La nouvelle année sera celle de la transition

La co-porte-parole de Québec solidaire en mai dernier, à Montréal, alors que le parti se réunissait pour son congrès annuel.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La co-porte-parole de Québec solidaire en mai dernier, à Montréal, alors que le parti se réunissait pour son congrès annuel.

L’année qui s’amorce pourrait bien être celle de la transition obligée chez Québec solidaire, l’une des deux figures de proue de la formation de gauche confirmant qu’elle fera le point sur ses intentions « très tôt » en 2017.

Françoise David laisse en effet entendre que sa retraite politique n’est peut-être pas loin… mais demande aux journalistes de faire preuve de patience.

La députée et porte-parole de Québec solidaire se dit fière de ses accomplissements, mais, « à bientôt 69 ans, il faut réfléchir à son avenir », a-t-elle ajouté au cours d’une entrevue à La Presse canadienne diffusée lundi, au lendemain du jour de l’An.

Toutefois, le texte « reprend une entrevue accordée il y a deux semaines, où Mme David a répété ce qu’elle dit depuis un bon moment déjà : elle annoncera sa décision prochainement », a tenu à nuancer un porte-parole de la formation. La députée a décliné les demandes d’entrevue de nombreux médias, lundi, dont celle du Devoir. Sur Twitter, l’élue de gauche a précisé qu’elle « clarifier[a] [s]es intentions pour 2018 sous peu ».

Avant les dernières élections, son collègue et tout premier député de Québec solidaire, Amir Khadir, avait lui aussi dû s’expliquer publiquement quant à son éventuel départ de la politique active.

La députée assure qu’elle demeurera membre de Québec solidaire quoi qu’il arrive. Elle en profite pour louanger la relève au sein du parti, notamment le travail de sa collègue députée Manon Massé, troisième élue de la formation, elle aussi dans la métropole.

Mme David estime qu’il y a « d’autres façons d’aider les gens », même si elle dit aimer son métier. « Je ne laisserai jamais tomber les gens mal pris jusqu’à ma mort, c’est l’histoire de ma vie. […] Je ne me tairai jamais », conclut l’ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec, qui a fondé en 2004 Option citoyenne, qui a ensuite fusionné avec l’Union des forces progressistes pour former Québec solidaire en 2006.

Pas un secret

Cela fait plusieurs mois déjà que Mme David évoque publiquement son départ de la scène politique, ce qui est somme toute assez rare en politique canadienne. « Cela s’inscrit dans la personnalité de Mme David et dans la façon dont les gens la perçoivent. C’est fidèle à l’image que les gens se sont faite d’elle après ses participations aux débats des chefs. Elle est authentique, dit ce qu’elle pense », souligne le politologue Thierry Giasson de l’Université Laval, expert de l’image des politiciens.

La transparence dont fait preuve la coporte-parole a l’avantage de donner à ceux qui souhaiteraient lui succéder amplement de temps afin de se préparer, ajoute pour sa part Stéphanie Chouinard, professeure adjointe de science politique au Collège militaire royal du Canada (CMRC).

Le parti peut-il survivre à la perte de Mme David, voire à celle de ses deux premiers co-porte-parole ?

« Le départ des deux piliers que sont Françoise David et Amir Khadir serait difficile pour QS et son identité, ce qui s’ajouterait à d’autres défis, comme celui de se défaire de cette image de parti montréalo-centriste, mais ce n’est pas impossible à surmonter », ajoute Mme Chouinard.

Simultanément, ces deux départs permettraient d’insuffler une nouvelle énergie au parti, les circonscriptions de Gouin et de Mercier pouvant être considérées comme des « châteaux forts » où d’autres figures fortes de la gauche pourraient vouloir tenter leur chance. « Il y a là une très belle occasion pour Québec solidaire de faire intervenir, d’amener une nouvelle génération de militants à l’avant-plan », souligne M. Giasson, évoquant notamment la candidature potentielle de Gabriel Nadeau-Dubois.

« Il y a énormément de jeunes qui militent à Québec solidaire, le parti a fait le plein d’appuis pendant la crise étudiante. Actuellement, cela ne se reflète pas [au sein de la députation] et les élections de 2018 pourraient être l’occasion de changer cela », observe-t-il.


 
46 commentaires
  • Patrick Boulanger - Abonné 2 janvier 2017 11 h 12

    Zut

    Allez Mme David! Je vous invite à vous représenter pour au moins deux (!) autres mandats dans Gouin si le coeur et la santé sont toujours là. À mon sens, QS est encore bien fragile comme parti politique et je ne suis pas certain qu'il va survive si vous ne vous représentez pas en 2018.

  • Christian Montmarquette - Abonné 2 janvier 2017 12 h 50

    Québec Solidaire n'est pas la création de Françoise David

    1) Je pense que le départ de Françoise David aiderait le renouvellement de Québec Solidaire et que QS est du pour du sang neuf.

    2) Québec Solidaire n'est pas la création de Françoise David, mais le fruit des efforts soutenus de tous les militants et de toutes les militantes qui se sont battus.es durant années avant même la fondation de Québec Solidaire et l'arrivée de Françoise David en politique pour la création d'une gauche politique au Québec.

    Christian Montmarquette

    • André Joyal - Inscrit 3 janvier 2017 22 h 32

      C'est justement pourquoi QS pourait ne pas survivre au départ de ses 2. Figures de proue. Des inconnus ne font pas de grands leaders.

    • Patrick Boulanger - Abonné 4 janvier 2017 10 h 50

      @ M. Joyal

      M. Joyal, on peut être un bon meneur sans être connu. Il me semble que cela va de soi.

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 janvier 2017 12 h 18

      "Des inconnus ne font pas de grands leaders." - André Joyal

      - Qui connaissait Amir avant qu'il se présente et devienne porte-parole de Québec Solidaire?

      - Personne.

      Dans la gauche, ce ne sont pas les opportunistes, les messies et les étoiles filantes comme PKP qui font le parti.

      C'est le parti qui crée ses propres leaders.

      - CQFD

  • Michel Bernier - Inscrit 2 janvier 2017 19 h 00

    Pierre Falardeau

    Moi je pense comme Pierre Falardeau.
    Bonne retraite. Enfin!

    • Patrick Boulanger - Abonné 2 janvier 2017 21 h 50

      M. Bernier, il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.

    • Christian Montmarquette - Abonné 3 janvier 2017 09 h 24

      "Moi je pense comme Pierre Falardeau." - Michel Bernier,

      - Mais que pensez-vous donc tant comme le très chic et le très articulé Pierre Falardeau?

      - Que Françoise David n'est qu'une "Mère Theresa David" ?

      Désolé, mais elle faisait dure en sacr.. Votre idole du PQ.

      Des insultes.. Des affirmations gratuites..

      Et des contradications à la pelle!

      S'il y en a un dont on peut se réjouir du départ politique c'est bien lui!

      Un prétendu progressiste qui n'a jamais cessé de cracher son fiel sur la gauche?? - Faut le faire!!

      Christian Montmarquette

    • André Joyal - Inscrit 3 janvier 2017 23 h 26

      Si QS disparait on va s'ennuyer de M. Montmarquette.

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 janvier 2017 12 h 24

      À André Joyal,

      Je vous le laisse votre grand "tartiss" créateur d'Elvis Gratton.

      Il faillait qu'il en ait dans lui-même du Elvis Gratton pour dépendre son personnage avec autant de détails..

      Et je vous ferai remarquer que c'est le PQ avec sa moyenne d'âge de 61 ans qui a déjà un pied dans la tombe. Alors que QS a le taux le plus élevé de jeunes membres et militants.

      Mes sympathies.

  • Gilles Théberge - Abonné 2 janvier 2017 22 h 43

    Madame David a donné l'essentiel de ce qu'elle avait en réserve.

    Après dix ans d'efforts, il est temps qu'elle tire un trait et qu'elle prenne une retraite bien méritée.

    • Patrick Boulanger - Abonné 3 janvier 2017 16 h 37

      M. Théberge, à vous lire, on pourrait croire que vous êtes un sympathisant solidaire.

  • hugo Tremblay - Inscrit 3 janvier 2017 06 h 12

    Mission réussie

    Elle a contribué à faire élire le gouvernement le plus à droite que le Québec ait connu depuis plus de 50 ans!!!
    Elle n'a pas encore compris dans quel système électoral nous sommes, c'est peine perdue.

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 janvier 2017 12 h 59

      À Gilles Tremblay,

      Et en quoi les fraudes électorales, l'austérité et les coupures dans l'aide sociale et les services publics des libéraux sont-ils moins à droite que les fraudes électorales, l'austérité et les coupures dans l'aide sociale et les services publics du Parti québécois ?

      J'attends votre réponse avec impatience!

      D'ailleurs c'est le PQ qui a évacué le scrutin proportionnel de son programme en 2011. Les péquistes ne sont même pas capables d'assumer leurs propres positions!

      Christian Montmarquette