Laurent Lessard est blanchi

Le ministre Laurent Lessard
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre Laurent Lessard

Le commissaire à l’éthique et à la déontologie des membres de l’Assemblée nationale, Jacques Saint-Laurent, en arrive à la conclusion que le ministre Laurent Lessard n’avait rien à se reprocher dans ses rapports avec son conseiller politique Yvon Nadeau et l’obtention par l’entreprise de ce dernier, Pyrobiom Énergies, d’une subvention de 3 millions.

Dans un rapport de 57 pages qu’il a déposé à l’Assemblée nationale mercredi, Jacques Saint-Laurent, après une enquête amorcée en septembre, affirme que « la preuve établit que le ministre n’est pas intervenu » pour que Pyrobiom obtienne la subvention et que par conséquent, Laurent Lessard n’a pas commis de manquement à l’article 16 du Code d’éthique des élus qui interdit à un député d’intervenir « de façon abusive » afin de favoriser les intérêts de quiconque.

En revanche, le cumul des fonctions que remplissait Yvon Nadeau présente des « apparences qui laissent perplexes », mais le commissaire se dit impuissant puisque le règlement ne lui permet pas d’intervenir au-delà de l’année qui suit l’abandon de ses fonctions auprès de Laurent Lessard, soit le 16 mai dernier.

Sans en faire une recommandation, Jacques Saint-Laurent met en garde contre « la confusion des rôles » du conseiller politique, qui agissait aussi comme représentant d’une association de propriétaires auprès de la municipalité et la coopérative qui exploitait le centre de ski du mont Astock.

Le commissaire écorche au passage la députée péquiste Agnès Maltais et le député de Borduas, Simon Jolin-Barrette, qui lui ont demandé de se pencher sur ce cas. « Le soupçon basé sur des apparences » n’est pas suffisant et « le député doit se renseigner, non seulement sur les faits, mais également sur les conditions d’application de la règle déontologique ».

Pour Agnès Maltais, le commissaire, en tant que chien de garde, est impuissant. « Il est au bout de sa corde et il n’arrive plus à mordre. » Elle lui a reproché de ne pas avoir formulé de recommandations sur le cumul des fonctions du personnel politique.

8 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 8 décembre 2016 02 h 30

    quel monde hypocrite

    et alors qui est responsable du gachis de la Romaine, que je aie la politique, car il n'y a toujours personne qui est responsable, quel monde hypocrite

  • François Dugal - Inscrit 8 décembre 2016 08 h 02

    La famiglia

    L'entre-aide régnant au sein de la grande famille libérale ne devrait-elle pas être citée en exemple à tous?

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 8 décembre 2016 09 h 26

    Le titre est bien choisi et descriptif:Lessard est blanchi.

    Vous savez tous pourquoi on blanchit n'est-ce pas ,parce que ce n'est propre.Le probleme,les taches souvent laissent des traces.Il en est de meme avec l'éthique.

  • Patrick Daganaud - Abonné 8 décembre 2016 12 h 20

    Une petite gêne, Monsieur Saint-Laurent!

    Le commissaire à l’éthique et à la déontologie des membres de l’Assemblée nationale, Jacques Saint-Laurent serait avisé de « garder une petite gêne ».

    La population n'est pas dupe et s'il peut, faute de preuves, statuer qu'il n' y a pas eu de faute, il ne lui fera pas croire, malgré l'adage, que « les apparences sont trompeuses. »

    Elles ne sont, en l'occurrence, pas trompeuses du tout.

    Il a des processus de blanchiment qui ne donne pas le statut d'Immaculée Conception à leurs auteurs ou décideurs.

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 8 décembre 2016 16 h 51

    Bizarre...

    Je relisais justement un article de Robert Dutrisac (27 mai 2015) où il disait: "..Là encore, le commissaire demandait aux parlementaires de lui dire quoi faire."

    Avec pareils antécédents...on devrait se méfier du verdict rendu par ce dernier.