Québec mise sur la promotion du français dans les PME

Le ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Luc Fortin, a dévoilé lundi la Stratégie partenariale de promotion et de valorisation de la langue française 2016-2021 de son gouvernement.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Luc Fortin, a dévoilé lundi la Stratégie partenariale de promotion et de valorisation de la langue française 2016-2021 de son gouvernement.

Sensibiliser. Valoriser. Mettre en valeur. Promouvoir. Encourager. Le gouvernement Couillard fait le pari d’une approche d’accompagnement pour inciter les PME à faire du français la langue d’usage sur les lieux de travail. Fort bien, dit l’opposition… mais la stratégie a ses limites, estime-t-elle.

Québec dévoilait lundi sa Stratégie partenariale de promotion et de valorisation de la langue française 2016-2021 — qui vient remplacer et étendre à l’échelle du Québec une initiative semblable mise en place pour le grand Montréal entre 2008 et 2016. « Elle privilégie un mode d’intervention qui met l’accent sur la promotion », a indiqué le ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Luc Fortin.

C’est-à-dire ? Québec offrira par exemple un soutien financier à des organismes pour des projets de sensibilisation et de promotion du français, cela afin de « convaincre les entreprises de l’importance d’offrir un service » en français (et aussi d’inciter les consommateurs à parler français avec les commerçants).

On évoque aussi des « modes d’éducation et de sensibilisation à la langue française » pour « stimuler la vitalité de cette dernière dans les entreprises ». La stratégie vise particulièrement les petites entreprises (notamment les dépanneurs) et les immigrants et néo-Québécois dont le français n’est pas la langue d’usage.

Selon le ministre Fortin, c’est là une bonne approche pour « changer véritablement les comportements » au sein des entreprises qui ne sont pas assujetties aux dispositions de la loi 101 (les PME de moins de 50 employés).

Les objectifs précis de la stratégie demeurent sujets à interprétation. « On a certains indicateurs — l’affichage, l’utilisation du français en milieu de travail —, et on veut que ces indicateurs s’améliorent », répond M. Fortin, sans donner de chiffres précis.

Québec se dit toutefois satisfait des résultats obtenus par la Stratégie commune d’intervention pour le Grand Montréal, qui impliquait une quinzaine de partenaires des secteurs économique, commercial et syndical. « Mais cette stratégie sera assurément suivie d’une autre en 2021, avertit Luc Fortin. On demeure dans un environnement linguistique [particulier], et il faudra toujours demeurer vigilant. »

Pour le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, l’approche de Québec sera plus efficace que l’adoption de mesures coercitives. « Nous sommes dans cette idée d’aller vers les entreprises sans une aura de contrôle, mais plutôt avec des moyens et des solutions » pour les convaincre de l’utilité du français.

M. Leblanc salue une stratégie qu’il juge « plus souple » que la version Montréal 2008-2016. « Auparavant, les projets étaient définis dès le départ. Cette fois, c’est plus ouvert. Un organisme qui arriverait avec une problématique particulière sur une avenue commerciale pourrait être admissible à du financement. Et le travail de terrain s’accompagnera d’un grand message collectif qui aidera à la sensibilisation », croit-il.

Aller plus loin

Le plan de Québec est « bienvenu » aux yeux d’Éric Bouchard, directeur général du Mouvement Québec français. « On ne peut pas être contre », remarque-t-il. « Mais on estime plus largement qu’il faut renforcer la loi 101. »

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, pense lui aussi que « toute nouvelle incitation est mieux que rien ». « Mais il y a une limite à l’adhésion volontaire : l’Office québécois de la langue française dit dans ses rapports que l’utilisation du français comme langue principale de travail recule », note-t-il.

M. Lisée estime qu’il « faut faire deux pas de plus : étendre la loi 101 aux entreprises de 25 à 50 employés, et appliquer la loi 101 aux entreprises à charte fédérale. »

5 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 13 décembre 2016 01 h 54

    Non crédible

    Comment croire Couillard lorsqu'il préconise que les balayeurs devraient parler anglais. La vérité est qu'il courtise le vote francophone qu'il a négligé. Purement électoraliste et faux.

  • Yves Côté - Abonné 13 décembre 2016 04 h 29

    "mieux que rien" !!!

    "mieux que rien" !!!
    Qu'est-ce que cette idée de "ne pas pouvoir être contre" ?
    Oui, de prendre des claques est toujours mieux que de prendre des coups de bâton. Mais qui peut donc être pour ?
    De continuer d'assister à l'agonie d'une langue, la mienne et celle de millions de Québécois qui au Québec ne sont nulle part ailleurs que pleinement chez eux, est peut-être toujours un peu moins choquant que de la voir mourir par un coup violent et définitif...
    Mais moi, si je suis indépendantiste quarante cinq ans, c'est simplement parce que je refuse simplement sa mort !
    "mieux que rien" !!!
    Quelle est donc cette manière régressive de s'auto-satisfaire de notre disparition culturelle et linguistique programmée ?
    Monsieur Lisée est chef du parti qui prétend nous mener à la liberté et l'épanouissement ?
    Monsieur Bouchard, du Mouvement Québec français ?!
    Qu'ils m'expliquent donc que de respirer encore est avantageux pour nous. Que d'être à genoux est mieux que d'être couché. Que d'être plié en deux vaut mieux qu'être à quatre pattes !
    Qu'est-ce que c'est que cette idée grotesque d'accepter qu'un gouvernement qui participe sans se cacher à notre anéantissement collectif, puisse maquiller les choses aussi grossièrement en vue de prochaines élections ? Vouloir donner l'impression de faire quelque chose équivaut-il dorénavant à améliorer le sort du français au Québec ?
    Où c'est qu'il s'en va maintenant le PQ ?
    Vers une annonce réjouissante que notre fin ne sera pas trop douloureuse ?
    Il n'y a pas de position acceptable autre pour les Québécois que celle d'être debout.
    Point !
    Messieurs Lisée et Bouchard n'aideront personne en essayant d'appliquer un ersatz affadit de la méthode Couet. En tout cas, personne que ceux qui s'impatientent de notre fin en tant que société significative culturellement et surtout, politiquement.
    Je n'en crois pas mes yeux ce matin !

    A bons entendeurs, salut !

  • Hélène Gervais - Abonnée 13 décembre 2016 06 h 40

    Il est pas mal drôle ....

    le p.m. Maintenant que le français a bien reculé partout, grâce à ses coupures dans les entreprises pour la francisation des nouveaux arrivants, tout à coup il est important de promouvoir le français en incitant ces dernières à la francisation. Il coupe en pensant que les journalistes n'en parleront pas, et maintenant il veut bien paraître en disant qu'il investira dans les petites entreprises pour la francisation et là il paraît bien, car il veut sauvegarder la langue française, car c'est très important pour le Kébek voyez-vous la langue française! Il vient d'y penser là tout à coup.

  • Gilles Théberge - Abonné 13 décembre 2016 10 h 39

    Bien sûr Lisée a raison.

    Il faut réformer la loi 101.

    Et assujettir les entreprises de 25 employés ou plus et les entreprises à charte fédérales à la loi 101...

    Il faudrait que le ministre responsable nous dise en quoi cela n'est pas la solution au lieu de tenter de nous faire croire encore une fois que c'est plus efficace de faire de la "promotion"...

    Yen a marre à la fin de ce leurres!

  • Christina Berryman - Abonnée 13 décembre 2016 12 h 42

    Vasymollo Phil.!

    Mon très mais vraiment très cher Phil, merci du fond de mon coeur pour cet effort de séduction tellement cousu de fil blanc avant les élections qui s'en viennent à grands pas.Je coupe et lance dans la misère les programmes et les citoyens puis je réinvestis leur argent, celle-là on l'oublie, pour bien paraître. Tu es vraiment un très mais vraiment un très grand séducteur. Manque de pot, il te manque l'émotion car, le savais-tu, tu es un très très grand rationnel chez qui je cherche encore une émotion genre compassion. Je ne crois pas à ton discours et à ta gestion à coups de matraque pour la classe moyenne et à coup de subventions pour les brasseurs d'affaires. Au fait, quand commence ta stratégie déshonorante de faire peur à ton quarante pour cent d'électeurs peureusement déplorables face à la souveraineté? Oups, pour être efficace, il faut plutôt parler de séparation n'est-ce pas? Sauves-nous de toi Phil, please!