Frais accessoires: les médecins devront négocier avec Barrette

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) devra se faire à l’idée de négocier avec le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, dans le dossier des frais accessoires, tranche le premier ministre Philippe Couillard.

En marge d’une annonce économique au Forum économique mondial de Davos, vendredi, en Suisse, M. Couillard a rejeté la possibilité de confier ce mandat au président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, comme l’a demandé la Fédération représentant plus de 10 000 médecins.

« La réponse est non, a-t-il lancé lors du dernier point de presse de sa mission économique. Ce n’est pas eux qui décident avec qui ils négocient. Si on commence avec cela, dès que quelqu’un a une difficulté à négocier, il va demander un changement de ministre. Ça ne marche pas comme cela au gouvernement. »
 

Le ministre Barrette critiqué


Excédée par l’attitude du ministre Barrette, la présidente de la FMSQ, Diane Francœur, avait déploré jeudi le flou entourant la définition de ces frais accessoires, dénonçant la précipitation de ce dernier à vouloir les interdire sans négocier comment, où ces services seront offerts et à quels tarifs.
 

Le règlement sur les frais accessoires entre en vigueur dans moins d’une semaine, le 26 janvier. Théoriquement, les médecins ne pourront plus exiger de paiement pour des services qui sont assurés. Mme Francœur avait évoqué des tests d’allergie, les stérilets, les lentilles, les attèles et les plâtres qui sont actuellement offerts dans les cabinets médicaux.

La docteure Francœur demande au gouvernement de prendre quelques mois de plus pour mieux définir, mieux encadrer ces frais, afin que la situation soit plus claire pour tout le monde.

En plus des médecins spécialistes, M. Barrette s’est également mis à dos les pharmaciens propriétaires dans le cadre des négociations dans le dossier du déplafonnement complet de leurs allocations professionnelles.

Barrette, une «personnalité énergique»
Cela n’a pas empêché M. Couillard de réitérer sa confiance à l’endroit de son ministre de la Santé, reconnaissant au passage qu’il avait une « personnalité énergique ».

« M. Barrette a son style, a dit M. Couillard. Je crois que c’est un réseau qui a besoin d’une personnalité énergique. Je suis persuadé que l’on va en venir à une entente, mais il faut négocier. Le Conseil du trésor est déjà présent. »

Tout comme les pharmaciens, la FMSQ a retenu les services de l’ex-premier ministre péquiste Lucien Bouchard pour la représenter dans le cadre d’éventuels recours juridiques qu’elle pourrait intenter.

Le premier ministre a également déploré de constater que certains médecins avaient cessé de prendre des rendez-vous dans leurs cliniques et que d’autres avaient largué le secteur public.

« Je trouve cela regrettable parce qu’ils savent bien qu’ils vont être payés, a expliqué M. Couillard. Je ne vois pas pourquoi ils font souffrir les patients. Il n’y a pas de raison. »

3 commentaires
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 20 janvier 2017 13 h 29

    les enfants gatés

    sont durs a éduquer,meme a preter leurs jouets,pas question de les donner a ceux qui n'en n'ont pas.

  • René Bezeau - Abonné 20 janvier 2017 16 h 51

    De la mise en scène

    Un esprit tordu pourrait croire une mise en scène, l'FMSQ démonise leur ex-négociateur syndical le min.Barrette et régler ça favorablement pour les spécialistes sous l'apparence d'âpres négociations. Avec le PLQ la vérité outrepasse souvent la fiction.

  • Colette Pagé - Inscrite 20 janvier 2017 17 h 46

    L'Opinion publique !

    Cette fois encore plus que jadis, l'opinion publique n'est pas du côté des médecins.
    Le chantage ne servira à rien !

    Et ce d'autant plus qu'un nombre élevé de patients gardent notamment en mémoire l'exigence déraisonnable de payer 500 $ pour des goutes opthalmiques dont la valeur en pharmacie était de moins de 20 $. D'aucuns qualifieraient ce paiement de vol déguisé ! En ce faisant, certains médecins cupides qui ont abusé du systéme ont contribué à ternir la réputation de leur profession et de leurs confrères dévoués et surtout non-profiteurs.

    Paradoxalement, comme un boomerang, le négociateur qu'ils ont récompensé par une prime de départ, sauf erreur de 1 Million de dollars, ce négociateur dénoncé aujourd'hui pour sa rigidité et son intransigeance leur a permis d'être les mieux payés parmi les médecins canadiens.

    Ce même personnage haut en couleur qui connaît ses dossiers leur sert la même médecine qu'il a servi au Gouvernement.

    Curieux retour du balancier !