La SIQ s’est fait flouer, assène la CAQ

Le ministre des Finances et président du Conseil du trésor, Carlos Leitão
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre des Finances et président du Conseil du trésor, Carlos Leitão

Le ministre des Finances et président du Conseil du trésor, Carlos Leitão, estime que le gouvernement sort gagnant des transactions qui ont fait passer deux immeubles de la Société immobilière du Québec (SIQ) à George Grantcheff, transactions qui font l’objet d’une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Mais la Coalition avenir Québec n’est pas de cet avis. Son chef, François Legault, a dévoilé jeudi le troisième rapport qu’a produit la firme Accuracy pour le compte de la Société québécoise des infrastructures (SQI) — une entité qui a absorbé la SIQ — concernant l’immeuble J.-A. Tardif, à Québec, et le 500 René-Lévesque, à Montréal, vendus à George Grantcheff. « Le premier ministre a trois rapports qui montrent et qui démontrent qu’on s’est fait flouer dans la transaction », a lancé le chef caquiste à l’Assemblée nationale.

« Ce que le troisième rapport nous apprend, c’est qu’on avait le choix entre une très, très, très mauvaise décision et une très, très mauvaise décision », a résumé le porte-parole caquiste pour le Conseil du trésor, Éric Caire.

Le 500 René-Lévesque « a été vendu pour 125 millions » alors que la valeur marchande était de 110 millions, a fait valoir Carlos Leitão, qui conclut à une plus-value de 15 millions. Puis, avec la renégociation des baux signés par l’État avec le nouveau propriétaire, renégociation que décortique Accuracy, « on va récupérer entre 25 millions et 30 millions », s’est réjoui le ministre.

Le rapport d’Accuracy présente une situation où la SIQ tente d’éviter le pire en se dégageant d’une disposition tout à fait anormale que contiennent les baux signés par l’État avec George Gantcheff. Les travaux majeurs effectués selon le bon vouloir du propriétaire sont à la charge du locataire, l’État, pour toute la durée des baux, soit 20 ans. Cette clause, « c’est un scandale qu’elle soit là », a déclaré au Devoir au début de novembre le p.-d.g. de la SQI, Luc Meunier.

La SIQ avait déjà déboursé 13 millions pour ces travaux majeurs, ce qui correspond presque au profit dont s’est félicité Carlos Leitão.

Le rapport d’Accuracy indique que George Grantcheff réclamait un autre 21 millions pour des travaux qu’il avait effectués et que la SIQ a refusé de payer. Pour se débarrasser de cette néfaste disposition, la SIQ a dû prolonger ses baux de dix ans, jusqu’en 2038, à « un taux de location raisonnable », souligne la firme. En contrepartie, la SQI n’a plus à payer entre 16,5 à 38,5 millions pour des travaux qui, normalement, auraient dû être à la charge du propriétaire.

3 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 1 décembre 2016 02 h 14

    Tant que l'on acceptera de se faire remplir...

    « Le ministre des Finances et président du Conseil du trésor, Carlos Leitão, estime que le gouvernement sort gagnant des transactions »

    C'est ça, pis l'austérité, c'est le bonheur universel!

    Plus grande est la fausseté, plus crédule est l'audience?

  • Nicole Delisle - Abonné 1 décembre 2016 09 h 53

    L'art de faire passer un scandale pour "une bonne affaire"!

    Je ne crois pas ce que je lis dans cet article! Le ministre des finances et président du Conseil du Trésor, M. Lateio prétend que c'est une bonne affaire ce scandale de la SIQ. Des libéraux s'en sont mis plein les poches avec l'argent des contribuables et cela mérite d'être une bonne affaire! Et c'est lui qui tient les cordons de la bourse des
    Québécois! C'est rajouter un scandale à un autre scandale. M. Lateio défend l'indéfendable et s'il avait encore une certaine crédibilité, et bien il vient de la perdre.
    Quand on ne sait pas faire une différence entre une perte ou un gain pour le Québec, mérite-ton d'avoir un tel poste? Décidément, la compétence se fait rare dans ce parti.
    Comment peut-on prétendre vouloir un Québec fort, moderne et rayonnant avec de
    tels ministres? Les catastrophes se succèdent à un rythme effarent, mais selon eux,
    "Tout va très bien, Madame la marquise...."

  • Pierre Brosseau - Abonné 1 décembre 2016 12 h 00

    PROPAGANDE

    Les grands maîtres historiques de la propagande disaient que plus un mensonge est répété, plus il devient vérité.