Les partis d’opposition s'allient pour réformer le mode de scrutin au Québec

Lors de l’élection de 2014, le Parti libéral du Québec avait récolté 42 % des suffrages.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Lors de l’élection de 2014, le Parti libéral du Québec avait récolté 42 % des suffrages.

Québec — Dans un rare geste d’unité, les partis d’opposition à l’Assemblée nationale ont joint leur voix, mercredi, pour plaider en faveur d’une réforme du mode de scrutin en vigueur au Québec, sans toutefois rallier, du moins, pour l’instant, le gouvernement Couillard à leur cause.
 

En raison de « l’éclatement du bipartisme », le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire, accompagnés d’Option nationale et du Parti vert du Québec estiment que le temps est venu de s’éloigner du traditionnel mode de scrutin uninominal à un tour qui prévaut actuellement.

Dans le cadre de travaux menés par le Mouvement démocratie nouvelle (MDN) depuis le printemps, tous ces partis ont signé une déclaration commune de six grands principes, notamment pour plaider pour un système proportionnel mixte qui tiendrait compte du poids des régions.

« Nous invitons le Parti libéral du Québec (PLQ) à emboîter le pas, a affirmé la porte-parole péquiste en matière de réforme des institutions démocratiques, Véronique Hivon. Nous sommes dans une logique où le bipartisme a éclaté et la population réclame des changements. »

Lors de l’élection de 2014, le Parti libéral du Québec avait récolté 42 % des suffrages, ce qui lui avait permis de mettre la main sur 70 des 125 sièges de l’Assemblée nationale, soit 56 %. Plus récemment, dans le cadre des élections partielles de lundi, les libéraux ont réussi à conserver Verdun, mais avec seulement 35 % d’appuis, en baisse importante par rapport à l’appui de 50 % des électeurs lors du scrutin de 2014.

Cette sortie commune survient alors qu’au même moment, sur la scène fédérale, le gouvernement Trudeau hésite à remplir sa promesse électorale visant à réformer le mode de scrutin, ce qui lui attire de nombreuses critiques de la part des partis d’opposition.


Du changement pour 2022 ? 

Tous les partis ont avoué qu’il serait pratiquement impossible d’apporter des changements en vue du scrutin provincial de 2018, mais ils ont fait preuve d’optimisme pour celui de 2022.

Un changement du mode de scrutin pourrait provoquer une augmentation du nombre de partis présents à l’Assemblée nationale. Questionné, le président du MDN, Jean-Sébastien Dufresne, n’a pas voulu s’avancer sur la possibilité que ce scénario puisse alourdir davantage la structure parlementaire.

« Cela serait ni plus ni moins le reflet de la société », a-t-il répondu.

Bien que des représentants libéraux aient participé aux consultations menées par le MDN au cours des derniers mois, la ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Rita de Santis, n’était pas présente à la conférence de presse.

Son attachée de presse, Laurence Tôth, a indiqué qu’aucune invitation formelle n’avait été envoyée à la formation politique.

Au cours d’un entretien téléphonique, elle a affirmé que le PLQ n’avait pas été impliqué dans la rédaction de la déclaration commune signée par les partis d’opposition. « Est-ce qu’ils ont invité le PLQ comme ils devaient le faire ? Non », a dit Mme Tôth.

Celle-ci n’a pas voulu dire si Québec était ouvert à réformer le mode de scrutin, affirmant que le gouvernement Couillard préférait attendre le dénouement du débat qui se déroule sur la scène fédérale.

Les six principes de base de la déclaration commune signée par les partis:

— Refléter le plus possible le vote populaire
— Assurer un lien significatif entre les électeurs et les élus
— Viser le respect du poids politique des régions
— Favoriser la stabilité du gouvernement par des mesures encadrant les motions de censure
— Offrir un système accessible dans son exercice et sa compréhension
— Contribuer à une meilleure représentation des femmes, des jeunes et des communautés ethnoculturelles
 
8 commentaires
  • André Mainguy - Inscrit 7 décembre 2016 16 h 33

    Réforme des institutions démocratiques

    Il faut une réforme pour une élection à la proportionnelle. Il es temps que toutes et tous puissent s'exprimer selon leur choix et que cesse le gouvernement qui avec 38% du vote contrôle la majorité.

  • Johanne Bédard - Inscrite 7 décembre 2016 18 h 17

    L'imposteur

    Comment croire Mme Laurence Tôth, l'attachée de presse de Rita, la libérale ?

    Depuis 2003, ce parti... ment, vole, corromp tout ce qu'il touche. Si ça ne fonctionne pas ce geste d'unité des partis, il reste toujours le renversement du gouvernement en place. À moins que le peuple veuille absolument se perdre et souffrir encore plus dans l'enfer du parti rouge.

  • Christian Montmarquette - Abonné 7 décembre 2016 21 h 52

    5 ans d'efforts et de pressions de Québec Solidaire sur le PQ

    Il aura fallu plus de 15 ans d'efforts et de pressions de la part de Québec Solidaire, et que le PQ soit littéralement au bord de l'agonie pour qu'il concède finalement d'endosser la proposition de réforme du mode de scrutin défendue par Québec Solidaire depuis sa fondation - et durant des années avant par l'Union des forces progressistes.

    Et si le PQ n'avait été aussi stupide et arrogant et avait adopté le scrutin proportionnel pendant qu'il était tempsdurant son dernier mandat au lieu de le retirer bêtement de son programme en 2011. Non seulement tout le Québec profiterait des avantages d'une démocratie en bien meilleures santé, mais les libéraux seraient-ils bien moins forts.

    Christian Montmarquette

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 8 décembre 2016 07 h 40

      Je suis tellement heureux de lire votre bonheur de la réussite. Votre joie transpire. Je sens cet apaisement du travail bien accompli chez-vous. C'est édifiant.
      Bon... y a peut-être un peu de travail encore à faire sur la façon de l'exprimer, mais avec le temps... ça viendra. Des victoires, même petites, faut s'y faire doucement; sans ça, ça monte à la tête. Faudrait pas tomber dans l'excessif couillardesque et crier victoire même dans la défaite; ça ça fait légèrement déconnecté.
      Lâchez pas votre bon travail, et soyez-en heureux. Le bonheur grandi quand on le partage.
      Le vrai sauveur du Québec, c'est QS. (Peu importe les %, vous savez déjà que les % et moi, ça fait deux).

      Je vous souhaite une autre belle journée d’enthousiasme.

      PL

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 décembre 2016 09 h 39

      À Pierre Lefebvre,

      " Des victoires, même petites, faut s'y faire doucement; sans ça, ça monte à la tête. " - Pierre Lefebvre

      - Ne concluez-pas trop vite à la victoire Levebvre.

      Le PQ autant que le PLQ passent leur temps à dire une chose et faire le contraire.

      Dans son seul dernier mandat, le PQ s'était engager à retirer la taxe santé et à abolir la hausse des frais de scolarité et ne l'a pas fait.

      Et que dire de sa promesse de lutter contre la pauvreté alors qu'il a encore couper dans l'aide sociale?

      Cette petite victoire n'est que morale et théorique, puisque le PQ a eu le scrutin proportionnel à son programme durant plus de 40 ans et ne l'a jamais adopté.

      La parole du PQ ne vaut pas plus chère que son «Q».

      Bon réveil.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 décembre 2016 10 h 55

      À PL

      À noter que je ne m'attendais à rien d'autre de votre part que vous vous en preniez une fois de plus avec votre réputé courage au plus petit parti de L'Assemblée nationale en tentant de ridiculiser une avancée démocratique.

      - Cm

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 décembre 2016 11 h 17

      Le PQ : Ce grand parti démocratique.. !

      Un des paradoxes qui m'a fait rigoler tout seul hier soir quand j'avais attrapé la nouvelle via un Tweet de Manon Massé.

      C'est que le PQ qui prétend désormais vouloir lutter pour une meilleure démocratie au Québec, n'a ni demandé ni reçu AUCUN mandat démocratique pour annuler la décision officielle de son Congrès de 2011.

      - Tu parles! .. d'un parti démocratique..!

      Christian Montmarquette

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 8 décembre 2016 12 h 35

      Et je m'étonne toujours de l'importance, comme fondateur de parti que vous êtes, de donner à l'opinion d'un quidam qui ne représente absolument personne d'autre que lui-même et qui, finalement, n'a comme «courage» que d’écrire son opinion personnelle.
      Croyez-vous sincèrement que ma parole a plus d'incidence que la vôtre ? C'est me donner beaucoup plus de pouvoir que j'en demande. Vous vous êtes engagé à réformer la société; moi... j'écris «à temps perdu».
      Je ne ridiculise pas l'avancée, je ridiculise votre hargne constante.
      Ça doit pas être facile d'être votre voisin.

      Vous avancez que «Il aura fallu plus de 15 ans d'efforts et de pressions de la part de Québec Solidaire, et que le PQ soit littéralement au bord de l'agonie pour qu'il concède finalement d'endosser la proposition de réforme du mode de scrutin défendue par Québec Solidaire depuis sa fondation» et vous n'y croyez déjà plus ? La victoire est effectivement éphémère. Et ceci avant que le PQ ne vous la refuse. 15 ans d’efforts et vous jetez la serviette avant d’avoir une réponse ??? Il est vrai que s’il accepte, vous n’aurez plus l’occasion de vous en plaindre.
      Vous devrez passer à l’étape suivante : «s’entendre».
      Ma question devient : en serez-vous capable ?

      Bonne journée.

      PL
      P.S, J'accepte aujourd'hui votre «familiarité» en ne me nommant que «Lefebvre» si vous acceptez que je vous nomme «Tmarquette» parce que finalement «vous ne m'appartenez pas» et que je trouve inconvenant de vous «m'approprier» en y mettant un «Mon» devant, «Monsieur».

      P.P.S. Il y a plus petit que le plus «petit» parti politique : Il y a «l'individu», ce que «je» suis. Si un parti politique se sent si «petit» qu'il se sent menacé par un «individu», il est vraiment «petit». Saluts.