Le gouvernement s’attaque à l’analphabétisme

Des parents qui peinent à aider leurs enfants avec les travaux scolaires bénéficieront de l’aide.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Des parents qui peinent à aider leurs enfants avec les travaux scolaires bénéficieront de l’aide.

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, débloque 20 millions de dollars pour soutenir des projets de lutte contre l’analphabétisme, dont deux projets pour soutenir les parents qui peinent à soutenir leurs enfants dans leur apprentissage.

« L’analphabétisme ronge nos priorités sociales et économiques. C’est un frein à notre prospérité, a lancé le ministre, lors de la clôture de la Rencontre nationale sur la réussite éducative. Il s’agit d’une hypothèque personnelle et collective qu’il nous faut lever. »

Lors de la consultation sur la politique, de nombreux organismes ont évoqué ces parents qui peinent à soutenir leurs enfants (dans leurs devoirs, par exemple), en raison de leurs propres faiblesses en littératie. Le ministre Proulx a plusieurs fois souligné qu’il fallait miser sur la réussite éducative « tout au long de la vie » et que « la littératie dans la famille » avait même motivé son engagement politique.

Il injecte donc 20 millions de plus pour soutenir les organismes communautaires, les commissions scolaires et les entreprises qui luttent contre le phénomène, qui touche jusqu’à un million de Québécois.

De cette somme, neuf millions permettent de renforcer le Programme d’action communautaire, qui finance les organismes en alphabétisation (une hausse de 50 % de son financement, qui sera maintenue dans les années à venir).

L’enveloppe inclut en outre quatre millions pour les projets menés par les commissions scolaires, trois millions pour les projets en littératie en milieu autochtone, 1,5 million pour l’organisme Allô-Profs, afin qu’il crée un service dédié aux parents (Allô-Parents). Une autre partie de ce financement ira enfin à Télé-Québec, qui développe une nouvelle trousse pédagogique en littératie. S’ajoutent 1,3 million pour les efforts d’alphabétisation en entreprise, 200 000 $ pour la Fondation pour l’alphabétisation et 750 000 $ pour les Centres d’éducation populaire de Montréal.

Trop peu, trop tard

Sur le front politique, Alexandre Cloutier, du Parti québécois, estime qu’on fait « un pas dans la bonne direction », mais « qu’on a fait 100 pas en arrière. »« Il faut aussi se rappeler, a-t-il dit, que c’est ce gouvernement qui a coupé des centaines de millions dans le réseau de l’éducation. »

La Coalition avenir Québec, quant à elle, a salué l’annonce de 20 millions, mais le député Jean-François Roberge trouve qu’il est un peu tard. « Ça fait 18 mois que la CAQ demande exactement ça », a-t-il dit. Il note en outre que la consultation sur la réussite a mené à « un consensus mou » et que de grandes questions restent en suspens.

Entre autres choses, le ministre n’a pas dit ce qu’il entendait faire avec l’idée de créer un ordre professionnel pour les enseignants. Même chose pour la suggestion de rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans ou celle de créer un institut en éducation, à l’image de l’Institut national d’excellence en santé.

On ignore aussi comment le gouvernement entend régler l’épineuse question du financement des services aux élèves ayant des besoins particuliers, dont il a beaucoup été question lors des consultations. Enfin, certaines propositions contenues dans le document de travail du gouvernement ont été à peine effleurées lors de la rencontre nationale à Québec. C’est le cas de l’intégration de la programmation informatique (ou codage) dans la formation. Même chose pour l’idée d’un cours obligatoire d’éducation financière, à la fin du secondaire.

Rappelons que les consultations sur la réussite éducative, qui ont pris fin vendredi, doivent mener à une nouvelle politique sur la réussite scolaire, au printemps 2017. Cette politique, a dit le ministre, sera « le point d’ancrage » des stratégies, plans et mesures à « court, moyen et long terme ». « Ce ne sera pas un cumul de solutions », a-t-il insisté.


 
17 commentaires
  • Francois Cossette - Inscrit 2 décembre 2016 14 h 18

    Presque pas une nouvelle !!!!!

    1 million de besoin, 20 millions de soutien, on va pas aller loin avec ca. Ca fait $20 par personnes. Quand vient le temps de renflouer les amis ce gouvernement sait ou trouver l'argent et celle-ci coule a flot. Mais pour eduquer les citoyens, des peanuts.

    • François Dugal - Inscrit 2 décembre 2016 23 h 26

      Un nombre significatif de citoyens se contente de "pinottes", monsieur Cossette. Et ce nombre est suffisant pour reporter au pouvoir le présent gouvernement.

    • Donald Bordeleau - Abonné 5 décembre 2016 22 h 14

      Trop peu et trop tard pour un gouvernement qui fait dans la collusion.

      Le problème c'est que le gouvernement coupe encore.

      Monsieur Jean-Louis Dufresne qui est un ancien de BCP avec Monsieur Parisella qui avait de petits contrats de publicité en 1994, par la suite avec les commandites BCP a vu ses profits faramineux explosés de 15,000% pour plus de 60 millions selon Gomery.

      Après tout ce cirque, Monsieur Robert Lafrenière, notre Poirot est en conflit d'intérêt avec une certains Jean-Louis Dufresne de BCP qui avec John Parisella et Gougoux avaient essayer de faire arrêter Alain Richard pour éviter les révélations du scandales de Commandites.
      Le chef de cabinet de Philippe Couillard est Jean-Louis Dufresne qui gère le fouilli au MTQ. Monsieur Dufresne parle régulièrement avec Robert Lafrenière de l'UPAC.

  • Patrick Daganaud - Abonné 2 décembre 2016 14 h 22

    C'EST BIEN MAIS...

    Encore faudrait-il ne pas produire des diplômés analphabètes fonctionnels...

    • François Dugal - Inscrit 2 décembre 2016 23 h 27

      "That is the question", comme disait l'autre.

  • Patrick Daganaud - Abonné 2 décembre 2016 14 h 24

    PROULX DEVRAIT...

    Nous dire combien de marge lui a consentie le Conseil du Trésor.

    À mon avis, des grenailles!

  • Gilles Théberge - Abonné 2 décembre 2016 15 h 38

    Ils son drôles les libéraux!

    Ils coupent sauvagement dans tous les programmes, dans toutes les institution, puis, in extremis, avant que le "cujus" ne meure, ils envoient une "pof" d'oxygène...

    Peut-être Proulx pense-t'il qu'il va passer pour un sauveur...?

    Vraiment, c'est n'importe quoi!

    • François Dugal - Inscrit 4 décembre 2016 08 h 05

      Totalement dépassé par les événements, mais conscient du désastre, monsieur le ministre Proulx fait quelques gestes de désespoir. Mal lui en prend, comme ses prédécesseurs, il échouera.

  • Patrick Daganaud - Abonné 2 décembre 2016 16 h 41

    Pas assez, ce n'est pas comme trop!

    20 dollars par analphabète.

    Je suis ému : les larmes me coulent!

    • François Dugal - Inscrit 2 décembre 2016 23 h 22

      monsieur Daganaud, je vous accompagne et, comme vous, je pleure de rage.