Un ancien adjoint de Laurent Lessard a agi selon les règles

Laurent Lessard
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Laurent Lessard

Le commissaire au lobbyisme du Québec (CLQ) a blanchi Yvon Nadeau, l’ancien attaché politique du ministre Laurent Lessard, relativement à la subvention de 3 millions qu’a reçue son entreprise Pyrobiom Énergies.

Dans un rapport de sept pages daté du 30 novembre dernier, la Direction de l’évaluation et des enquêtes du CLQ conclut qu’Yvon Nadeau, dans ses communications avec le Bureau de l’efficacité et de l’innovation énergétique (BEIE) et la direction du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) qui gère le programme Technoclimat duquel est tirée la subvention, n’a pas mené d’activité de lobbyisme. La réunion qui a eu lieu entre M. Nadeau, d’autres représentants de Pyrobiom et les fonctionnaires du BEIE avait été convoquée par ces derniers et avait pour objectif de clarifier des aspects techniques du projet. Elle ne saurait donc être considérée comme une activité de lobbyisme.

Selon le CLQ, « il appert que M. Nadeau n’a pas discuté avec M. Lessard de l’avancement de la demande d’aide financière ». L’attaché politique n’a pas non plus mené d’activité de lobbyisme auprès du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.

Selon « les personnes concernées, Arcand et Lessard n’ont pas discuté entre eux de la demande », lit-on dans le rapport.

Le commissaire répondait aux plaintes qu’avaient déposées le Parti québécois et la Coalition avenir Québec le 8 septembre dernier. Alors qu’il travaillait dans le bureau de circonscription de Laurent Lessard, une demande de subvention pour son entreprise était à l’étude au MERN. Il a présenté cette demande le 10 février 2014, trois mois avant qu’il ne reprenne du service auprès de Laurent Lessard, alors ministre des Forêts.

Selon le rapport du CLQ, Yvon Nadeau a reçu du BEIE un avis favorable quant à la subvention le 9 avril 2015 et une lettre de confirmation de Pierre Arcand le 6 mai suivant. Il quittait ses fonctions au bureau de Laurent Lessard peu après.

La balle est maintenant dans le camp du commissaire à l’éthique et à la déontologie des membres de l’Assemblée nationale, Jacques Saint-Laurent, qui doit remettre son rapport d’enquête d’ici vendredi. C’est lui qui doit décider des « suites à donner, le cas échéant, aux autres questions, d’ordre éthique, soulevées par les médias entourant les relations de M. Nadeau et de son entourage avec le ministre Lessard », a précisé le CLQ.

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