Appel à la transparence quant aux armes du suspect

Les pro et anti-armes attendent avec impatience de connaître l’arsenal du terroriste présumé: une information clé en vue d’une éventuelle reprise du débat sur le contrôle des armes à feu.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Les pro et anti-armes attendent avec impatience de connaître l’arsenal du terroriste présumé: une information clé en vue d’une éventuelle reprise du débat sur le contrôle des armes à feu.

Des voix s’élèvent dans les rangs policiers afin que les responsables de l’enquête sur l’attentat terroriste démentent les « rumeurs » et rectifient les « mauvaises informations » circulant au sujet des armes utilisées dimanche par le présumé auteur de l’attaque contre la grande mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette, a appris Le Devoir.

Il n’est toutefois pas question ici de renouer avec la « mode » consistant à étaler les objets perquisitionnés au cours d’une enquête devant le plus de caméras de télévision possible, mais plutôt de dissiper le mystère sur la nature exacte des armes à feu utilisées par M. Bissonnette, a expliqué un membre de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

L’homme âgé de 27 ans se serait rabattu sur arme de poing de 9 mm après avoir échoué à faire feu sur les fidèles réunis au Centre culturel islamique de Québec au moyen d’une arme longue. Quel était le modèle de celle-ci ? AK-47, CZ-858, AR-15 ? Était-elle semi-automatique ou automatique ? Les informations à ce sujet divergent dans les médias, mais également au sein du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), qui a procédé à l’arrestation de M. Bissonnette dimanche soir, a constaté Le Devoir.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui a porté six chefs d’accusation de meurtre au premier degré et cinq de tentative de meurtre au moyen d’une « arme à feu à autorisation restreinte » lundi soir, dévoilera ces informations à l’avocat de M. Bissonnette à l’occasion de la divulgation de la preuve. Celle-ci est prévue le 21 février prochain. « C’est au bénéfice de son client, pour le représenter. Ce n’est pas pour diffusion dans le public », a souligné le porte-parole du DPCP, René Verret.

Les pro et anti-armes attendent avec impatience de connaître l’arsenal du terroriste présumé : une information clé en vue d’une éventuelle reprise du débat sur le contrôle des armes à feu. « En vertu de quel principe, au Canada, au Québec, ne nous dit-on pas une chose aussi banale que le matériel qui a été utilisé ? Il y a anguille sous roche », a affirmé l’historienne — et ex-armurière — Russel-Aurore Bouchard dans un entretien avec Le Devoir.« Ils attisent la méfiance et la suspicion. Je trouve ça tout à fait inconcevable. […] Il faut avoir les informations pertinentes. Après ça, on suscite le débat. ».

Avec Dave Noël

2 commentaires
  • Hélène Paulette - Abonnée 2 février 2017 08 h 15

    Tant qu'à être transparent...

    On pourrait aussi parler de la page FB de Bissonnette entièrement rédigée en anglais.

  • Michel Duval - Abonné 2 février 2017 10 h 56

    Le contrôle de armes à feu

    Le contrôle des armes à feu et la lutte contre les armes illégales sont aussi absents des comptes à rendre. Notre proximité de l'arsenal américain, le ta-ta-ta-ta des jeux vidéos et le cinéma de la violence (dit d'action) dans lequel nous baignons banalisent le recours à la gachette.