Québec bonifie les prêts et bourses grâce à Ottawa

Pour l’Union étudiante du Québec, il était crucial que Québec allège le fardeau des chefs de famille monoparentale.
Photo: iStock Pour l’Union étudiante du Québec, il était crucial que Québec allège le fardeau des chefs de famille monoparentale.

Fort d’un transfert additionnel de 80 millions de la part du gouvernement fédéral, Québec haussera les bourses des 146 000 étudiants qui en touchent et augmentera plus encore les bourses des étudiants monoparentaux. Mais le gouvernement Couillard ne met pas fin à la prise en compte des pensions alimentaires pour enfants qui sont versées aux chefs de famille — ce sont surtout des femmes — dans le calcul de leurs prêts et bourses.

Entourée des représentants d’associations étudiantes, la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, en a fait l’annonce lors d’une conférence de presse à Montréal. « Nous posons un geste concret pour permettre une plus grande accessibilité aux études supérieures, particulièrement pour les étudiants en situation précaire », écrit la ministre dans un communiqué.

Le gouvernement Couillard consacre 68,9 millions, dont 65,2 millions en bourses, pour rehausser les frais de subsistance admis pour le programme d’aide financière, ce qui représente 462 $ par an en moyenne par étudiants. Pour les 11 000 étudiants qui sont chefs de famille, l’augmentation est de 994 $ par an en moyenne pour chacun d’entre eux, pour un débours de 11,2 millions de la part de l’État.

Satisfaction

L’Union étudiante du Québec (UEQ) — 70 000 membres —, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) — 65 000 membres —, l’Association pour la voix étudiante du Québec (AVEQ) — 33 000 membres — ainsi que la Fédération des associations étudiantes universitaires québécoises en éducation permanente (FAEUQEP) ont été consultées pour la conception de ces mesures. Le président de l’UEQ, Nicolas Lavalée, et la présidente de la FECQ, Rose Crevier-Dagenais, ont accueilli avec enthousiasme l’annonce de la ministre. « C’est une gigantesque victoire », a indiqué Rose Crevier-Dagenais.

« Nous sommes très, très satisfaits », a affirmé Nicolas Lavallée. L’UEQ a signalé qu’il s’agit de la plus importante hausse de l’aide financière aux études en 15 ans. Les retards dans l’indexation des frais de subsistance de 1995 à 1999 et de 2003 à 2007 s’élèvent à 127 millions, relève-t-elle.

Pour l’UEQ, il était crucial que Québec allège le fardeau des chefs de famille monoparentale. L’UEQ réclamait toutefois que le gouvernement ne prenne plus en compte la pension alimentaire pour enfant dans le calcul du revenu du parent.

Les parents — essentiellement des femmes — qui touchent une pension alimentaire pour leurs enfants doivent ajouter à leur revenu tout montant qui excède 1200 $ par an, par enfant, pour le calcul des prêts et bourses auxquels ils ont droit.

Hypocrisie

Du côté de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) — 70 000 membres —, on se montre critique. Il s’agit à ses yeux d’un « réinvestissement de façade » après des coupes majeures. « Face aux milliards coupés dans les dernières années par le gouvernement [dans les services publics], il est hypocrite d’annoncer des sommes si petites ! » affirme la porte-parole de l’ASSE, Rosalie Rose, dans un communiqué.

Les nouvelles mesures annoncées vont permettre à un plus grand nombre d’étudiants à temps partiel d’obtenir un prêt. Les étudiants provenant de régions éloignées pourront se faire rembourser un deuxième aller-retour en avion afin de retrouver leurs proches.

Dans son dernier budget, le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a annoncé l’ajout de 300 millions au programme canadien de bourses d’études. Québec, qui s’est doté d’un programme distinct, a exercé son droit de retrait avec compensation.

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