - Inscrit 4 février 2017 10 h 19

      Patrick, je crois que vous beurrez un peu épais. Les musulmans, les juifs et les chrétiens partagent le même Dieu. Il n'est que normal qu'on l'invoque lors de funérailles de croyants. Le PM ne l'aurait surement pas invoqué si cela avait été vos funérailles. Respectez la vie d'autrui, jusque dans la mort.

    • Tristan Roy - Inscrit 4 février 2017 11 h 45

      Le Dieu des Musulmans est le même que celui des Chrétiens et des Juifs. Fondamentalement c'est la même religion en fait. Les Juifs l'ont fondé et attendent toujours le Prophète car ils ne reconnaissent pas ceux des "branches discidentes" Musulmanes et Chrétiennes.

      Par contre dans un État laïque, que le Premier-ministre invoque Dieu est un problème. Il devrait demeurer neutre.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 4 février 2017 11 h 46

      Par ces paroles Philippe Couillard a démontré qu’il était un homme de foi.

      Ce qui évidemment a été accueilli favorablement par la foule largement composée de gens de foi.

      On peut voir aussi en ces mots l’affirmation d’une foi basée sur un seul Dieu, un seul guide spirituel. Cela donne un cadre spirituel qui commande une seule vérité, ce qui est en soi conflictuel. A tout le moins il faudrait que tous soient conscient que l’idée d’un seul Dieu générateur de toutes les vérités est un sapristi de bon terreaux de culture pour les conflits !

      Mais je crois que dans les circonstances il ne faut pas s’en tenir en une compréhension étroite de ces mots, et de ne pas trop les creusés. On peut y voir un appel à ''la bonne foi'' que l’on retrouve chez presque tout le monde, athées et agnostiques inclus. Et c’est aussi une affirmation bien claire que ceux qui crient ce ''dieu est grand'' au moment de commettre leurs tueries pervertissent complètement le sens que la vaste majorité des musulmans croyants accordent à ces mots. Ce qui est leur rendre justice pour l’amalgamation d’intentions avec le terrorisme islamique dont ils sont réellement victimes.

    • Christiane Gervais - Abonnée 4 février 2017 11 h 50

      Et on stigmatiserait moins les citoyens - ce que nous sommes tous, ce qui permet l'égalité de tous c'est la citoyenneté, l'appartenance commune à un coin de pays - en cessant de les nommer en fonction de leur religion.

      Nous n'avons pas des concitoyens musulmans, mais des concitoyens, quelles que soient leur origine, couleur de peau, religion ou absence de religion.

      De même que des citoyens ne doivent pas, dans une société laïque, égalitaire, où l'état et la religion sont deux entités distinctes, se servir de leur religion à des fins politiques ou de privilèges par rapport à tous les citoyens.

    • Patrick Boulanger - Abonné 4 février 2017 15 h 40

      @ M. Petit

      Je vous trouve sévère dans votre commentaire, M. Petit. À mon sens, celui que j'ai écrit est à la fois modéré et respectueux. Je vous invite à le relire!

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 4 février 2017 16 h 23


      Contrairement à beaucoup d’intervenants dans cette discussion, j’étais présent à ces funérailles religieuses et j’y ai assisté du début à la fin.

      Le discours de M. Couillard était excellent, totalement dépourvu d’allusions partisanes. Il s’est exprimé comme un chef d’État.

      Je suis péquiste mais je ne le suis pas au point de ne pas reconnaitre lorsque des adversaires politiques agissent dignement.

      À mon avis, son ‘Allahou Akbar’ était l’équivalent de ‘JeSuisCharlie’. S’il avait plutôt dit ‘JeSuisQuébécois’, cela n’aurait été qu’une simple lapalissade.

      Il ne faut pas y voir là autre chose qu’un message de sympathie et une formule de politesse.

      Bref, une tempête dans un verre d'eau.

    • André Joyal - Abonné 4 février 2017 19 h 20

      M.Petit.

      Et si un jour nous élisons un pm athée...devra-il jouer la comédie?
      Vous imaginez René Lévesque idire haut et fort Hallahlu Ackbar?
      S'il y en a eu un qui était respectueux, pourtant, c'est bien lui. Un leader doit aussi se respecter.

  • Jocelyne Lapierre - Abonnée 3 février 2017 18 h 32

    Extrêmement dérangeant

    Un chef d'État d'une nation démocratique et laïque, ne doit pas agir ainsi. Un véritable cauchemar.

    Certes des gens ont été tués, des citoyens canadiens. Mais les condoléances venant du gouvernement devraient être sobres and neutres.

    J'en ai des sueurs froides dans le dos, tant je trouve toute cette mise en scène, méticuleusement orchestrée, provacante, défiante.

    Le multiculturalisme en pleine puissance. L'islamisation de notre pays a fait un pas de géant.

    Pendant ce temps, Paris se relève d'une autre tentative d'attentat terroriste islamiste.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 4 février 2017 00 h 44

      Joselyne Lapierre écrit : « L'islamisation de notre pays a fait un pas de géant.»

      L’islamophobie de nourrit du mythe de l’islamisation du Québec.

      Les Musulmans forment trois pour cent de la population québécoise. Leur désir de pratiquer leur religion pacifiquement et même de bâtir des mosquées est légitime. Cessons d’y voir là un grave danger.

      De plus, les Musulmans d’ici ne sont pas responsables des méfaits commis par leurs coreligionnaires à l’Étranger.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 4 février 2017 08 h 34

      Tout a fait juste Mme Lapierre.
      M. Couillard vient de s'assurer encore des milliers de votes.

    • Lise Bélanger - Abonnée 4 février 2017 12 h 12

      Ici, au Québec on a une composante supplémentaire au terrorisme islamique.

      La récupération que font les médias anglophones commme la CBC en autre, pour traiter tous les québécois de racistes, terroristes, nazis etc.... ce qui ne fait plus de doute aujourd'hui, attise la haine des anglophones contre les québécois, tel qu'on a pu le constater avec l'affaire Bain, en autre.

      Mais on dirait que les québécois ont intériorisé le fait d'être traités de la sorte, avec mépris, et ne s'en formalisent plus. Comme le disait Félix Leclerc: le peuple québécois est un géant qui dort.

      Moi aussi j'ai des sueurs froides dans le dos. On sent la montée canadienne du Québec bashing encouragée par le silence des gouvernements et élus canadiens et québécois. On a eu Coup de la Brink's, mesures de guerre, commandites etc ...inventera-t-on une islamophobie générale......faudra-t-il que le Canada vienne protéger certains citoyens québécois!!!!

      Et pire, les élus québécois promettent des mesures pour contrer une islamophobie anticipée plutôt que de prendre des mesures pour unir tous les québécois dans des lois communes, démocratiques, de respect et de liberté pour tous, mesurent normales mais erronément traitées de racistes.

      Les gouvernements encouragent les différences, celles qui ne sont pas constructives au sein d'une société qui se veut paisible et respectueuse de sa propre culture.

      Je ne crois pas que les québécois méritent des gouvernements aussi méprisants.

    • Réal Ouellet - Abonné 4 février 2017 12 h 59

      @Jean-Pierre Martel -

      "De plus, les Musulmans d’ici ne sont pas responsables des méfaits commis par leurs coreligionnaires"

      ... Et les québécois non plus...

    • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 4 février 2017 13 h 55

      Les évènements tragiques ont toujours favorisé les partis au pouvoir.

      William Lyon Mackenzie King est resté premier ministre du Canada pendant 22 ans à cause de la guerre tout comme ce sont les évènements d’octobre et la loi des mesures de guerre qui ont permis la réélection de Jean Drapeau à la mairie de Montréal en1970.

      Trudeau, Couillard, Coderre et Labeaume avaient l’air bien triste et bien pieux , mais quand Couillard nous sort « Dieu est grand » on se demande s’il n’est pas en train de nous dire que ces évènements tragiques , c’est une bénédiction du ciel pour lui sur le plan politique?

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 4 février 2017 15 h 23


      Réal Ouellet écrit : « …Et les québécois non plus…»

      Vous avez raison; tous les Québécois ne sont pas responsables, pas même la majorité d’entre nous.

      Toutefois, de la même manière que je m’oppose fermement à l’idéologie haineuse de la dictature saoudienne, je m’oppose également à la propagande haineuse de la Droite québécoise. Une Droite influencée par l’idéologie républicaine incarnée par Donald Trump.

      Aux funérailles montréalaises de trois des victimes de l’attentat antimusulman de Québec, un imam a déclaré que le terroriste était lui aussi une victime.

      Victime d’une idéologie haineuse qui aura gâché sa vie et dont on voit aujourd’hui l'influence jusque dans les commentaires 'over-the-top' publiés ici.

    • Jocelyne Lapierre - Abonnée 4 février 2017 23 h 53

      Quoi qu'on en dise, ce geste du premier ministre, médiatisé de surcroît, était loin d'être anodin, venant d'un chef d'État d'une province laïque.

    • Michèle Lévesque - Abonnée 5 février 2017 08 h 25

      @Lise Bélanger - 4 février 2017 12h12

      Vous exprimez très bien ma propre opinion.

      Djemilla Benhabib dénonce aussi cette politisation dangereuse du drame de Québec dans un post sur sa page FB (4 février 2017 10h16). Je me permets de la citer étant donné que son commentaire est public pour tout abonné de Facebook, incluant via les 1,090 partages qui en ont été faits jusqu'à maintenant.

      Je cite :

      "Depuis la qualification de cette fusillade d'attentat terroriste, nous avons été plongés dans un tourbillon aux conséquences très lourdes. Le gestionnaire de la crise devenait soudainement le gouvernement fédéral avec la GRC qui venait de facto prendre en main l'enquête. Ah bon, mais pourquoi donc? La résonance de l'événement à l'échelle internationale mettait en dualité les États-Unis de Trump et le Canada de Justin Trudeau. Simple hasard ? La culpabilisation collective du peuple québécois s'est mise très vite en marche. Nous étions tous devenus soudainement coupables du geste d'un Bissonnette de souche. [...]"

      *

      L'enquête se poursuit et, pour ce que j'en sais, il n'est pas clair que le tag 'terroriste' va résister à l'examen, même avec la question "D'où venait son arme ?" Reste aussi que, considérant l'histoire des années 70, le Québec a bien raison d'être inquiet de certaines tournures récupératrices que pourrait prendre l'événement. Ce ne serait pas la première fois que nous serions victimes d'un opportunisme politique fédéraliste en la matière.

  • Marc Therrien - Abonné 3 février 2017 23 h 22

    Un saut quantique

    "Notre ennemi, ce n’est pas Alexandre Bissonnette, c’est notre ignorance », a-t-il dit."

    Je ne sais pas quelle était l'intention réelle d'Alexandre Bissonnette. Si elle était maléfique, au contraire d'en faire un ennemi, l'Intelligence Transcendante saura bien récupérer et détourner cette intention pour la transformer en Bien suprême. Un véritable saut quantique.

    Marc Therrien

  • Pierre Schneider - Abonné 4 février 2017 06 h 39

    Opération séduction

    Triste de voir ces politiques profiter d'une aussi grande tragédie pour enclencher des opérations de séduction de futurs électeurs. Je n'ai entendu que des mots de leur part, sans resssentir de vraie chaleur humaine et compatissante, sauf pour le maire Labaume dont on sentait que les paroles venaient du coeur.

    C'est l'iman Hassan Guillet qui a sans doute été le plus authentique en désignant le tueur comme étant lui aussi une victime. Un exemple de vivre-ensemble sans artifices factices.

    • Michèle Lévesque - Abonnée 5 février 2017 07 h 30

      @Pierre Schneider 4 fév. 2017 06h39.

      Bon commentaire, merci.

      Bien d'accord pour la chaleur. Je ne mets pour ma part pas en doute la sincérité personnelle des deux PMs, mais c'était en faire passablement trop en tant que représentants élus, trop politiquement orienté pour ce contexte de funérailles religieuses. Quelque chose d'autre se disait qui n'avait rien à voir avec la compassion et le sain rapprochement des communautés québécoises.

      Pour l'authenticité de M. Guillet, je suis d'accord aussi - il parlait de conviction, aucun doute là-dessus.

      Je suis aussi d'accord que Bissonnette est une victime. Je vois un profond désarroi qui l'a coupé du réel et l'a amené à la haine de l'autre, certainement engendrée par une peur terrible, d'où qu'elle vienne et quoi qui l'ait nourrie. Tout ne s'explique toutefois pas par la seule influence sociale dans sa 'maladie', sans la minimiser non plus que la gravité de son crime dont il aura à répondre devant la loi.

      Ma réserve porte sur l'autre segment de l'énoncé de l'Iman, tel que cité dans l'article ici, sur cette cause que seraient les "idées plus dangereuses que les armes" "plantées dans la tête" de la victime, transformée en tueur par elles. C'est inquiétant. Non pas au niveau de l'opinion de M. Guillet, qui a droit à la sienne comme personne privée et chef religieux, mais en ce que ça pourrait bien devenir un schéma éventuellement récupéré pour amener des restrictions graves sur la liberté d'expression au Québec. Je suis bien sûr 100% d'accord pour le contrôle sévère des publications de sites internet, pages FB, comptes Twitter ou autres, qu'elles soient le fait de personnes morales ou physiques, quand ces publications appellent à la haine et à la violence de faits (passages à l'acte), mais il faut aussi rester vigilant(e)s sur ce qu'on entend par "contrôle de l'opinion" et des "idées dangereuses".

      L'enquête est en cours, mais il sera vital de saisir d'où lui est venue cette arme.

  • Patrick Daganaud - Abonné 4 février 2017 07 h 04

    QUELLE MÉPRISABLE RÉCUPÉRATION

    Quelle méprisable récupération de tous ces politiciens disgrâcieux.

    Bien sûr « Dieu est grand ! » : Il l'est inversement à leur sincérité...